Inondations dans le Sud-Est : la protection civile 67 en renfort

Deux bénévoles de la protection civile 67 au volant d'un véhicule toutes roues motrices sont allés porter secours aux habitants de l'arrière-pays niçois. Durement frappés par les inondations qui ont touché leur région et fait cinq morts, de nombreux habitants se retrouvent démunis.

 

Pierre-Jean Albisser, avec une sinistrée, accablés devant l'ampleur des dégâts
Pierre-Jean Albisser, avec une sinistrée, accablés devant l'ampleur des dégâts © Protection civile du Bas-Rhin
Certains ont été coupés du monde plusieurs jours durant, d'autres ont vu leur maison partir dans la furie des flots, cinq (c'est un bilan provisoire) ont perdu la vie dans les terribles inondations qui ont touché l'arrière-pays niçois en fin de semaine dernière. Les images évidemment tournent dans toutes les têtes. Impossible alors pour les bénévoles de la protection civile du Bas-Rhin de rester sans rien faire.

Dans ce post de la protection civile du Bas-Rhin, publié sur Facebook le 7 octobre 2020, l'association explique en images le travail de leurs bénévoles :
  
Le bas de cette maison a été emporté par les eaux
Le bas de cette maison a été emporté par les eaux © Protection civile du Bas-Rhin

"Je me suis porté volontaire aussitôt qu'on a reçu le SMS de pré-alerte. L'association cherchait deux chauffeurs titulaires du permis poids lourds pour acheminer matériel et nourriture et c'était évident pour moi. J'étais en vacances et des gens étaient dans le besoin", raconte Patrick Kalck depuis les routes du Sud-Est qu'il arpente au volant d'un véhicule toutes roues motrices, capable de se faufiler sur tous les terrains, même les plus impraticables et transportant jusqu'à trois tonnes de marchandises.
 
Deux véhicules TRM de la protection civile sur les routes du Sud-Est, l'un qui vient de l'Aude et l'autre du Bas-Rhin
Deux véhicules TRM de la protection civile sur les routes du Sud-Est, l'un qui vient de l'Aude et l'autre du Bas-Rhin © Protection civile du Bas-Rhin

Ce policier municipal de 55 ans fait équipe avec Pierre-Jean Albisser, 27 ans qui vient de finir une formation d'autocariste. "Je ne commence mon travail que début novembre alors ça tombait bien", explique le jeune homme d'une voix assurée. Qui tremble un peu quand il faut raconter ce que nos deux bénévoles alsaciens voient en arrivant sur place ce lundi. "C'est un paysage de désolation qui s'impose à nous, on les a vues à la télé les images mais en vrai, ce n'est pas la même portée, c'est violent, des morceaux de village emportés, des gens sont encore portés disparus". Sept officiellement. "J'en ai la chair de poule, confirme Patrick Kalck, malgré mes quarante années d'expérience chez les pompiers volontaires".

Solidarité à toute épreuve

Et de raconter le va-et-vient incessant des hélicoptères et la mobilisation générale des secours. "Je pense qu'on peut recenser sur place tous les types de secours qui existent. Sans compter le solidarité incroyable des gens, on a reçu des dizaines de m3 de dons", apprécient les deux bénévoles dont la mission principale a été de sillonner les routes, praticables ou non, pour fournir à la population sinistrée nourriture, eau, vêtements et biens de première nécessité.
 
Pierre-Jean et Patrick, en train de distribuer matériel, eau, vêtements et nourriture aux sinistrés
Pierre-Jean et Patrick, en train de distribuer matériel, eau, vêtements et nourriture aux sinistrés © Protection civile du Bas-Rhin

La protection civile du Bas-Rhin compte 440 bénévoles, des gens formés pour intervenir sur tout type de catastrophe avec des compétences spécifiques. "La protection civile est systématiquement appelée sur les grands événements de ce type", explique Christophe Charly, président de la protection civile 67. "Ces derniers temps nous sommes beaucoup intervenus sur l'accueil et l'hébergement d'urgence des migrants notamment mais aussi de sinistrés en cas d'incendie le temps qu'ils soient redirigés vers des solutions plus pérennes."

Association d'utilité publique, la protection civile a été pensée dans les années 1960 par le Général de Gaulle. "Nous sommes les héritiers de la défense passive développée dans les années 1920, des gens se sont mobilisés notamment durant la seconde guerre mondiale pour porter assistance au moment des bombardements, et le Général de Gaulle a pensé que ces compténces là étaient indispensables en cas de crise et qu'il fallait structurer tout ça. L'antenne du Bas-Rhin est né en 1973", raconte Christophe Charly.

Pierre-Jean et Patrick, eux, rentrent demain de leur mission, fatigués mais heureux de ce qu'ils ont accompli. "Les gens nous saluent, nous applaudissent, ils sont très reconnaissants de ce que nous faisons. Et pour un bénévole, c'est très agréable!"
 
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