Jean-Luc Blanche, le routard du viol

© François Schmidt
© François Schmidt

Ce nouvel épisode de notre série "Crimes à 'Est" est consacré à Jean-Luc Blanche, surnommé le « routard du viol ». Durant l’été 2003, cet Ardennais a violé quatre femmes, de la Normandie à la Bourgogne, en passant par la région parisienne.

Par LG avec D.C.

Nous sommes à Vouziers, au cœur des Ardennes, le 12 juillet 2003. Une femme porte plainte à la gendarmerie contre son compagnon, qui aurait commis des attouchements sexuels contre sa fille. L'individu est connu présente un casier judiciaire chargé. Son nom est Jean-Luc Blanche. En 1992, l'homme a été condamné pour le viol de trois femmes. Il n'est libre que depuis quelques mois, le voilà mis en examen.

Le juge d’instruction et le procureur de Charleville-Mézières demandent son placement en détention provisoire. Le juge des libertés doit trancher. Seulement, n'ayant pas accès aux expertises psychologiques qui décrivent Jean-Luc Blanche comme un potentiel récidiviste, il décide de le laisser libre, sous contrôle judiciaire… Dans les semaines qui suivent, l'homme va violer quatre fois.

L'été criminel​

Pendant deux mois, à bord d'une voiture volée, Jean-Luc Blanche sillonne les routes de France. De la Normandie à la Bourgogne, en passant par la région parisienne, il égrène les villes et les viols. À chaque fois, il utilise le même mode opératoire en pénétrant dans la nuit chez une femme, l'entraîne dans son véhicule, puis abuse d’elle. Enfin, il la ramène, plus calme, presque serein, jouant même les amoureux attentionnés auprès d'une victime sidérée.

Un matin de septembre, dans un village de Saône-et-Loire, il s'introduit chez une mère de famille de 36 ans. Il la ligote, l'emmène dans sa voiture et roule vers le sud toute la journée. La nuit tombée, ils arrivent dans la Drôme. Jean-Luc Blanche traîne la femme dans une masure abandonnée. Il la viole à plusieurs reprises. À l'aube, persuadé, comme à son habitude, de vivre une histoire d’amour avec sa victime, il va jusqu'à lui préparer le petit déjeuner. Une fois achevé ce jeu macabre, il l'a raccompagne en Saône-et-Loire, se gare sur un parking de Chalon-sur-Saône, et la laisse s'enfuir.

La polémique

Grâce aux témoignages des différentes victimes, le "routard du viol" est identifié. Il est interpellé chez sa mère, à Reims, le 7 septembre. Mais quand la presse apprend que, deux mois plus tôt, la justice tenait Jean-Luc Blanche et l'a relâché, une polémique éclate. De Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, au Garde des Sceaux Dominique Perben, toute la classe politique crie au scandale. L’affaire est à l’origine de la création d’un fichier national répertoriant tous les délinquants sexuels, censé prévenir toute récidive. Trois ans plus tard, une fois la controverse éteinte, l'heure du jugement est arrivée.

Le procès

Le 23 juin 2006, le procès de Jean-Luc Blanche s'ouvre devant la cour d'assises de Charleville-Mézières. Son frère comparaît à ses côtés pour un viol sur mineur commis ensemble. À l'audience, on devine leur jeunesse, misérable, une fratrie de quatorze enfants, maltraitée par un père violent et pédophile. Seulement, face à la perversité des crimes, les jurés tranchent, Jean-Luc Blanche est condamné à la perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté. Son frère, à huit ans de réclusion.

Avant l'annonce du verdict, Jean-Luc Blanche s'écrie "Ne me libérez pas !"

Le "routard du viol" n'a jamais fait appel.

Voir notre reportage

 

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