Lor'Story : Sus aux chats hors-la-loi !

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation l'a annoncé le 28 janvier 2020: les propriétaires de chats non tatoués ou non pucés devront s'acquitter d'une amende de 135€. Nous avons cru déceler dans cette mesure un petit côté saugrenu. 

Chat pas tatoué
Chat pas tatoué © Florence Houvet / FTV
Le 28 janvier 2020, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a annoncé une série de quinze mesures destinées d'une part à l'amélioration du bien-être animal et d'autre part à lutter contre la maltraitance animale. Deux causes éminemment essentielles, qui font consensus.

Pour autant, si dans nos rangs nous avions compté quelque plume surréaliste, l'une des mesures n'aurait pas échappé à son humour. 

Le ministre, bien inspiré, cherche à mettre fin à l'abandon des animaux domestiques. Il est vrai que c'est un fléau. Les associations de protection animale estiment le nombre d'abandon d'animaux domestiques à 100.000 par an avec un pic à 60.000 dans la période estivale. 
La solution qu'il a trouvée laisse pourtant perplexe. 

À compter d'une date non encore précisée dans le courant du premier semestre 2020, tous les chats devront être tatoués ou pucés sous peine de quoi, leurs propriétaires devront s'acquitter d'une amende d'un montant de 135€ (peine de 4e classe).

Une question se pose: si le chat n'est pas tatoué, comment retrouver son propriétaire? 

Comment les gendarmes ou les policiers, comptent-ils tirer les vers du nez au minet délinquant?  Un interrogatoire en règle? Une enquête de chat-voisinage?
On peut certes toujours compter sur la langue bien pendue d'un indélicat voisin humain...

Quant au propriétaire, si son but était de se débarrasser de son Grominet, il se gardera bien d'aller se signaler aux autorités. Ainsi, le chat arrêté, le propriétaire ne s'en retrouvera pas puni pour autant. 

De là à penser que la mesure ne vise qu'à faire payer les propriétaires des sept millions de chats non tatoués présents sur le territoire, il n'y a qu'une papatte que je tends bien volontiers. 

D'ici à ce que cette mesure, passablement saugrenue, soit appliquée, amis chats passés sans le savoir dans la clandestinité, nous vous invitons à vous rapprocher de vos maîtres bienaimés, pour qu'ils vous aident à retrouver une honorable cha-toyenneté.

Sinon, à toutes fins utiles sachez que le code de la Ruralité prévoit la notion de "chat libre" (article L211-21). Ça peut toujours dépanner. Ou autre idée on peut toujours apprendre les techniques de camouflage à nos minous. 

Enfin laissons le mot de la fin au ministre Didier Guillaume: 

Si un chat est identifié et marqué, on va le retrouver; on va retrouver son propriétaire, qu'on pourra sanctionner pour lutter contre l'abandon.

Mais c'est bien sûr! Mais s'il n'est pas tatoué, on ne sait toujours pas comment faire!
 
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