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Macron séduit les socialistes du terroir

Une dizaine d'élus socialistes "de terrain" du Grand Est signent une lettre ouverte appelant à voter Macron. A la fois pour des raisons d'efficacité - face au risque de l'extrême-droite - et par rejet du programme de Benoît Hamon, jugé "inaudible" dans la France profonde.
Emmanuel Macron, le 17 mars à Reims
Emmanuel Macron, le 17 mars à Reims © France 3 Champagne-Ardenne / G. Schott

Plusieurs élus régionaux du PS - et non des moindres - ont déjà, ces dernières semaines, choisi publiquement Macron. Mais jusqu'à présent, ces ralliements étaient individuels.  En publiant un appel solennel à soutenir sa candidature (ci-dessous), les signataires espèrent susciter une dynamique dans le parti, et notamment parmi ses nombreux élus de terrain. 
L'initiative est en effet emmenée par deux maires de villes moyennes, Verdun et Vitry-le-François. Des villes où, rappellent-ils, désindustrialisation et disparition des services publics ont fait des ravages, au point de faire de ces territoires des terres de conquête du Front National.
La dernière enquête régionale sur les intentions de vote suggère d'ailleurs que l'électorat de Marine Le Pen est surreprésenté dans le Grand Est, même si Macron progresse.
Pour les signataires, l'ancien ministre de l'Economie est seul à même de battre l'extrême-droite. Mais leur argumentaire va au-delà de la simple lecture des sondages : si Benoît Hamon - le candidat officiel du PS - n'a pas leurs faveurs, c'est que son programme est selon eux "inaudible" pour leurs électeurs. En filigrane, un candidat déconnecté de la France profonde... le procès en "boboïsme" n'est pas loin.

C'est donc "en conscience" qu'ils appellent à voter Macron.

Appel des territoires du Grand Est

En notre qualité de maires et d'élus locaux socialistes de la région Grand Est, nous nous sentons obligés
aujourd'hui de répondre à une exigence de responsabilité dans le cadre des élections présidentielles.

Acteurs de terrain et remparts de la démocratie, profondément attachés à l’échelon territorial au coeur de l'action
institutionnelle, nous nous situons au plus près de nos concitoyens, dans une Région qui a subi de plein fouet les
conséquences de la désindustrialisation et commence tout juste à se relever.

De ce fait, et peut-être plus qu'ailleurs, nous constatons que la tentation d'un populisme ravageur ne cesse de se
développer et qu'elle travaille des électeurs désorientés, ayant perdu confiance dans la politique traditionnelle.
A une encablure de l'élection du Président de la République, un certain nombre de nos concitoyens manifestent
une sorte de désespoir, prêts à tout tenter et à faire élire Mme Le Pen.
Le « plafond de verre» qui empêchait les partis extrémistes et notamment l'extrême-droite de parvenir au
pouvoir, ce plafond de verre est en train de se fissurer et pourrait bien voler en éclats lors des prochaines
échéances.
D'autant que la perspective d'une abstention élevée ne met pas la France à l'abri d’une surprise électorale qui lui
serait fatale.

Face à ce danger, les partis traditionnels ont tenté de trouver dans l'organisation de Primaires une parade à la crise
de la démocratie représentative dans notre pays. Comme le dit le Président Hollande, cette-fois-ci ce processus a
été un échec : « D'ailleurs les candidats des partis de gouvernement issus de la primaire, ont tous les deux un
problème de crédibilité. L'un, problème personnel ; l'autre, avec son programme ».
De plus, François Fillon, au-delà de ses ennuis judiciaires, s'affiche comme le porte-parole d'une droite
conservatrice, revancharde et, pour tout dire, ultra, porteur d'une régression sociale et sociétale.

Quant à Benoît Hamon, son programme affiche clairement l'objectif de détricoter une grande partie de ce qui a
été réalisé de positif depuis cinq ans. Même si certaines de ces propositions ont un caractère novateur, sa remise
en cause de la notion de travail nous interpelle, d’autant qu’elle va à l’encontre de toute l’histoire du progrès
économique et social. Son parti-pris, une forme de radicalité, nous condamne à rester sur le banc de touche.
Dans nos territoires, un tel discours n'est pas audible et risque de laisser face à face au second tour la droite
extrême et l'extrême-droite.

Devant cette réalité qui se dessine clairement dans les intentions de vote, nous entendons rester cohérents avec
nous-mêmes et avec nos engagements politiques. En élus responsables et désintéressés, en patriotes amoureux
de leur pays et de l’Europe, en défenseurs de la laïcité, en socialistes fidèles aux valeurs de ce grand et beau parti
qui est et restera le nôtre, nous refusons de subir un choix impossible au second tour de l’élection présidentielle.

Aussi, c'est en conscience que nous appelons à soutenir Emmanuel Macron.
Il nous paraît en effet comme le seul candidat dont le programme est à la fois socialement protecteur,
économiquement ambitieux et réaliste, et adapté aux exigences d’une société ouverte, le seul candidat en
capacité de battre l'extrême-droite aux présidentielles et de porter les valeurs de la République.

Premiers signataires :
Jean-Pierre BOUQUET, Maire de Vitry le François (51)
Samuel HAZARD, Maire de Verdun (55)
Gérard LEONARDI, Maire d’Uckange (57) ; Dominique LEVEQUE, Maire d’Ay-Champagne (51) ;Richard
LIOGER, 1er Adjoint au Maire de Metz (57) ; Erik PILARDEAU, Maire de Bogny sur Meuse (08) ; Jean-Pierre
PINON, Maire de Fismes (51) ; Rachel THOMAS, Conseillère Régionale Grand Est (54) ; Nicolas FUERTES,
Conseiller Départemental de Haute Marne (canton de Langres) (52)
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