Maison du Spitzberg : ils demandent l'aide de la Fondation du patrimoine pour réparer la demeure du Kaiser Guillaume II

La maison forestière du Spitzberg désigne l'ancien pavillon de chasse de l'empereur allemand Guillaume II. Abandonnée au début des années 2000, elle a été sauvée de justesse par une association d'amis qui l'a rénovée quand elle tombait en ruine. Mais réparer le toit coûte 200.000 euros.
Les Amis de Spitzberg ont réparé l'ancien pavillon de chasse depuis 2012.
Les Amis de Spitzberg ont réparé l'ancien pavillon de chasse depuis 2012. © Grégory Fraize / France Télévisions
Connaissez-vous le Spitzberg ? Non pas l'île norvégienne, mais le domaine boisé entourant une maison forestière connue pour avoir été l'ancien pavillon de chasse de l'empereur allemand Guillaume II. On peut trouver cette demeure au fin fond de la forêt de Dabo, à la frontière avec la Moselle (Lorraine), un peu au sud de l'Alsace bossue.

La Fondation du patrimoine la décrit comme ayant une architecture très caractéristique : sa façade avant est de style bavarois, et celle arrière reprend le style des fermes alsaciennes à colombages. La bâtisse a été construite avec du grès des Vosges, perdue dans les bois.
 
Les Amis du Spitzberg ont rénové cette maison huit ans durant.
Les Amis du Spitzberg ont rénové cette maison huit ans durant. © Gregory Fraize / France Télévisions
 

De la splendeur impériale au vandalisme

La maison forestière du Spitzberg est construite entre les années 1900 et 1906 pour le compte du Kaiser, afin qu'il puisse y chasser le grand tétras. Son architecte serait Richard Kuder. On lui doit le Palais des fêtes de Strasbourg (Bas-Rhin), que vous pouvez contempler dans la vue panoramique ci-dessous.
 
La légende raconte que le dernier empereur de l'Allemagne n'y serait jamais allé, faute "d'avoir trouvé son chemin". Et la fin de la Première Guerre mondiale scelle son sort : le Kaiser perd son pavillon (et sa couronne...), et la France récupère l'Alsace-Lorraine, et donc le Spitzberg. C'est l'Office national des forêts (ONF) qui le gère à compter de cette période, et lui donne une vocation touristique.

Les chasseurs et chasseuses peuvent y loger jusque 2003. La bâtisse est ensuite abandonnée, et devient la proie de la déprédation et des éléments. Elle est alors squattée, vandalisée, pillée, et laissée ouverte aux quatre vents. L'ONF envisage sa destruction totale, mais en 2012, une bande de sept copains strasbourgeois s'érige en association régie par le droit local alsaco-mosellan. Ce sont les Amis du Spitzberg. Et ils vont tenter de sauver les lieux.
 
La véranda a été restaurée, et la vue sur la forêt laisse pantois.
La véranda a été restaurée, et la vue sur la forêt laisse pantois. © Les Amis du Spitzberg
 

Un sauvetage réussi, mais le danger perdure

Investissant nombre d'heures sur leur temps libre, et leurs deniers personnels, les sept amis fédèrent autour d'eux pour rendre à cette maison forestière sa splendeur d'antan, et la remettre aux normes. Peu à peu, la demeure redevient habitable, et se pare de beaux atours. Mais une épée de Damoclès continue de planer au-dessus de la bâtisse : la toiture. Trop ancienne, elle prend l'eau de toutes parts et menace tout le travail de rénovation effectué. Coût de la rénovation : 200.000 euros. C'est beaucoup trop.

Trois pistes s'ouvrent pour financer ces travaux conséquents :

 
La salle à manger-véranda a retrouvé tout son lustre.
La salle à manger-véranda a retrouvé tout son lustre. © Les Amis du Spitzberg

L'édition 2020 de ce Loto finance déjà la rénovation du séchoir à tabac de Lipsheim (Bas-Rhin). En 2019, il s'agissait du château d'Andlau. Si le Spitzberg en bénéficie, les importantes rénovations qui ont eu lieu depuis 2012 auront servi à quelque chose. Vous pouvez mesurer cette évolution en faisant glisser les widgets interactifs Juxtapose ci-dessous.
 
Vous pouvez admirer l'intérieur et la vue extérieure dans ce reportage réalisé par Grégory Fraize.
 
Dans l'attente de la décision de la Mission Bern, les travaux continuent...
 
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