Marne : des parents en colère se mobilisent contre la suppression du bus scolaire

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Le jeudi 12 mai, à 8h45, les parents d'élèves se rassemblent devant l'école maternelle des Tilleuls à Fagnières (Marne). L'objet de leur contestation : la suppression envisagée du bus scolaire, qui doit être étudiée au prochain conseil municipal.

Plus de bus. C'est ce à quoi refusent de se résigner les parents d'élèves de l'école des Tilleuls à Fagnières (Marne). 

La mairie envisage de supprimer le bus scolaire au cours de l'année scolaire 2022-2023. Le sujet sera discuté au cours du conseil municipal du mercredi 18 mai.

Les parents dénoncent l'absence de concertation. Pour faire entendre leur voix, un rassemblement est prévu devant l'école le jeudi 12 mai, à 8h45, puis sous les fenêtres de la mairie de cette commune située en banlieue châlonnaise (voir sur la carte ci-dessous).


France 3 Champagne-Ardenne a joint Mickael Grégoire, l'un des co-organisateurs du mouvement. "Monsieur le maire de Fagnières voulait supprimer les transports scolaires des enfants. C'est des restrictions budgétaires, ça leur coûte trop cher."

Une pétition à 3.000 signatures

"On a déjà subi une augmentation des tarifs [en 2021], de 80 à 120 euros, et cette année, on nous annonce qu'il va y avoir une suppression, ou pas, ou partielle." C'est justement pour infléchir cette décision que ces parents veulent faire entendre "leur mécontentement" avant le prochain conseil municipal. Une pétition a d'ailleurs été lancée; elle a récolté plus de 3.000 signatures.


"Il y a à peu près 150 à 200 élèves qui prennent ces transports en commun. Ce qui nous fait peur, c'est l'impact au niveau du stationnement devant l'école. Même avec les bus, c'est déjà le cirque pour se garer devant l'école. Imaginez les difficultés que ça va être avec 100 véhicules en plus [au lieu des bus]."

"Et certaines personnes n'ont pas de voiture, ou de moyen de transport, et habitent à deux-trois kilomètres de l'école : ça va poser problème. Comment vous voulez que des enfants de trois-quatre ans prennent le bus de ville sans accompagnateur ? Le maire de Fagnières n'a pas du tout consulté les parents d'élèves avant de prendre de telles décisions." 

Des bus à 100.000 euros l'année

Mais Denis Fenat, le maire (EELV) élu en 2020, conteste. "Le ramassage scolaire intra-muros, c'est un système qui n'existe que très peu dans notre département. On est l'une des seules communes à l'avoir. Les transports sont une compétence de l'agglo', donc elle nous facture le coût des bus, où nous mettons à disposition une accompagnatrice." Total de la facture annuelle : "plus de 100.000 euros" (dont 80.000 pour les bus seuls).

Mais il n'en a pas toujours été ainsi. "Jusqu'en 2016, l'agglo' ne nous demandait pas de participation." À partir de là, les 80.000 euros ont été demandés, "de façon progressive, 20.000 par an". Ce qui représente "un coût très important pour une petite commune de 5.000 habitants comme la nôtre".  Et explique la demande d'une contribution de 80 euros aux familles, rehaussée ensuite à 120. "Ce qui a déjà provoqué un gros mécontentement au niveau des parents d'élèves."

L'édile déplore au passage que "les parents d'élèves inscrivent leurs enfants au bus, mais il y en a énormément qui le font au cas où et dont les enfants ne prennent que rarement le bus. On affrète donc des bus qui ne sont pas à charge complète. On a calculé que quand on fait 120 euros à une famille pour une place, il nous reste à charge 450 euros par fauteuil du bus..."

Si on ne veut pas se retrouver dans le rouge financièrement, on est obligé d'adapter nos transports.

Denis Fenat, maire (EELV) de Fagnières

Entre l'augmentation du gazole et de l'énergie, ainsi que la hausse du traitement des fonctionnaires, le maire dit ne plus s'en sortir. Néanmoins, il n'envisage pas (exactement) une suppression pure et simple du bus. "Les finances de toutes les communes étant de plus en plus tendues, on s'est demandé ce qu'on allait pouvoir faire ou pas. Si on ne veut pas se retrouver dans le rouge financièrement, on est obligé d'adapter nos transports."

"Une proposition va être faite en conseil, travaillée en commission des finances. J'ai dit dans L'Union que la décision n'était pas prise, mais on a fait monter la mayonnaise sur Facebook en disant qu'on allait supprimer... En fait, il y a une position alternative : on garderait le bus le midi pour que ceux ne mangeant pas à la cantine puissent rentrer rapidement chez eux." Les parents auraient donc à s'organiser le matin et le soir. Les horaires des classes ont été "changés" pour que ce soit plus pratique : "08h30 le matin, c'est beaucoup plus facile que 09h00 pour les parents, c'était une de leurs demandes."

Denis Fenat ne comprend pas "l'agitation" alors "qu'on en parle depuis un an dans les différents conseils de parents d'élèves, représentatifs, et qui n'ont pas réagi plus que ça". Une nouvelle rencontre est d'ailleurs prévue dans ce sens pour le lundi 16 mai, deux jours avant le vote.