Marne : l’échec de la fusion entre Horizons et Agir vécu comme une déception par les élus qui ont rejoint Edouard Philippe

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Le 9 octobre 2021, au Havre, ville dont il est maire, l’ancien Premier Ministre Edouard Philippe lançait son parti, Horizons. A ses côtés, notamment, le maire de Reims, Arnaud Robinet. Mais l’élargissement de la base de ce nouveau parti vers Agir n’a pas abouti. Un accroc au sein de la majorité présidentielle.

A quelques mois de l’échéance présidentielle, la question de l’unité parmi les soutiens au Président de la République, Emmanuel Macron, est en question. La nouvelle offre politique, Horizons, proposée par l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe, a besoin de moyens. Présidé par Franck Riester, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité, Agir, avec la dotation financière qu’il reçoit, via le Modem, pour son groupe au Sénat et à l’Assemblée Nationale, aurait représenté un apport significatif. Seulement, la fusion ne se fera pas. Faute d'accord du chef de l'Etat, craignant sans doute une trop forte concurrence au sein de la majorité présidentielle, Franck Riester aurait refusé la main tendue. Un regret pour ceux qui avaient déjà rejoint Edouard Philippe.

La question est de savoir si cette déception va entraîner des dissensions au sein d’ Ensemble citoyens, l’association lancée le 29 novembre 2021, à Paris, pour soutenir le Président de la République, en vue d’un second mandat. Pour le maire de Reims, Arnaud Robinet, Horizons n’a plus à travailler dans Ensemble citoyens. Un recul est pris par rapport à la maison commune.  

L’incompréhension domine

Arnaud Robinet, maire de Reims est le référent Grand Est d’Horizons. Il était au côté d’Edouard Philippe, lors du lancement du nouveau parti Horizons qu’il a rejoint le 22 novembre 2021. "Je regrette ce retard, et je ne suis pas le seul. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas ce qui s’est passé. Nous partageons les mêmes valeurs d’un centre droit modéré. Nous avons les mêmes ambitions". Pas question d’entrer dans des jeux d’appareil ! "Nous allons continuer le travail de réflexion sur les défis à relever. De nombreux élus d’ Agir sont sur le point de nous rejoindre".

C'est un retard à l'allumage. mais, ça se fera !

Arnaud Robinet, maire de Reims.

C’est avec la base, les élus, les militants que les choses vont aboutir, considère le maire de Reims. Ce samedi 15 janvier, 130 comités municipaux ont été mis en place. A Reims, Xavier Albertini, adjoint au maire chargé de la sécurité, en sera le référent. A Epernay, ce sera le maire de la ville, Frank Leroy également vice-président du Conseil Régional du Grand Est, et président de l'association des maires et intercommunalités de la Marne. Dans quelques jours, on connaîtra le nom de la personne référente à Châlons-en-Champagne. Ceux de Strasbourg, Nancy… seront annoncés prochainement. Un comité des maires sera également mis en place, avec un vice-président.

 "Le financement n’est pas un problème aujourd’hui dans la structuration du parti Horizons. Les dons arrivent. Le siège du nouveau parti sera installé au 30 avenue d’Iéna, à Paris, dans le lieu où en 1995, Jacques Chirac avait installé son quartier général. Edouard Philippe considère que le deal n’a pas été respecté", rapporte le maire de Reims. "Pour les législatives, Horizons aura des candidats. Les choses se feront en bonne intelligence", ajoute-t-il.  

On ne fait pas de politique pour une place.

Lise Magnier, députée de la Marne.


Pas de remise en cause de l’engagement

Lise Magnier est députée de la quatrième circonscription de la Marne. Elle a participé à la fondation d’Agir en 2017 et a rejoint Horizons, début 2022, par "conviction et loyauté", dit-elle. Elle aussi regrette que la fusion entre les deux formations n’ait pas eu lieu. "Elle était prévue, naturelle. C’était le choix initial de l’ensemble des cadres. C’est dommage, regrettable, c’était parfaitement calibré".

Si Edouard Philippe a réitéré, ce samedi 15 janvier, son soutien à Emmanuel Macron pour la présidentielle, l'enjeu pourrait surtout concerner les législatives de juin 2022. Que se passera-t-il alors pour les investitures au sein de la majorité présidentielle ? "On ne fait pas de politique  pour une place", indique Lise Magnier, "mais pour des idées, des valeurs. L’important est la défense de ces idées, avant toute échéance électorale.

Ce qui vient de se passer ne remet pas en cause mon engagement. La fusion était déjà avancée. Y mettre un stop va la repousser et créer des tensions. Depuis la réunion de mardi soir, on se doutait bien que ça allait feuilletonner et ne pas donner une belle image de la politique. Il y aura des tiraillements, mais cela va rapidement s’apaiser. On sera tous derrière Emmanuel Macron quand, je l’espère, il aura annoncé sa candidature."

"Agir avait été créé pour soutenir Edouard Philippe. Cela semblait logique. L’échec de la fusion d’Agir avec Horizons est un retard à l’allumage. Mais, ça se fera", assure le référent du parti pour le Grand Est, Arnaud Robinet.