Plus de 300 obus de la Première Guerre mondiale découverts sur un chantier

Des ouvriers qui travaillaient sur un chantier de terrassement à Brimont (Marne) ont donné l'alerte après avoir découvert des obus. Les démineurs, qui sont intervenus lundi et mardi sur place, ont finalement sorti de terre plus de 300 obus datant de la Première Guerre mondiale.

Plus de 300 obus enfouis sur un terrain en chantier ont été découverts à Brimont, à quelques kilomètres au nord de Reims, dans la Marne. L'alerte a été donnée samedi 3 février 2024 par des ouvriers réalisaient le terrassement de la parcelle, après avoir mis au jour dans un premier temps deux obus.

"Nous avons un process bien défini. La préfecture a été avisée, la gendarmerie s'est rendue sur place pour constater. Le centre de déminage de Châlons est intervenu hier [lundi 5 février] dans la journée", explique André Jacob, maire sans étiquette de Brimont (Marne).

Les spécialistes du centre interdépartemental de déminage Châlons-en-Champagne ont procédé aux premières investigations le lundi matin et ont pu extraire un nombre très important d'obus. "Ils ont fait la découverte de plusieurs caisses de munitions de la Première Guerre mondiale enterrées dans une ancienne tranchée, qui servait à défendre le Fort de Brimont", explique la préfecture dans un communiqué.

Tous les ans, nous découvrons des obus sur la commune. Autant, c'est la première fois.

André Jacob, maire sans étiquette de Brimont

L'intervention s'est poursuivie mardi 6 février. Au total, 333 obus de mortier ont été retirés du terrain. Il s'agit, selon la préfecture, d'"obus de mortiers allemands type Minenwerfer, contenant du phosgène", datant de la Première Guerre mondiale.

"Vu leur bon état de conservation (aucun signe de fuite) et leurs conditions de stockage (en caisses, non tirés, organes de sécurité à poste), leur enlèvement a pu être opéré rapidement sans risque pour la population et les intervenants", affirme la préfecture. 

Le centre interdépartemental de déminage de Châlons-en-Champagne est compétent pour les départements de la Marne, des Ardennes, de la Haute-Marne et de l'Aube. Comme précisé dans un document de présentation, il intervient aussi bien dans "l'enlèvement et la neutralisation d’engins de guerre émanant des derniers conflits mondiaux, la neutralisation des objets ou colis suspects et la
sécurisation des voyages officiels des hautes personnalités".

Que faire en cas de découverte d'obus ?

Il n'est pas rare de découvrir des obus dans la Marne ou les départements voisins, lourdement marqués par les deux guerres mondiales. Le centre de déminage liste quatre règles élémentaires à suivre en cas de découvertes de munitions :

  • ne pas s’en approcher, ni les toucher
  • repérer précisément l’endroit de la découverte
  • rester discret pour éviter d’attirer les curieux
  • appeler le maire qui préviendra la préfecture, la police, la gendarmerie ou le centre de déminage

Les coordonnées des services sont disponibles sur le site de la préfecture. En 2001, un rapport d'information du Sénat estimait qu'"un quart du milliard d'obus tirés pendant la Première guerre mondiale et un dixième des obus tirés durant la Seconde guerre mondiale n'ont pas explosé durant ces conflits". 

"Plus de 660 000 bombes", "13,5 millions de mines", et "24 millions d'obus ou autres explosifs" ont été dégagés depuis 1945, date à laquelle les opérations coordonnées de déminage ont commencé. Le rapport sénatorial rappelait par ailleurs que "617 démineurs ont trouvé la mort en service, soit en moyenne 11 agents par an".

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