Sécurité : une école pour devenir démineur en Meurthe-et-Moselle, "On intervient sur 500 tonnes d'engins explosifs historiques par an"

Dans le cadre de la journée nationale de la Sécurité civile, ce jeudi 17 novembre, découvrez un lieu exceptionnel. Unique en France, le centre de formation de déminage de Mort Mare, en Meurthe-et-Moselle, forme chaque année les démineurs de demain.

Désamorcer un obus datant de la Première Guerre mondiale? Rien d’anormal pour ces démineurs, régulièrement appelés pour des obus et des grenades découverts dans une forêt, une rivière ou un jardin. Formés au centre de formation et de soutien au déminage de la Sécurité civile de Mort Mare, en Meurthe-et-Moselle, ils sont les experts des engins explosifs.

Un centre de formation au déminage unique en France

Basé à Essey-et-Maizerais (Meurthe-et-Moselle), le centre de formation et soutien à la sécurité civile de Mort Mare, unique en France, forme les démineurs de demain. Leurs missions sont multiples, elles vont de l'intervention sur munitions et explosifs à l'assistance des groupes d'intervention comme le GIGN et le RAID, en passant par la sécurisation des grands événements et la neutralisation d'objets suspects. En France, le groupement d'intervention du déminage dépend du ministère de l'Intérieur. Il est composé de 370 agents dont 340 démineurs implantés sur 28 sites.

En France, on intervient sur 500 tonnes d'engins explosifs historiques par an

Alain Thirion, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises

“Ce centre de formation est unique en France et en matière de déminage notre pays est une référence internationale”, souligne Alain Thirion, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises. “Dans le déminage, il y a une première fonction historique. En France, on intervient sur 500 tonnes d'engins explosifs historiques par an. Le second volet de notre mission est la lutte contre le terrorisme, pour la sécurisation de nombreux événements”, détaille le haut fonctionnaire.

Un quart du milliard d'obus tirés entre 1914 et 1918 n’a pas explosé

Obus, grenades et autres engins de guerre en tout genre, les grands conflits du XXème siècle ont laissé d’innombrables stigmates sur l'ensemble du territoire français. Entre la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale, la Meurthe-et-Moselle n’échappe pas à ce constat et porte en elle de nombreuses séquelles encore bien présentes. Les experts du déminage et de la sécurité civile estiment qu’un quart du milliard d'obus tirés pendant la Première Guerre mondiale dans le nord et l'est de la France n’ont pas explosé.

Aujourd’hui, en parallèle des munitions historiques, les démineurs aussi sont formés sur les munitions chimiques et toxiques car les explosifs évoluent en permanence

Didier Martin, commandant de police et responsable de l'école de déminage

Qu'elles soient françaises, allemandes, italiennes ou américaines, toutes sortes de munitions trouvées sur le sol français sont stockées ici. Chaque année dans cette école, plusieurs dizaines de stagiaires sont formés au déminage. “Aujourd’hui, en parallèle des munitions historiques, les démineurs aussi sont formés sur les munitions chimiques et toxiques car les explosifs évoluent en permanence", précise Didier Martin, commandant de police et responsable de l'école de déminage.

J’ai un obus dans mon jardin, que faire ?

Quel est le bon réflexe à adopter si l’on trouve un obus ou autre engin de guerre dans son jardin? Surtout, ne pas trop s’en approcher et encore moins le toucher, mais contacter immédiatement sa mairie, la gendarmerie ou la préfecture. Dans un second temps, les professionnels formés à l’école de déminage de Mort Mare, en Meurthe-et-Moselle, se chargeront d'intervenir pour neutraliser des munitions et s’assurer qu’elles ne présentent plus aucun danger.

En France, depuis 1945, 700.000 bombes d'aviation ont été désamorcées,13 millions de mines enlevées et 35 millions d'obus et engins divers neutralisés ou détruits.

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