5 questions sur l’éco-comparateur TER Grand-Est pour voyager plus écolo

La SNCF lance un outil comparatif pour permettre aux personnes de connaître le mode de déplacement le plus écologique. Choisir entre auto (ou moto) et le train sur un trajet défini, c’est le choix laissé aux utilisateurs de l’application.

La SNCF veut vous démontrer que le train c'est plus écologique et moins cher ! C'est pourquoi elle vient de sortir une toute nouvelle application.

L’éco-comparateur TER Grand-Est, permet d'aider les usagers à choisir un mode de déplacement plus responsable pour l’environnement et moins coûteux pour leur porte-monnaie. Et en l'occurrence, le train sort grand vainqueur.

L’idée est de montrer aux personnes que le train est un mode de transport doux et que s’ils utilisent le train c’est mieux pour tout le monde.

Communication SNCF

Alors que plus de la moitié des Français estime manquer d’information pour choisir un mode de transport moins polluant, la SNCF a décidé de les aider à y voir plus clair avant de faire leur choix. “Nous avons constaté que 75 % des voyageurs, de manière générale, n’ont pas l’idée de leur empreinte carbone quand ils se déplacent” explique-t-on au service communication de la SNCF. Les équipes TER Grand-Est sont parties de ce constat pour imaginer et développer l’outil. “Un an de travail, la validation par la région Grand-Est et l’outil est lancé mi-septembre.”

L'application propose de multiples possibilités par exemple un départ en vélo vers la gare de Reims puis train vers Strasbourg et vélo à l'arrivée. Autre exemple, un départ en voiture GPL vers la gare de Strasbourg puis le train jusqu'à Troyes et à pied pour aller à destination.

Nous vous proposons un tour d’horizon de ce nouvel outil imaginé par la SNCF. France 3 Champagne-Ardenne a testé l’éco-comparateur. Dans ce cas précis, il s'agit d'un trajet fictif Reims-Strasbourg. Les déplacement entre gares se font en voture (ci-dessous la page d'entrée de l'application).

 

 

Il permet de comparer le coût et l’empreinte environnementale de vos déplacements en train par rapport à la voiture (ou la moto), pour des voyages fréquents ou occasionnels et sur un parcours défini.

 

Vous saisissez votre tranche d’âge, le type (voiture ou auto) ainsi que le modèle (compacte, familiale ou routière) de votre véhicule, le carburant (essence, diesel ou GPL) et la fréquence de vos déplacements (occasionnels ou fréquents).

Vous complétez ensuite votre adresse de départ et d’arrivée sans oublier le mode de transport vers les gares (à pied, vélo, transport en commun ou voiture). Et vous lancez ensuite la simulation.

Dans notre cas une voiture familiale, essence pour des déplacements fréquents en voiture vers la gare (voir copie écran ci-dessous).

 

 

L'application compare la quantité de CO2 émise pendant le trajet et le coût financier de chacun des moyens de transports choisis. L’économie mensuelle de l’un et de l’autre est directement visible (voir le résultat ci-dessous).

 


 

Pour les personnes il s’agit de connaître le coût environnemental de ses déplacements et de choisir en toute connaissance de cause celui qu’il souhaite adopter.

Pour la SNCF, ”il s’agit de démontrer que le train est l’un des moyens de transport les plus respectueux de l’environnement et que les émissions de CO2 par trajet en TER sont plus responsables au quotidien que celles des véhicules motorisés”.

A terme, la SNCF souhaite ajouter à l'application les trajets transfrontaliers et les déplacements en transport en commun pour rejoindre les gares.

Pour le moment l’éco-comparateur ne prend pas en compte le coût d’achat, d’assurance et d’entretien du véhicule. L’application ne permet pas non plus de sélectionner un véhicule électrique. Une nouvelle version  de cet outil est annoncée par la SNCF pour janvier 2022.

L’outil est disponible sur le site internet TER Grand-Est et sur smartphone. L’application est simple à utiliser et ne prend que quelques minutes. Si vous voulez tester ce nouvel outil c’est par ici.

 

Qu'en pensent les usagers des trains régionaux ?

A titre personnel, moi qui suis très sensible à l’écologie, c’est très bien de montrer les écarts d’émissions (de CO2) entre le train et la voiture, et ils sont flagrants donc c’est plutôt une bonne idée pour montrer que le train est écolo mais cela ne suffit pas”, explique Anthony Petit, président de l’association de défense des usagers de la ligne TER Vallée de la Marne et Champagne-Ardenne. Un bon outil marketing insuffisant selon le collectif. 


 

C’est positif de montrer que le train est écolo mais cela ne suffit pas.

Anthony Petit, président de l’association de défense des usagers de la ligne TER Vallée de la Marne et Champagne-Ardenne

 

Une application “Fluo” propose déjà des trajets de “bout en bout” depuis votre lieu de départ et jusqu'à votre lieu d'arrivée, train compris.  Un bon début pour le collectif qui demande “des trains plus fréquents, ponctuels et avec la capacité suffisante”.

 

Le nouvel outil éco-comparatif est insuffisant pour faire revenir les gens dans les trains, pense le collectif d’usagers. Pour inciter les personnes à utiliser ce mode de transport, la solution est ailleurs selon Anthony Petit. “Il faut qu’il y ait plus de trains et des communications multimodales entre eux.” 

Regrettant les fermetures de certaines déssertes. “La ligne Epernay Châlon a été supprimée alors que l’on avait un train qui tournait bien. Cela a été d’abord comblé par cinquante uber. Puis la région a mis un bus mais c’est insuffisant. Je ne suis pas sûr que si l’on remettait un train les gens reviendraient.”  Les personnes qui changent leur mode de transport sont difficilement récupérables.

On a du mal à faire venir les gens vers le train mais c’est plus facile de les faire partir. Je ne suis pas sûr que la région en ai bien conscience.

Anthony Petit, président de l’association de défense des usagers de la ligne TER Vallée de la Marne et Champagne-Ardenne

La bouche à oreille

L’avenir nous dira si l’application convainc davantage de voyageurs à emprunter les lignes régionales. La SNCF compte sur le bouche à oreilles pour faire connaître et améliorer son outil. “L’aspect environnemental et respect de la planète on l’a tous et nous comptons sur nos voyageurs pour en parler autour d’eux”. L’idée étant de la partager avec d’autres régions.

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