Adolescent enlevé, séquestré, frappé à Reims, "Une relation intime" à l'origine de l'affaire

Le procureur de la République de Reims, François Schneider, a tenu une conférence de presse ce vendredi 10 mai pour faire le point sur l'enquête sur les violences et la séquestration subies par un adolescent de 16 ans à Reims le 5 mai dernier. Deux personnes ont été interpellées.

Cinq jours après les faits, François Schneider a pu détailler, depuis le palais de justice de Reims, les circonstances qui ont conduit un adolescent de 16 ans prénommé Karim et son ancienne petite amie à être séquestrés et violentés par certains membres de la famille de la jeune fille.

Tout commence dans l'après-midi du dimanche 5 mai. L'adolescent est alors appelé par un ami à le rejoindre à l'extérieur de son domicile. À son arrivée dehors, il est emmené de force par quatre personnes dans une Clio. Il subit alors de nombreux coups qui lui font perdre connaissance.

À son réveil, il se trouve devant un immeuble du quartier Croix Rouge où il reçoit encore des coups et est emmené dans un appartement. Il reconnaît alors le grand frère de son ex-petite amie et leur mère. Elle ne fera rien pour interrompre les violences et venir à son secours.

Il aperçoit également son ex-petite amie en personne passer au fond de l'appartement, en pleurs, le crâne rasé.

Fracture, hématomes et plaie par arme blanche

Toujours frappé et victime d'un coup de couteau au visage, il perd à nouveau connaissance et se réveille dans la rue, sans savoir comment il est arrivé là. Blessé, il parvient à rejoindre la rue François-Arago où il fait signe à une automobiliste qui prévient immédiatement les secours.

Il est emmené à l'hôpital, les médecins constateront une fracture du nez et de multiples hématomes. Sa plaie sur le visage nécessitera d'être suturée. "Le visage était très abîmé, avec les yeux au beurre noir, explique le procureur, les photos sont très impressionnantes. Le garçon est très traumatisé et pas très rassuré évidemment". Les médecins ont prescrit une incapacité totale de travail pendant 8 jours.

Une "relation intime" à l'origine de l'affaire

D'après le procureur de la République, la victime est un adolescent sans histoire. Son enlèvement est en lien avec une "relation intime" avec la jeune fille. Une relation qui a pris fin sans aucune rancœur d'après le jeune homme et son ex-petite amie.

Après cette rupture, le grand frère de l'adolescente découvre des photos et des vidéos des amoureux dans son téléphone, le plongeant lui et surtout sa mère dans la fureur. La mère aurait insulté et craché au visage de la jeune fille et l'aurait même menacée d'un couteau sous la gorge.

Le grand frère oblige alors une connaissance de l'adolescent à organiser un guet-apens et l'emmener de force dans une voiture. Le début du calvaire du jeune homme.

La jeune fille tente de se suicider puis s'enfuit

Pour l'adolescente aussi, les représailles sont terribles. Frappée par son frère et menacée par sa famille, elle tente de se jeter par la fenêtre avant d'être rattrapée par son frère et d'être enfermée dans sa chambre. Sa mère lui coupe également ses tresses et lui arrache la perruque.

Dans la nuit, la jeune fille parvient à s'enfuir alors que tout le monde dort dans l'appartement. Elle prend un bus et rejoint une amie en région parisienne.

Dans la nuit 7 au 8 mai, vers 3 h du matin, la jeune fille se présente au commissariat de police d'Antony dans le 92. Elle déclare, extrêmement choquée, avoir été séquestrée dans l'appartement familial et violentée par ses frères et sa mère.

Des interpellations immédiates

Compte tenu de la violence des faits, les interpellations des membres de la famille mis en cause ont été menées dès l'après-midi du 7 mai.

Le grand frère, âgé de 19 ans, est connu de la justice pour des faits de violences graves. Condamné à une peine d'emprisonnement, il était placé sous bracelet électronique.

Entendu par les enquêteurs, le frère a reconnu avoir découvert les photos sur le téléphone, avoir frappé sa sœur mais il nie les violences et la séquestration de Karim. 

La mère a admis avoir frappé sa fille mais nie également les violences sur le jeune homme.

Les deux mis en cause ont été déferrés en vue de l'ouverture d'une information judiciaire avec une demande de mandat de dépôt. Les termes de la demande de mise en examen sont l'enlèvement et la séquestration sans libération volontaire. Un crime pour lequel ils encourent 20 ans de réclusion. 

Plusieurs autres personnes restent à identifier dans cette enquête. D'autres interpellations sont donc à attendre.

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