Consigne du plastique : "s'il n'y a pas de contrepartie financière, les gens ne recycleront pas"

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Écrit par Florence Morel .

Ce 19 juin à Strasbourg, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique réunit un comité de pilotage chargé rétablir les consignes en France. Une initiative déjà expérimentée pendant deux ans par Jean-Christian Legue, dirigeant du Leclerc de Champfleury dans la Marne.

Quasiment deux ans. C'est le temps qu'a duré la mise en place d'un système de recyclage de bouteilles en plastique, en mars 2016 et début 2018, au Leclerc de Champfleury, dans la Marne. Le principe était alors simple : chaque fiasque ramenée générait 0.01 euros sous forme de bons d'achat à dépenser au sein de l'enseigne. Les clients ramenaient leurs bouteilles dans un kiosque situé sur le parking du centre commercial.

Aujourd'hui, il est toujours possible d'amener des piles, des récipients ou des prospectus au centre commercial, sans contrepartie financière cette fois. "Je n'ai plus personne", regrette Jean-Christian Legue, directeur du Leclerc de Champfleury.
 

4 millions de tonnes de bouteilles recyclées


Il faut dire que le kiosque de récupération a été un franc succès : quelque 4 millions de tonnes de bouteilles recyclées, et environ 3.000 euros par mois de bons d'achat distribués, d'1,11 euros en moyenne.

Nous avons été victimes de notre succès. J'ai vu des clients faire le tour de Reims à la recherche de bouteilles en plastique et venir déposer des coffres remplis le lendemain au magasin.
- Jean-Christian Legue, directeur du Leclerc Champfleury.


Au départ, ce sont la démarche écologique et la volonté de faire venir de nouveaux clients qui ont motivé le directeur de l'enseigne commerciale. Très vite, l'appât des bons d'achat attire les Marnais en nombre. Problème, la file d'attente à l'entrée du kiosque s'allonge, et certains peuvent y rester toute la journée. "Certains arrivaient avec des coffres remplis de bouteilles en plastique. Nous avions fixé la limite à 15 euros, mais les gens refaisaient la queue", se souvient le dirigeant.

S'il devait relancer le kiosque, Jean-Christian Legue s'y prendrait différemment. "Je m'assurerais que d'autres se lancent avec moi. Il ne faut pas de monopole, il faut que les gens puissent aller dans différents endroits pour ramener les consignes."
 
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