Coronavirus en Champagne-Ardenne : bientôt le pic de l'épidémie, selon le professeur Jacques Cohen

Pour le professeur Cohen, le coronavirus ne devrait pas passer l'été. / © Isabelle Griffon - France 3 Champagne-Ardenne
Pour le professeur Cohen, le coronavirus ne devrait pas passer l'été. / © Isabelle Griffon - France 3 Champagne-Ardenne

En Champagne-Ardenne, l’épidémie de Coronavirus s’étend : une personne vient d’être déclarée positive en Haute-Marne. Faut-il craindre le virus ? Entretien avec Jacques Cohen, professeur d’immunologie à Reims.

Par Perrine Ketels

Face à la propagation du Coronavirus en Champagne-Ardenne, certaines maisons de retraite de Reims viennent de fermer leurs portes pour éviter d’être touchées par l’épidémie : c’est une bonne chose ?
J.C. "Oui parce qu’une personne âgée est sensible à tout virus et il paraît justifié de prendre des mesures d’isolement et de limiter le nombre de personnes qui se rendent dans les EHPAD."

Pourquoi les personnes âgées sont-elle plus sensibles ?
J.C. "Leur organisme est souvent moins capable de se réparer, en particulier les poumons. Et si ces personnes âgées ont abîmé leurs poumons en fumant par exemple, elles sont plus sensibles aux infections. En Chine, la mortalité est plus importante chez les hommes, car là-bas la moitié de la population masculine est fumeuse, alors que très peu de femmes le sont."
 


On assiste à une psychose autour de ce virus : est-il vraiment plus dangereux aujourd’hui qu’hier ?
J.C. "Il y a une interprétation erronée de l’évolution du virus. Initialement, quand il est apparu à Wuhan, il était plus mortel. Il a subi ensuite une mutation qui l’a rendu plus contagieux. On pense qu’il est donc plus agressif, mais c’est faux : il se diffuse davantage mais il tue moins. C’est une originalité du Coronavirus."

Quels sont les scénarios possibles ?
J.C. " Les virus récents dans notre espèce comme ceux-là sont peu stables et ils peuvent très bien disparaître d’eux-mêmes. Le Coronavirus peut s’adapter en se propageant beaucoup et en étant moins virulent, et dans ce cas il protégera la population contre des variantes plus graves. Il peut aussi s’effondrer sur lui-même, c’est-à-dire arrêter de se transmettre, car il ne parvient pas à passer chez l’homme indéfiniment. Il se peut aussi que l’épidémie de grippe ou une autre épidémie virale barre le chemin."
 


Est-ce que nous donc sommes bientôt à la fin de l’épidémie en Champagne-Ardenne ?
J.C. "Il est probable que le nombre de cas continue à augmenter et on va assister au pic épidémique d’ici une semaine ou deux. Il faut bien regarder la situation chinoise. Les Chinois sont à l’autre bout du tunnel : après avoir beaucoup souffert, ils voient la lumière. La transmission diminue, elle est quasi éteinte. Nous, nous sommes de l’autre côté, à l’entrée du tunnel."   


 

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