Coronavirus : les six conseils pour rester sereins avec ses enfants en temps de confinement

Rester confinés toute la journée avec ses enfants peut mettre les nerfs des parents à rude épreuve. Surtout que ce huis clos familial risque de durer plusieurs semaines. La Rémoise Céline Syritellis, coach parentale et maman de trois enfants, nous livre ses conseils pour éviter les tensions.

Pour garder l'harmonie au sein de sa famille, la coach préconise d'établir un planning adapté aux enfants, comme aux parents.
Pour garder l'harmonie au sein de sa famille, la coach préconise d'établir un planning adapté aux enfants, comme aux parents. © I.G. / FTV
Sur les réseaux sociaux, les blagues sur le confinement en famille qui vire au pugilat, ont fleuri ces derniers jours. Disputes, découragement, fatigue... Comment survivre enfermés à la maison avec ses enfants chéris ? Car la période de confinement, imposée pour éviter la propagation du coronavirus, risque de se prolonger plusieurs semaines. Et que nos marmots ont parfois l'art et la manière de nous faire sortir de nos gonds.
 
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La coach parentale Céline Syritellis a créé l'entreprise Paizi pour aider "les parents qui sont fatigués de crier sur leurs enfants". Cette Rémoise nous livre quelques pistes pour rester sereins avec notre progéniture pendant cette période particulière, que l'on soit ou non en télétravail.
 

1/ Etablir un programme

"Avoir un programme adapté est structurant aussi bien pour les enfants que pour les parents qui ont un fil rouge auquel se raccrocher, explique Céline Syritellis. Cela permet aussi de trouver l'équilibre entre les moments où l'on est disponible pour les enfants et les moments pour soi, c'est important pour notre santé mentale." La coach recommande d'élaborer ensemble, après le petit déjeuner, ce programme "spécial confinement" par écrit, ou avec des dessins pour les plus petits, et de l'accrocher à la maison.

Travail scolaire, temps calme, repas, lecture, travaux manuels, jeux, tâches ménagères, télévision, activité physique... "Il faut varier les plaisirs, précise-t-elle. L’idée n’est absolument pas de prévoir mille choses à faire mais d’avoir des temps dédiés pour chaque chose, répondre aux sollicitations des enfants et éviter d’être dans la négociation."

Les temps réservés à l'école seront plus efficaces le matin, "car les enfants sont plus disponibles". Il ne faut pas oublier de faire des pauses, "toutes les 20-30 minutes pour les plus jeunes et toutes les heures pour les plus grands". Surtout, il est nécessaire de prévoir des temps calmes où l'enfant jouera en autonomie pendant que l'adulte pourra travailler, préparer à manger ou s'accorder une pause café.

Dans tous les cas, il est important d'avoir une certaine régularité et de maintenir autant que possible le rythme scolaire pour l'heure du lever et du coucher.

 
La gestion du temps d'écran est à ne pas négliger pendant cette période inédite.
La gestion du temps d'écran est à ne pas négliger pendant cette période inédite. © François Destoc / MaxPPP
 

2/ Gérer le temps d'écran

"Les écrans, c'est la fausse bonne idée, estime cette professionnelle de la parentalité. L'enfant semble canalisé devant la télé, mais une fois le programme terminé, il est encore plus agité, plus sensible." Elle ne conseille pas d'interdire totalement les écrans, mais juste de veiller à les réguler.

"Fixer des règles en amont et prévoir des créneaux autorisés évitera les négociations et permettra à tout le monde de savoir quand c'est oui et quand c'est non", souligne-t-elle. Pour sa part, cette maman de trois garçons a opté pour les "bons pour 30 minutes d'écran" (ou "bon pour telle série télé") : "On leur donne trois bons pour une semaine. A eux de les utiliser quand ils en ont envie. A partir de six ans, cette astuce permet de leur apprendre à gérer des ressources. Le mercredi après-midi, ils ont droit également à une séance de cinéma à la maison".

Et si les circonstances imposent de céder davantage aux écrans que d'habitude, notamment pour les télétravailleurs, il est toujours possible d'opter pour des contenus plus éducatifs que ceux imposés par les programmes TV pour enfants, comme "C'est pas sorcier", "Un jour, une question", "Quelle histoire", "Petit Malabar" ou "Il était une fois la vie" par exemple. Et pour les parents qui le peuvent, de prendre le temps de s'assoir avec l'enfant et d'échanger ensuite sur ce qu'il vient de regarder.
 
 

3/ Associer ses enfants aux tâches ménagères

Ce temps passé ensemble est l'occasion idéale d'impliquer davantage les enfants dans les tâches ménagères. Très souvent, les adultes cloisonnent les temps pour la maison et les temps de disponibilité pour les enfants, alors que les petits qui nous suivent partout dans la maison ont souvent envie d'aider. Ne serait-ce que pour se sentir utiles et grands.

"La vie quotidienne d'une maison offre plein d'apprentissages, explique cette spécialiste en parentalité. Pour la gestion du linge par exemple, il faut trier les couleurs, on peut y découvrir les matières, les tissus..."  Même si souvent il nous semble plus simple de faire les choses nous-mêmes, il ne faut pas hésiter à associer les enfants au ménage, au jardinage ou à la préparation des repas "en restant attentif bien sûr aux règles de prudence : objets coupants, eau chaude, appareils dangereux..."

Mieux vaut appréhender ces tâches non comme des corvées, mais comme une activité à part entière. "Cela développe leur autonomie, leur confiance en soi et leur responsabilité, assure-t-elle. 'Aide-moi à finir ça et je viendrais jouer plus rapidement avec toi', peut-on aussi leur proposer."
 

4/ Prévoir des activités physiques

Plus de récréation, plus de cours d’éducation physique, plus d’activités sportives en club, les jeunes risquent vite de tourner en rond. Surtout ceux qui vivent en appartement et qui n’ont pas la chance de pouvoir se défouler dans leur jardin. Il est donc impératif chaque jour de faire bouger vos petits durant cette période inédite.

"Il est essentiel de prévoir des moments physiques, observe la conseillère. On peut par exemple aménager un parcours de motricité dans la chambre de son enfant ou dans son appartement, du moment qu'il n'y a pas de danger et que les meubles utilisés sont solides. On peut aussi danser avec son enfant, jouer à cache-cache, chahuter dans l'appartement,  tout ce qu'on ne prend pas le temps de faire d'habitude."

Pour aller plus loin, le Vosgien Matthieu Gandolfi, professeur d'EPS et coach sportif, nous livre une série d'exercices ludiques pour les petits et les grands.
   

5/Etre vigilant sur les accidents domestiques

Passer plus de temps à la maison augmente les risques d'accidents domestiques. "Pendant cette période de confinement, il faut redoubler de vigilance sur les risques dans la cuisine ou autour des tâches ménagères comme le repassage", prévient Céline Syritellis. Surtout que la fatigue peut s'installer au fil des jours.
 

6/ Mettre cette période à profit pour consacrer du temps à son enfant

Pris dans leur quotidien, les parents regrettent souvent de ne pas consacrer assez de temps pour jouer avec leurs enfants. "Nous pouvons profiter de cette période inédite où nous sommes davantage disponibles pour passer de vrais moments d'échanges avec nos enfants", insiste la coach.

"On peut faire des choses avec eux qui nous tiennent à cœur, comme écouter de la musique, ou tout simplement jouer aux jeux de société. Pour une fois, on peut répondre oui aux parties de cartes à 9 heures du matin." Et tirer du positif de cette parenthèse imposée dans nos vies.

 
A 38 ans, Céline Syritellis s'est reconvertie il y a trois ans en coach parentale.
A 38 ans, Céline Syritellis s'est reconvertie il y a trois ans en coach parentale. © I.G. / FTV
 

Coach parental, un métier en devenir

D'abord réservé au sport, puis au bien-être et au développement personnel, le coaching investit le domaine de la famille. Venu des Etats-Unis, ce métier a fait son apparition depuis quelques années en France. A Reims, deux coachs parentales, Céline Syritellis et Isabelle Hamaide, proposent d'accompagner les parents qui se sentent dépassés par certaines situations. "Ceux qui en ont marre de crier sur leurs enfants", précise la première.

Maman de trois garçons âgés de 4, 7 et 8 ans et ancienne consultante en ressources humaines, Céline Syritellis a monté son entreprise baptisée Paizi il y a trois ans. Et depuis son activité ne fait que croître grâce au bouche-à-oreille. Même si cette spécialiste du langage observe toujours une certaine réticence, voire une honte, à faire appel à ses services. "Pour certains parents, c'est un aveu d'incompétence, de faiblesse. 'Les autres y arrivent, pourquoi pas moi ?', analyse-t-elle. Alors que savoir demander de l'aide, c'est une force".

Séances en ligne et en face à face

Ses clients ? "Surtout des mamans d'enfants entre 1 et 10 ans qui se sentent démunies, fatiguées, en bout de course et qui me disent parfois 'je ne voulais pas être comme ma mère, je suis pire'. Ce sont des parents très soucieux de bien faire." Après avoir lancé son activité en ligne, la coach propose désormais des séances en face à face sur Reims, et même parfois au domicile des parents si la situation l'impose. "J'essaie de détricoter le problème pour qu'on construise ensemble la solution, explique-t-elle.

Il n'y a pas de solutions universelles, ce sont juste des ajustements liés à chaque famille, à chaque enfant, à chaque maman.
- Céline Syritellis, coach parentale

"Mon enfant n'écoute pas", 'il pique colère sur colère", "il se dispute tout le temps avec son frère"... Les situations du quotidien se répètent et semblent parfois insurmontables. "J'aide les parents à décrypter la situation et à comprendre pourquoi l'enfant réagit ainsi. On trouve ensemble ce qu'on peut mettre en place pour que cela change en fonction de nos valeurs, de ce qui important pour nous, ce qui est négociable ou non, détaille-t-elle. On peut répondre à la plupart des besoins de nos enfants, mais la question, c'est comment ? Il faut répondre en fonction de nos priorités et de nos capacités."

Elle rappelle surtout qu'il n'y a pas de parents parfaits : "On compose tous avec ce qu'on a et on fait ce qu'on peut. Il faut trouver son équilibre. Les enfants ont besoin de parents qui aillent bien". De quoi déculpabiliser ceux qui ont l'impression d'être de mauvais parents.

 
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