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Reims. Un rappel à la loi pour l'infirmière qui avait dessiné des coquelicots sur les marches de la mairie

© Philippe Mercier / France 3 Champagne-Ardenne
© Philippe Mercier / France 3 Champagne-Ardenne

Une infirmière condamnée à 500 euros d'amende et à un stage de citoyenneté pour avoir dessiné des coquelicots sur les marches de l'Hôtel de Ville de Reims en signe de protestation contre les pesticides de synthèse. L'infirmière dénonce une sanction disproportionnée. 
 

Par C.C. et J.A. avec Lucas Baron

Mise à jour. 15/01/2019
L'infirmière poursuivie pour avoir peint des coquelicots sur les marches de l'hôtel de ville de Reims, n'écope finalement que d'un rappel à la loi. En effet, après avoir refusé la sanction proposée par le substitut du procureur de 500 euros et d'un stage de citoyenneté, Katia a écrit une lettre au procureur, pour s'expliquer, et lui demander à ne pas être renvoyée devant un juge. Après l'avoir reçue, sa réponse est tombée le lundi 15 janvier. Elle ne sera pas poursuivie et n'aura pas à comparaître dans un procès.
 

15 heures de garde à vue pour des coqulicots à l'eau


Elle était venue manifester de manière pacifique. On ne lui fera, aucune fleur : 15 h de garde à vue, et une proposition de composition pénale de 500 euros d'amende et d'un stage de citoyenneté, 250 euros supplémentaires à sa charge. La raison de cette condamnation : avoir dessiné, à la peinture à l'eau, des coquelicots sur les marches de la mairie.

C'était le 2 novembre dernier, Katia, une infirmière de 38 ans, maman célibataire, travaillant dans un service de réanimation néonatale et pédiatrique, manifestait ce jour-là au côté des Coquelicots, un mouvement qui lutte pour l'interdiction des pesticides de synthèse. Elle-même artiste peintre, elle inscrit alors, à la peinture à l'eau, sur les marches de l'hôtel de ville, en travaux, "On veut des coquelicots, halte au pesticide glyphosate", accompagnant son message de quelques fleurs. 

Katia Lock est arrêtée quelques heures plus tard, après avoir été manger au restaurant avec sa famille. Elle passe la nuit en garde à vue, avant d'être relâchée le lendemain. Deux mois après cette affaire, elle s'interroge, et est partagée entre colère et incompréhension : "Pourquoi on reste 15 heures en garde à vue ? Alors qu'après, on me téléphone pour me dire + vous n'auriez pas dû être en GAV, vous relâcher et vous dire de revenir plus tard aurait été suffisant+"


500 euros d'amende


Quelques semaines plus tard, le 7 janvier, Katia passe devant le délégué du procureur au tribunal de Reims. Il lui soumet une "composition pénale", une proposition de sanction à une infraction qui permet d'éviter un procès : 500 euros d'amende et un stage de citoyenneté dont les frais (250 euros) sont à sa charge. Elle refuse alors cette sanction, l'estimant disproportionnée. 

Venus en soutien, d'autres membres des Coquelicots présents ce soir-là, s'indignent de la sévérité des sanctions : " Quand on parle de dégradation d'un monument alors qu'en fait c'est de la peinture à l'eau, sur des marches en béton parce que la place est en travaux à ce moment là, c'est aberrant " souligne le collectif.
 

Un mouvement contre les pesticides de synthèse


Créé en septembre dernier, le mouvement lutte pour l'interdiction des pesticides de synthèse. Il compte aujourd'hui 450.000 signataires, comme Katia. Marquée par cet événement, la jeune infirmière souhaite désormais faire une pause.  

" Je vais laisser du temps, avec les Coquelicots, le temps que ça se tasse. Mais je reste dans le mouvement " déclare Katia. Le mouvement lui, compte bien perdurer, avec une présence devant la mairie de Reims le premier vendredi de chaque mois



 

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