INSOLITE. A 59 ans, il court un marathon par jour pendant 100 jours avec une jambe en moins, au profit d'associations

Guy Amalfitano est un homme hors du commun. Ce sportif de 59 ans, amputé d'une jambe, fait étape dans la Marne du 6 au 8 mai pour parcourir un marathon par jour. Un périple qu'il effectue en trois mois, au profit de plusieurs associations. Il était à Reims le 6 mai. Rencontre.

Il y a des gens qui sortent de l'ordinaire. Guy Amalfitano en fait partie. On le rencontre devant son camping car, derrière la mairie de Reims où il est de passage ce samedi 6 mai. Cet homme de 59 ans a été amputé d'une jambe suite à un cancer quand il avait 17 ans. Depuis, il est devenu sportif de haut niveau. Il court, au profit des autres, partout en France. Il a décidé d'effectuer un ultra run de 100 jours. Courir 4300 kilomètres, soit 100 marathons, en 100 jours. Du 17 mars au 24 juin. 

En fin d'après-midi, ce 6 mai, l'homme est frais comme un gardon. Il discute avec la police municipale, avec Thierry, son ami et chauffeur, car il a obtenu de garer son camping-car en plein centre de Reims, où les places sont rares et chères. A quelques mètres, un autre camping-car héberge une femme qui a voyagé autour du monde avec sa grand mère de 101 ans, deux camping-car, deux ambiances. Deux choix qui font réflechir et forcent le respect. L'homme au teint halé et au visage buriné a dans les jambes 43 kilomètres. Pas le moindre signe de fatigue. Guy Amalfitano, originaire des Pyrénées Atlantiques, va poursuivre son périple dans le Grand Est avant de bifurquer au sud. 

Cet ultra run, c'est votre Tour de France à vous, c'est quoi le principe ?

L'idée c'est de traverser chaque région de France et de collecter des fonds pour une association de chaque région. Le défi sportif en lui-même, c'est réaliser 100 marathons consécutifs, 100 marathons en 100 jours. Donc là j'en suis à mon 51e marathon.

Il faut préciser qu'il vous manque une jambe.

Voilà exactement, je suis coureur unijambiste. Donc je cours avec une paire de béquilles spécialement adaptée pour la course à pied et j'ai une technique particulière puisque j'intercale un cloche-pied dans ma course. Donc voilà et je me déplace comme ça et donc c'est chaque jour un marathon.

Vous avez fait un marathon aujourd'hui ? 

Oui, j'ai fait un marathon, même un peu plus qu'un marathon. Cela varie, le minimum c'est 42.195 km, mais j'ai fait des étapes à 47, 45, 44, ça dépend. Aujourd'hui, j'ai fait 42 500. Et je suis arrivé à Reims.

Le maire vous a reçu, vous êtes frais comme un gardon, vous avez fait 45 km en courant avec une béquille et une jambe en moins. D'où vient cette énergie ?

Je ne sais pas, peut-être de l'envie de vivre une aventure humaine puisque c'est une aventure avant tout humaine même si il y a le défi sportif. Tous les jours, je rencontre des gens sur la route à mes arrivées d'étapes. Donc en fait, c'est ça qui me donne l'énergie.

C'est aussi un témoignage pour les personnes qui peuvent souffrir d'un handicap ou qui sont malades ?

Oui, c'est un petit peu pour tout le monde, parce que bon moi je me considère pas comme une personne en situation d'handicap. Moi à chaque fois je dis, j'ai juste une jambe en moins et ça s'arrête là. Le handicap pour moi, il n'existe pas à mon niveau. Les gens prennent ce qu'ils veulent dans mes actions et si ça peut les inspirer, si ça peut leur faire du bien tant mieux. Ce sera mission accomplie.

Vous allez donc parcourir encore de nombreuses de régions ?

Oui, j'ai démarré mon périple le 17 mars de chez moi dans les Pyrénées-Atlantiques et je le terminerai le 24 juin prochain. J'ai commencé par la Nouvelle Aquitaine. Après j'ai traversé le Centre Val de Loire, la Bretagne, la Normandie, l'Île de France. Là, j'ai quitté les Hauts de France aujourd'hui. Et j'attaque le Grand Est. Je vais continuer sur toutes les régions et dans chaque région, je collecte des dons et tout ce que je collecte dans la région, ce sera pour l'association de la région. En l'occurrence pour cette région Grand Est, c'est l'association Rose and roll, qui s'occupe des femmes qui ont été atteintes du cancer du sein. C'est pour les accompagner après l'opération. Je collecte des fonds pour cette association.

Qu'est-ce que vous retenez de ces rencontres ?

La leçon que je retiens, c'est que je trouve que finalement les gens sont en demande de ce genre d'action, parce que ça n'amène que du positif. S'ils peuvent participer à leur manière, il le font avec grand plaisir. Moi je m'aperçois que finalement, il y a pas que du mauvais,  il y a des personnes qui sont super sympas, il y a des centaines de gens que j'ai rencontré sur la route. Je retiens tout ça, je me nourris de toutes ces rencontres et c'est ce qui me donne l'énergie pour continuer et pour clore ce périple.