Marne : après un an de sollicitation, l'Elysée répond au président de l'association "Victimes du Covid-19"

Après les nombreuses interpellations de Lionel Petitpas, le cabinet du président de la République lui répond enfin dans une lettre datée du 4 mars 2021, et se dit en pleine "réflexion concernant l'instauration d'une journée dédiée à la mémoire de celles et ceux qui ont été emportés" par le virus.

Le Président Emmanuel Macron en visite dans un centre de vaccination contre le Covid-19, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 1er mars 2021.
Le Président Emmanuel Macron en visite dans un centre de vaccination contre le Covid-19, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 1er mars 2021. © BENOIT TESSIER / POOL/EPA/Newscom/MaxPPP

Il a fait de la reconnaissance des victimes du Covid-19 son combat. Il ne veut pas qu'elles restent de simples "numéros", qu'elles tombent dans l'oubli. Et cela commence à payer. Après un an à interpeller Emmanuel Macron, Lionel Petitpas a enfin eu une réponse de la part de l'Elysée, le 4 mars 2021. 

Le Marnais, président de l'association Victimes du Covid-19, demande une audience au président de la République. Il souhaite notamment lui parler de l'instauration d'une journée de deuil national pour les victimes de la pandémie. "Vous pouvez être certain de toute l'attention avec laquelle le Chef de l'Etat a pris connaissance de votre demande réitérée, lui a répondu dans une lettre le chef du cabinet d'Emmanuel Macron. Il ajoute que le Président "a été particulièrement sensible aux raisons guidant [sa] démarche et [lui] a confié le soin de [l’]en remercier vivement". 

Au courrier ce jour la réponse de l'Elysée suite mon courrier du 18 décembre 2020. Force est de constater que cette...

Publiée par Association "Victimes DU COVID 19" sur Vendredi 5 mars 2021

Des "réflexions en cours" à l'Elysée 

"Je puis vous indiquer que des réflexions sont en cours concernant l'instauration d'une journée dédiée à la mémoire de celles et ceux qui ont été emportés par ce fléau", écrit même le chef de cabinet d'Emmanuel Macron. Pour autant, Lionel Petitpas ne veut pas crier trop tôt victoire. Il juge d'ailleurs ce mot un "peu trop fort", et préfère parler de "signal favorable"

"Est-ce à cause du nombre de morts ?" hasarde le président de Victimes du Covid-19. Ce qui est certain, c'est que "quelque chose est en train de se mettre en place". Qui, certes, risque de prendre du temps. Lionel Petitpas avait proposé le 17 mars, jour de l'instauration du premier confinement, comme date de deuil national. Soit dans deux semaines à compter de la réponse de l'Elysée. 

Le retraité se veut réaliste : "Il faut que le Président nous reçoive et prenne une décision rapide. Très honnêtement, je ne pense pas que cela se fera avant l'été ou l'automne, continue-t-il. Mais le principal, c'est que cela se fasse, en espérant que d'ici là le rythme des décès journaliers devienne moins important". 

Redonner de la dignité aux victimes, comme à leur famille

Pour Lionel Petitpas, une journée d'hommage national ne remplacera évidemment pas le travail de deuil que doivent faire les familles. Mais elle pourra "permettre de redonner de la dignité, du respect et de la considération" pour les victimes du Covid-19 et leurs proches. Grâce à cela, "nous pourrons franchir une petite étape" vers la reconstruction.

Car pour lui, le deuil est encore impossible. C'était il y a presque un an. Alors que la première vague de la pandémie frappe durement la France, Lionel Petitpas perd son épouse des suites du virus. Encore aujourd'hui, la colère persiste. Rites funéraires interdits, pas de toilette mortuaire... "Nos proches sont partis comme des pestiférés", déplore-t-il. Il regrette aussi l'absence de soutien psychologique proposé aux familles. 

Ne voulant pas attendre une éventuelle décision de l'Elysée, Lionel Petitpas s'est déjà engagé dans plusieurs projets afin de rendre hommage aux victimes du Covid-19. Son association, d'abord, qui compte 95 adhérents, avec laquelle il offre un espace d'expression aux familles qui veulent honorer leurs proches décédés. Mais le retraité s'est aussi rapproché de la mairie de la ville de Cormontreuil, près de Reims, où il réside. 

"Nous avons le projet avec un artiste local d'installer des 'dalles' dans une allée d'un espace vert, afin d'expliquer la pandémie, mais aussi se projeter vers l'avenir", explique-t-il. Il souhaite aussi porter un autre projet, où un arbre sera planté pour chaque personne décédé des suites du virus à Cormontreuil. Autant d'entreprises pour l'occuper et l'aider à surmonter la perte de sa femme. "Pour autant, ajoute Lionel Petitpas, mon épouse est loin d’être oubliée de mon esprit. C'est impossible".  

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