Mesures anti-covid : le maire de Reims ironise sur l'absence de jauge pour les meetings politiques

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Écrit par Matthieu Mercier

Réagissant sur les réseaux sociaux, le maire de Reims dénonce avec ironie l'absence de jauge pour les meetings politiques alors que les concerts y sont désormais soumis.

Il en a pris l'habitude -comme beaucoup d'autres élus- quand le maire de Reims, Arnaud Robinet (Horizons, proche d'Edouard Philippe) n'est pas d'accord avec une mesure du gouvernement, il le dit rapidement, avec parfois une pointe d'ironie. Ce fut le cas ce mardi 28 décembre.

Suite aux annonces de jauges dans les stades et concerts, nombreux sont ceux qui ont immédiatement pensé aux meetings politiques, non concernés par ces jauges. Arnaud Robinet a exprimé sur Twitter son interrogation. Face à ce qu'il estime être un manque de pédagogique du Gouvernement.

"Suite à une décision municipale et afin d’éviter la propagation virale, à partir du 1er janvier prochain, tous les concerts ou événements sportifs sont renommés meetings politiques".

Nous lui avons posé la question sur le sens de ce tweet viral, qui a été retweeté près de 700 fois en trois heures et liké plus de 2 000 fois. Arnaud Robinet estime qu'il y a eu une "mauvaise pédagogie du Gouvernement hier soir sur la situation. Il aurait dû dire : la constitution indique qu'il n'est pas possible de limiter les jauges lors d'un meeting, par contre je demande aux partis d’être responsables et de limiter à 2 000 personnes, parfois on peut être pragmatique".

Il en va en effet de la liberté d’assister au meeting politique, auxquels ne viennent souvent que les adhérents. Par ailleurs, le Conseil constitutionnel a tranché le 8 novembre sur la question de la présentation du pass sanitaire : il ne peut être exigé pour des activités d’ordre politique. "Les activités politiques et électorales sont soumises à des dispositions spécifiques dans notre droit constitutionnel qui leur assurent (...) une protection encore plus forte", a expliqué le Premier ministre. 

De l'humour

"Mais vu la situation, cela aurait dû être précisé plus clairement", juge le maire de Reims. Quant à ce tweet, réalisé alors que ce matin, juste avant l'accueil de la secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de l'Engagement, Sarah El Haïry, au centre de vaccination René Tys à Reims, "c'était de de l’humour, j’espère que ce sera dit, les partis doivent être responsables, j'espère que le gouvernement, le dira clairement".

Cette réaction rapide qui fait suite à celles de nombreux artistes sur les réseaux sociaux étonne le politologue rémois Olivier Dupéron. "C’était surprenant de voir le maire de Reims réagit sur ce thème. Même si c’est de l’humour, c’est en porte à faux avec sa famille politique, plus mesurée et qui ne plaisante pas avec ces sujets. Dans les derniers mois il a d'ailleurs pris des mesures pour la ville de limitation des manifestations, il n’a pas été le dernier sur ce créneau".

Proche des milieux culturels

L'observateur politique décrit un élu qui n'hésite pas à casser l’image de la droite. "Tout en se montrant proche de la culture et de la jeunesse avec sa volonté d'ouvrir le débat sur la légalisation de la vente du cannabis est aussi en rupture. Dans le contexte de Reims capitale européenne de la culture cela peut être un clin d’oeil aux artistes. Mais quand on est responsable politique de haut niveau, on ne publie pas un tweet sans motivation. Il entretient cette image à la fois de droite et qui n’hésite pas à être en rupture. En proximité avec des milieux culturels plutôt estampillés à gauche.  Il a dû sentir aussi cette contradiction". 

Face à ces incompréhensions et questions sur le sujet, le Gouvernement a annoncé qu'une commission sur l'organisation de l'élection présidentielle serait "sans doute" réunie par le ministre de l'Intérieur, en présence de toutes les formations politiques. Le Covid n'a pas dit son dernier mot dans cette campagne qui entre en 2022 dans sa phase plus concrète avant le premier tour fixé au 10 avril.