Régionales 2021 dans le Grand Est : pourquoi le maire de Reims, Arnaud Robinet veut devenir conseiller régional

Jean Rottner, le président sortant (LR) de la région Grand Est était dans la Marne ce vendredi 7 mais 2021. Il a présenté ses candidats marnais. Tout en haut de la liste : le maire de Reims, Arnaud Robinet. 

Arnaud Robinet, le maire de Reims conduit la liste de Jean Rottner (LR) dans la Marne aux élections régionales.
Arnaud Robinet, le maire de Reims conduit la liste de Jean Rottner (LR) dans la Marne aux élections régionales. © Eric Normand - France TV

Jean Rottner poursuit son tour de la région Grand Est où il dévoile petit à petit les 189 noms qui composent sa liste. Le président sortant (LR) était dans la Marne ce vendredi 7 mai, plus précisément à Hautvillers pour présenter ses candidats marnais. 

C'est bien Arnaud Robinet qui va mener la liste lors des élections régionales de juin dans le département. Le maire de Reims a finalement répondu favorablement à Jean Rottner dont la stratégie est de s’appuyer sur des personnalités locales connues. Arnaud Robinet, tête d’affiche de la droite et du centre, l'idée a rapidement fait consensus. Mais encore fallait-il qu'il accepte ! Devenir vice-président de la Région, tout en conservant son écharpe de maire, c'est tout de même un risque politique qui pourrait brouiller son image de maire proche des citoyens rémois. 

Sans oublier ses ambitions nationales ... Qu'adviendrait-il s'il était appelé dans un futur gouvernement après les élections présidentielles 2022 ? En attendant, Arnaud Robinet a répondu aux questions de France 3 Champagne-Ardenne. 

 

Pourquoi vous lancez vous dans l'aventure des élections régionales ?

J'ai beaucoup réfléchi, j'ai beaucoup échangé avec Jean Rottner et échangé également avec les élus de la majorité de mon conseil municipal, mais aussi avec mes partenaires du Grand Reims. Il s'agissait de savoir s'il était important ou non que le maire de Reims s'engage dans cette aventure et dans ce challenge. Fallait-il être simple observateur ou carrément être acteur. Depuis 2014, je défends que Reims et le département de la Marne sont le pôle d'équilibre de notre région. Nous sommes la porte d'entrée ouest de cette région et donc j'ai décidé, après échange avec Jean Rottner, qui me fait aussi confiance de m'engager pour réaffirmer la place de la Marne au sein du Grand Est.

Reims et la Marne doivent participer à la construction de cette région en travaillant tous main dans la main, notamment avec mon collègue Boris Ravignon, tête de liste dans les Ardennes, mais également avec l'Aube, la Haute-Marne et bien sûr nos amis Lorrains et Alsaciens. Je crois qu'on a une belle page à écrire ensemble.

 

Si vous êtes élu conseiller régional, vous allez avoir un mandat supplémentaire. Quand on est maire, n'est-ce pas trop d'autant que vous aviez dit ne vouloir vous consacrer qu'à Reims ?

Vous savez, lors du mandat précédent de 2014 à 2017, j'étais Député-Maire, je passais 3 jours par semaine à Paris pour assumer mes fonctions de député. Je crois que je n'ai pas manqué à mes obligations et que j'ai tenu ma promesse et mes engagements vis-à-vis des rémoises et des rémois. J'avais dit clairement dès 2014, que je ne me représenterai pas à la députation pour la fin de mon premier mandat. Promesse tenue.  

D'ailleurs, être conseiller régional, c'est avoir un mandat local. C'est complémentaire de celui de maire ou d'élu municipal parce que il y a une interdépendance extrêmement forte entre la région, la commune et, je dirais les EPCI. Tous les projets que nous menons à Reims sont soutenus, cofinancés avec la région Grand Est. Et si nous voulons que Reims et que la Marne, dans leur globalité pèsent encore plus au sein de la région, et bien je pense qu'il faut se présenter. 

 

Vous êtes là parce que la stratégie de Jean Rottner est d'avoir des têtes d'affiche connues localement ?

Connu, je ne sais pas. En tout cas, il voulait des maires. Et c'est aussi ce qui a fait pencher ma décision. J'ai échangé avec Boris Ravignon, mon collègue et ami maire de Charleville-Mézières. C'est aussi peut-être l'opportunité pour nous, maire de Charleville et maire de Reims, de belles aventures communes et de montrer que l'ex-région Champagne-Ardenne existe bel et bien et qu'elle pèse. Cela a favorisé ma réflexion vers une candidature.

 

Jean Rottner part sous la bannière LR. Quel est votre regard par rapport à ce qu'il se passe actuellement au sein du parti, notamment dans la région PACA ?

Je suis triste, véritablement triste. Je considère que Paris n'a pas à s'occuper des élections locales. Moi je suis un homme libre. Ma liste aux municipales, je l'ai construite moi-même sans avoir besoin de qui que ce soit et surtout pas d'ordres de Paris. Au niveau régional, c'est la même chose. Ce qui m'intéresse, c'est le territoire, c'est le local. Malheureusement, certains veulent utiliser ces régionales comme des tremplins au niveau national. Pendant cette campagne, je crois que ce n'est vraiment pas le sujet, ni le moment pour parler de la présidentielle 2022.

C'est cette sortie de crise que nous venons de traverser. Elle n'est pas encore terminée et les collectivités sont toujours mobilisés. Avec un seul objectif, celui de l'intérêt général, au service de notre territoire et de nos concitoyens.

 

Etes-vous choqué par des alliances LR et LREM même si ce n'est pas le cas dans celle de Jean Rottner?

Prenons l'exemple de ma liste aux dernières municipales parce que je la connais bien ! J'avais dans ma liste des gens issus de diverses formations politiques ou diverses sensibilités. Ce qui compte, je le redis, c'est l'intérêt général et l'engagement que l'on porte et le dynamisme que l'on met pour servir un territoire. Aujourd'hui, c'est très clair. Il y a des gens de droite, des radicaux, un pôle centriste, des gens de la société civile. Nous faisons une team, une équipe et nous sommes plus forts ensemble. Et la majorité municipale de Reims est derrière Jean Rottner parce que nous croyons dans cette région Grand-Est.

 

Cela vous intéresse vraiment un rôle à l'échelle de la région ? L'année dernière, pensiez-vous que vous seriez candidat au conseil régional ? Ou est-ce de l'opportunisme ?

Mon engagement régional ne date pas d'il y a quelques semaines ou quelques jours. Ça fait depuis un an qu'on échange sur le sujet. J'ai souvent au téléphone des élus régionaux. Ils me consultaient aussi bien au niveau politique qu'au niveau des projets que nous portons sur Reims et sur son territoire. Donc oui, la région, ce sont des compétences qui m'intéressent, c'est 3,5 milliards d'euros de budget, avec des compétences économiques mais aussi pour l'enseignement supérieur : l'université de Reims- Champagne-Ardenne, sa reconstruction, le projet campus 3 point 0. La région est un partenaire qui intéresse le local que je suis.

 

Les candidats dans la Marne

Voici la liste menée par Arnaud Robinet (maire de Reims, tête de liste) 

- Béatrice Moreau (agricultrice, présidente de la chambre d’agriculture de la Marne) 

- Franck Leroy (maire d’Épernay, vice-président de la région Grand Est) 

- Martine Lizola (adjointe au maire de Châlons-en-Champagne) 

- Cédric Chevalier (maire de Saint-Léonard) 

- Véronique Marchet (adjointe au maire de Reims) 

- Jacky Desbrosses (président de la Fédération régionale des chasseurs du Grand Est) 

- Florence Marcoult (viticultrice) 

- Thibaut Duchêne (conseiller municipal de Vitry-le-François) 

- Myriam Ricarde (maire d’Épense) 

- Romain Bonhomme (maire de Beine-Nauroy) 

- Élise Desmoulins (juriste) 

- Dominique Babé (viticulteur) 

- Karine Bonne (conseillère municipale de Châlons-en-Champagne) 

- Cédric Morizot (commerçant) 

- Caroline Frémy (Maire de Givry-les-Loisy) 

- Guillaume Boade ( éducateur spécialisé) 

- Marie Lech (vice-présidente ligue Grand Est des sports de glace) 

- Jean Notat (maire de Châtrices).

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
région grand est politique élections régionales 2021 élections