Reims : 13 voitures calcinées, des pompiers et des policiers pris dans un guet-apens

Dans la nuit de dimanche 16 à lundi 17 août, de violentes tensions ont agité le quartier des Hauts de Murigny à Reims (Marne). Les pompiers sont intervenus sous escorte policière. Des jeunes ont tiré des mortiers en direction des forces de l'ordre. 
Des voitures ont été complètement brûlées à la suite d'émeutes dans le quartier Croix-Rouge de Reims
Des voitures ont été complètement brûlées à la suite d'émeutes dans le quartier Croix-Rouge de Reims © Vincent Thollet - FTV
La nuit de dimanche 16 à lundi 17 août a été particulièrement agitée dans le quartier des Hauts de Murigny à Reims. Devant la carcasse de sa voiture, une habitante constate tristement les dégâts. "C'est le dernier achat que j'avais eu de mon mari qui est décédé. C'est la seule chose qui me restait. Maintenant, elle est détruite", déplore-t-elle en faisant part de sa "frustration" et de sa "colère".

Au total, 13 voitures ont été détruites par les flammes. Un peu plus loin, d'autres ont eu les vitres brisées. "J'entendais des jeunes qui disaient 'vas-y, mets le feu, allume'", témoigne une habitante. Et lorsque les pompiers arrivent sur place, escortés par une équipe de la police, leurs véhicules sont attaqués par des tirs de mortiers lancés par des individus cagoulés.
 

Une scène surréaliste à laquelle ont assisté de nombreux habitants, depuis chez eux, encore choqués par ces "véritables émeutes urbaines", selon les termes d'un résident. Lorsqu'il a vu les flammes, un autre a voulu sauver son véhicule : "Je suis descendu, j'ai décalé la voiture comme je pouvais. Puis on a été se loger chez la famille. On ne pouvait pas rester ici." Mais certains n'ont pu qu'assister impuissants à la scène. "Moi, je ne suis pas descendue, c'est trop risqué", confie une habitante.
 
Les dégâts sont considérables.
Les dégâts sont considérables. © Vincent Thollet - FTV

 

"C'est catastrophique. On n'a jamais vu ça dans le quartier"

Rassemblés devant les carcasses des voitures, ce lundi matin, les habitants du quartier n'en reviennent pas. "C'est la première fois que ça arrive ici, c'est du n'importe quoi. Je crains pour ma voiture. Je n'ai pas de garage", témoigne l'une d'entre elles. Une autre renchérit : "Ça m'inspire de la désolation, c'est catastrophique. On n'a jamais vu ça dans le quartier. C'est de pire en pire. Ça fait très peur. Il est temps de faire quelque chose, que les pouvoirs publics ouvrent les yeux et que la police fasse en sorte que les riverains vivent chez eux en toute sécurité."
 
À la suite de ces événements, une réunion s'est tenue ce lundi 17 août "pour faire revenir le calme" dans ce quartier classé zone de sécurité prioritaire (ZSP) depuis six ans, affirme Xavier Albertini, adjoint au maire en charge de la Sécurité. "Des effectifs de force mobile" (un escadron de CRS) vont être mobilisés par la préfecture "pour que le calme revienne le plus vite possible", affirme M. Albertini. Ces renforts seront en place dès le 17 août au soir, et pour au moins 72 heures. La mairie souhaiterait que ces effectifs restent plus longtemps sur place. "Ces violences pourrait avoir un lien avec des interpellations qui se sont faites 48 heures avant ces incidents," ajoute Xavier Albertini

En effet, ces violences se produisent alors que samedi 15 août, un trafiquant présumé de stupéfiant a été interpellé dans le quartier Wilson. Il s'agirait donc bien d'un "guet-apens" selon la mairie.
 

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
violence faits divers incendie police société sécurité pompiers