Reims : avec ses interventions scolaires, le festival Méli'Mômes offre une "bouffée d'air" aux élèves et aux enseignants

Avec la crise sanitaire, seules les interventions en milieu scolaire du festival de Reims, Méli'Mômes, sont maintenues. "Il y a un manque, on n'a jamais été aussi bienvenus", raconte son fondateur Joël Simon.

Avec la crise sanitaire, seules les interventions scolaires ont pu avoir lieu dans le cadre du festival Méli Mômes / Mars 2021
Avec la crise sanitaire, seules les interventions scolaires ont pu avoir lieu dans le cadre du festival Méli Mômes / Mars 2021 © Nova-Villa

Cela fait 32 ans qu'il se tient à Reims. Le festival Méli'Mômes n'a été annulé qu'une seule fois : en 2020 à cause de la crise sanitaire. Pour cette édition 2021, Joël Simon et son équipe ont dû totalement se réinventer. Magazine, communication en ligne, newsletter ou encore webinaires... Seules les interventions scolaires ont pu se tenir dans les classes, avec des comédiens présents physiquement. Sauf si Emmanuel Macron annonce une fermeture des écoles ce mercredi 31 mars lors de son allocution télévisée, ces interventions devraient se poursuivre jusqu'au 10 avril à Reims. Les éditions en ligne seront maintenues, d'ailleurs, ce mercredi 31 mars se tient un webinaire Shell Shock à 18h30, sur les conséquences psychologiques que vivent les reporters de guerre (pour en savoir plus, cliquez sur ce lien). Rencontre avec Joël Simon, le directeur du festival.

France 3 Champagne-Ardenne : Après 32 ans d'organisation du festival Méli'Môme, comment vous êtes-vous réinventés ?

Joël Simon : Cette année, ça a été compliqué, mais nous proposons une version totalement réinventée à cause de la fermeture des salles de spectacle. Nous avons élaboré un magazine que nous avons diffusé dans notre réseau et à nos écoles partenaires. Nous avons également demandé à une psychologue de Saint-Nazaire, Cécile El Mehdi, de nous écrire une lettre pour nous rappeler combien l'art, que ce soit le spectacle vivant ou la lecture, était important pour l'enfant. 

L'important pour nous cette année, c'est surtout de communiquer. Nous avons fabriqué des cartes dans lesquelles nous rappelons l'importance de l'art et de la culture. Dans le magazine, nous rappelons cette phrase qui compte beaucoup à nos yeux : "Pour l'enfant en marche vers le monde, l'art du spectacle est tout simplement source de vie."  

Nous nous sommes également réinventés en proposant des spectacles dans les classes, en milieu scolaire, car c'est le seul endroit où c'est autorisé. Il y a 400 adolescents qui ont pu rencontrer le spectacle cette semaine, et même si ce n'est pas assez, nous sommes heureux qu'ils puissent le faire.

Et ce, malgré le contexte sanitaire et le risque que cela peut représenter d'accueillir des personnes extérieures à l'établissement ? 

J.S : Il y a une demande très importante de la part des enseignants. Ils sont partie prenante dans ces projets. Ils sont tous en manque de spectacle et de culture. Elèves comme enseignants. C'est la troisième fois que nous intervenons dans des classes, et nous sommes toujours les bienvenus. Il y a beaucoup d'enseignants qui en ont marre de ne plus avoir ces sorties, qui sont des bouffées d'oxygène et qui permettent de réfléchir.

Aujourd'hui, la priorité, (même si nous y sommes toujours très sensibles), ce n'est même plus d'apporter le spectacle dans des milieux qui n'y ont pas accès. On n'en est même plus là. C'est tout simplement d'apporter la bouffée d'air pur qu'apporte un spectacle.

Vous sentez qu'il y a un manque très fort de la part des élèves et des enseignants ?

J.S : Enorme. Ce manque est tout simplement énorme. Nous sommes les bienvenus comme jamais. Des chefs d'établissement sont venus nous saluer, nous remercient, ce qui est très rare. D'habitude, ils sont plus occupés. Cette année, les chefs d'établissements se sont déplacés pour nous dire merci. C'est un signe. 

Qu'est-ce qui vous manque le plus cette année ?

J.S. : Il y a deux choses : c'est de voir des créations et des spectacles, mais aussi de voir le public. Le plus important, c'est la rencontre des oeuvres avec le public. Je suis redevenu militant comme je l'étais il y a 30 ans. Un militant du spectacle destiné au jeune public, car je défends l'idée que les enfants doivent rencontrer les oeuvres (les tableaux, le spectacle vivant, la lecture) pour réfléchir et ressentir des émotions. 

Le partage est essentiel. Durant un spectacle, vous êtes avec d'autres personnes et vous partagez également avec les artistes qui sont sur scène. C'est très important, qu'il y ait ce partage entre les artistes et le public et entre le public et les artistes. C'est ce qui me manque aujourd'hui.

 

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