Reims : des étudiants soupçonnent des actes de sabotage de leurs voitures sur les parkings de l'université

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Depuis quelques jours, de nombreux étudiants ont constaté des problèmes anormaux sur leur véhicules. Plusieurs ont d'ailleurs failli avoir un accident. Ils soupçonnent des actes de sabotage sur les parkings du campus Croix-Rouge à Reims. Sept plaintes ont été déposées.

"Je sortais de l’autoroute, pour rentrer chez moi. J’ai abordé un rond-point, et alors que j’étais en train de tourner, j’ai complètement perdu le contrôle du volant. J’ai essayé de freiner, mais cela ne fonctionnait pas bien". Cette grosse frayeur, c’est Axelle Beaudon et son frère qui l’ont vécue ce lundi 26 septembre alors qu’ils rentraient chez eux après une journée à l’université de Reims. "Je n'ai pas d'autre solution que de venir en voiture à la fac, poursuit Axelle Beaudon. Je me gare donc toujours sur les parkings étudiants à Croix-Rouge, ou sur le boulevard quand il n'y a plus de place."

Pour l'étudiante en première année de droit, l’incident aurait pu s’arrêter là. Mais le lendemain soir, alors qu'elle consulte les réseaux sociaux, elle tombe sur plusieurs témoignages d’étudiants à qui il est arrivé à peu près la même chose : perte de contrôle du véhicule, freins qui lâchent, odeur de brûlé.  "C’est là que j’ai compris qu’il s’agissait peut-être de sabotage. Je vais en parler à la fac, parce que je pense que plus on en parle, plus cela risque de faire bouger les choses, mais je n’ai pas encore porté plainte."

Sept plaintes à Reims

D’autres étudiants ont quant à eux franchi le pas. Le commissariat de Reims compte désormais sept plaintes déposées, ayant les mêmes caractéristiques. Dans la plupart des cas, les étudiants affirment avoir laissé leur véhicule, en journée, sur l'un des parkings qui leur sont réservés sur le site de l’université, quartier Croix-Rouge.

Pour Juliette Hermann, c'est arrivé entre midi et quatorze heures, le 27 septembre, lors de sa pause repas. Peu de temps après avoir récupéré sa voiture, les désagréments s'enchaînent : perte du contrôle du volant, freinage "bizarre", gros bruits et odeur de brûlé. Très vite, elle aussi apprend qu'elle n'est pas la seule. "On a demandé à regarder les caméras de sécurité, raconte-t-elle. Mais l’université nous a dit que seule la police était habilitée à visionner les images de vidéosurveillance, et qu’il fallait donc porter plainte. C’est ce que nous avons fait le jour même, avec une camarade de classe qui a été victime de la même chose que moi."

Les deux jeunes femmes décident ensuite de communiquer sur les réseaux sociaux la procédure à suivre pour ceux à qui cela arriverait : porter plainte et notifier la faculté de l'incident. 

Renforcer les rondes

Du côté des instances de l'université, on rappelle que tous les services sont mobilisés pour accompagner les étudiants dans les différentes démarches qu'ils pourraient être amenés à effectuer. Les victimes de dégradations sont aussi invitées à signaler le moindre incident à la faculté et à aller porter plainte pour "laisser des traces écrites". Christophe Clément, vice-président de l'URCA, assure aussi vouloir renforcer dans les jours qui viennent la sécurité du campus Croix-Rouge.

Il y a une société de surveillance qui assure un suivi en permanence, avec des rondiers qui tournent en continu. Nous allons leur demander de renforcer ce dispositif en augmentant la fréquence des rondes sur l’ensemble des parkings et des bâtiments.

Christophe Clément, vice-président de l'URCA

Le vice-président encourage aussi les étudiants à faire preuve de la plus grande prudence lorsqu'ils reprennent leurs véhicules après leurs cours. "Là, nous ne sommes pas sur des dégradations qui se voient, nous sommes sur des dégradations sur le fonctionnement des véhicules, poursuit Christophe Clément, et c’est ça qui est surprenant, mais aussi dangereux". 

Parmi les victimes que nous avons contactées, toutes espèrent que l'exploitation des images de vidéosurveillance et les expertises menées sur les véhicules permettent d'expliquer ces incidents, et que, le cas échéant, le ou les auteurs des faits soient identifiés.

La dépanneuse est venue chercher la voiture de Juliette Hermann ce jeudi 28 septembre. Elle n'a pas osé la reprendre depuis les faits. Quant à Axelle Beaudon, elle s'en sert encore tous les jours : elle n'a pas d'autre solution pour se rendre à la fac depuis Vouziers, où elle habite.

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