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Reims: l'école de police attire toujours

Pauline, Alex et Inès sont élèves à l'école de police de Reims / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne
Pauline, Alex et Inès sont élèves à l'école de police de Reims / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne

Qu'ils soient futurs gardiens de la paix, adjoints de sécurité ou cadets de la république, les élèves de l'école de police de Reims seront diplômés ce vendredi 30 août. Comme Alex, Pauline et Inès, ils sont plus de 20 000 à s'inscrire au concours d'entrée chaque année.

Par Florence Morel

Les lourdes semelles noires s'écrasent sur le sol, telles des métronomes. Parfaitement alignés, les élèves gardiens de la paix, adjoints de sécurité et cadets de la république de l'école de police de Reims répètent avant la cérémonie des diplômes, qui aura lieu ce vendredi 30 août.

Comme eux, cela fait plus de deux ans qu'ils sont plus de 20 000 inscrits aux concours de police : 24 000 en 2018, 28 000 en 2017. "On a eu un boum de candidatures après les attentats", explique Jean-Yves, commissaire divisionnaire, à la tête de l'école de police de Reims.
 
Depuis 2017, les inscriptions au concours de l'école de police augmentent / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne
Depuis 2017, les inscriptions au concours de l'école de police augmentent / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne

Tous ont appris à marcher au pas. Bras droit tendu, jambe gauche en rythme. Une discipline qui a séduit Alex, Pauline et Inès, tous trois élèves à l'école de police rémoise. A 22 ans, Alex a en poche une licence d'éco-gestion et un master. Pour les gardiens de la paix, seul le niveau bac ou équivalent est requis, mais Alex ne se voyait pas commencer dans la police au grade de lieutenant.

Il est important de voir ce qu'est le terrain, quitte à évoluer par la suite. Je voulais des missions d'intervention, aider les autres, représenter les valeurs de la république et me sentir utile au quotidien.
- Alex, élève à l'école de police de Reims.

Arrivé 19ème au niveau national, le Meusien a choisi la police secours d'Avignon pour son premier poste. "L'essence même du métier", assure le futur diplômé. Il sera au premier niveau d'intervention lorsque quelqu'un sollicitera le 17 au beau milieu de la nuit.

"Sécurité, défense et fonction publique"

A ses côtés, Inès et Pauline se tiennent droites comme des I. Les deux cadettes de la république sont quasi rodées à l'exercice. Les deux Marnaises sont déjà apparues devant les caméras du Parisien et de BFM en marge du défilé du 14 juillet. Une expérience marquante pour celles qui aspirent à devenir des agents de la police nationale.

C'était une fierté. Le plus difficile, c'est la marche synchronisée, le balancé de bras… une fois qu'on est rodées c'est bon. Le jour J, j'étais tellement concentrée… comme dans une bulle ! Tout est passé très vite.
- Inès, cadette de la république.


Pourtant, Inès et Pauline ont passé plus de trois heures sur les fameux Champs-Elysées, sans compter les quinze jours de formation début juillet, afin de roder tout le petit monde. "Il faisait très chaud, c'était très intense", se souviennent-elles en chœur. C'était une super expérience. "En étant mélangée avec les commissaires, les lieutenants et les légionnaires, j'ai pu avoir des échanges", renchérit Inès, presque nostalgique.

Seul bémol, des gilets jaunes les ont sifflées lors du précieux moment. "Cela m'a fait de la peine sur le moment, concède Inès dans une moue. Je ne vois pas ce qu'ils nous reprochent, on n'est même pas diplômés, on n'y est pour rien dans ce qui a été fait." Et Pauline de souligner : "C'est un manque de respect."

Une défiance envers l'uniforme qui n'a pas effrayé les trois élèves. Tous ont intégré la police avec l'envie de "défendre les valeurs de la république", par amour de l'ordre et de la sécurité. Pour Pauline, c'est presque une histoire familiale. "Mon père voulait être gendarme étant plus jeune, mais à l'époque, il lui manquait quelques centimètres. Aujourd'hui, il est très fier de moi", raconte-t-elle avec le sourire. 

Quand on aborde les difficultés des derniers mois, les trois élèves se crispent légèrement. Tous ont leur avis sur la question, "mais on ne peut pas le révéler", droit de réserve oblige. Concernant l'affaire Steve à Nantes par exemple, Alex soutient, imperturbable : "On sait dans quoi on s'est engagés, qu'on ne sera pas toujours accueillis les bras ouverts." 

Gardien de la paix, adjoint de sécurité et cadet de la république, trois fonctions pour une vocation

Les gardiens de la paix, les adjoints de sécurité (ADS) et les cadets de la république étudient au même endroit mais ils n'exercent pas les mêmes fonctions. 

Les ADS et cadets aident les gardiens de la paix dans leurs missions quotidiennes. S'ils réussissent le concours d'entrée, ils pourront devenir à leur tour fonctionnaires de la police nationale. Le concours s'étale sur un an, requiert un niveau bac ou équivalent et la formation dure un an également. L'école de police de Reims a formé 31 policiers à la rentrée 2018.

Les ADS ont une formation de 12 semaines. Ils sont contractuels et pourront passer le concours interne de gardien de la paix. La limite d'âge est de 30 ans. 

Les cadets de la république aussi sont amenés à passer le concours. Contrairement aux ADS, ils ont des plages horaires dédiées à sa préparation. Ils ont également une remise à niveau scolaire au lycée Joliot-Curie à Reims. Leur formation dure un an.

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