Reims : les salariés de Trëma, transporteur de personnes handicapées, reconduisent la grève pour le 4e jour consécutif

Un mouvement de grève reconductible a débuté ce mardi 27 avril au sein du service Trëma, spécialisé dans le transport de personnnes handicapées dans le Grand Reims. 250 transports avaient été annulés. La grève est reconduite ce vendredi 30 avril, avec toujours, de fortes perturbations à prévoir.

Les salariés de Trëma réunis ce mardi 27 avril à Tinqueux près de Reims.
Les salariés de Trëma réunis ce mardi 27 avril à Tinqueux près de Reims. © Frédéric Michel

Ce jeudi 29 avril, les salariés de l'entreprise de transports de personnes handicapées à la demande, Trëma, qui officie sur l'agglomération rémoise, ont décidé de reconduire la grève qu'ils mènent depuis le mardi 27 avril. Ils entameront donc ce vendredi 30 avril leur quatrième jour de grève, voté à l'unanimité en assemblée générale. 23 chauffeurs sont grévistes sur 28. 

Reçus ce jeudi par Catherine Vautrin, présidente (LR) du Grand Reims, ils ont pu exprimer leurs revendications et le ras-le-bol qui se fait ressentir. Ils attendent que se débloquent également des négociations avec le groupe qui les emploie, basé dans l'Oise.

Les salariés du site de Reims parlent de dégradation de leurs conditions de travail, après la reprise de l'entreprise, il y a deux ans, par un nouveau prestataire, Lucky Star. "Une entreprise résolument tournée vers le handicap et entièrement dédiée à la mobilité des personnes sensibles, en situation de handicap et à mobilité réduite.
 

Une dette pointée du doigt

Depuis le 1er janvier 2019, le Grand Reims a changé de prestataire, mais les salariés ne s'y retrouvent pas. "On a alerté les élus du Grand Reims, mais pour l'instant, personne ne nous répond. On manque de moyens, pour vous dire, le directeur est obligé d'acheter les fournitures dans des magasins de déstockage", affirme Frédéric Michel, syndicaliste. Selon lui, il resterait trois ans d’apurement de dettes pour ce groupe. "C’est insupportable de travailler pour rembourser des dettes. on transporte des personnes à mobilité réduite".

Contacté, le groupe Lucky Star répond par un communiqué. "Lors des négociations annuelles obligatoires, un désaccord s’est fait jour entre les revendications salariales de la CGT et les propositions de la direction des Transports Adaptés de la Marne (TAM), entreprise titulaire du service de transport des personnes en situation de handicap Trëma. Malgré une revalorisation de la masse salariale de plus de 4%, proposée par la direction, une partie du personnel a décidé de se mettre en grève à compter du 27 avril 2021. Durant cette période, les équipes non-grévistes assurent en priorité les déplacements pour motif de santé et de travail, en fonction des disponibilités. Nous présentons nos excuses à tous nos usagers pour les difficultés générées par cette situation", précise Loïc Baudry, côté direction de Trëma.

Les salariés eux veulent être écoutés, obtenir plus de moyens, et "on demande que l’argent du Grand Reims serve au service, pas à rembourser la dette".

Une discussion avec le Grand Reims est ouverte

Les salariés de Trëma ont donc été reçus par le Grand Reims ce jeudi. Contactée mardi dernier, la présidente du Grand Reims, Catherine Vautrin précisait que ce contrat avec Lucky Star est "un marché, d’une durée de quatre ans, qu'ils l’ont obtenu en 2019. On va le relancer en 2021 pour 2023. Leur sujet, c’est la négociation salariale. Ce que l’on sait, c’est que Trëma subit une baisse d’activité liée au confinement, il y a moins de courses. Trëma transporte des gens vers des activités de loisirs. Ce service a un contrat avec la ville de Reims qui l’oblige. Il y a un marché public avec des règles, ils ont obtenu le marché et il n’a pas été cassé. Il n’y a pas de difficulté. L’élément important, c’est de savoir qu’on va relancer le marché. On va ouvrir une discussion. En revanche, le sujet des négociations salariales est interne à Lucky Star".

Ce service de transport adapté de la Marne, Trëma, propose des transports collectifs "en porte à porte et à la demande, réalisé par des professionnels de l'accompagnement de personnes en situation de handicap, financé par la Communauté Urbaine du Grand Reims". Le service fonctionne tous les jours de 6h à minuit trente, sur 16 communes du territoire. Le réseau Citura propose également des solutions de transports adaptés sur certaines lignes, précise le site internet dédié.

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