Reims : à leur tour, les médecins libéraux disent NON à la réforme des retraites

A l'appel de la coordination 51 des médecins, soutenue par l'Union Française pour une Médecine Libre Syndicat, une centaine de médecins libéraux ont protesté à Reims contre la réforme des retraites. / © Marie-Line Fournier
A l'appel de la coordination 51 des médecins, soutenue par l'Union Française pour une Médecine Libre Syndicat, une centaine de médecins libéraux ont protesté à Reims contre la réforme des retraites. / © Marie-Line Fournier

Ce lundi 3 février, les médecins libéraux marnais ont manifesté devant la sous-préfecture de Reims. Ils entendaient protester contre le projet de réforme des retraites et l'ingérence de l'Etat dans l'exercice de leur profession.

Par Marie-Line Fournier

Si la réforme devait s'appliquer, les médecins devraient travailler jusqu'à 72 ans, contre 67 aujourd'hui. Leur caisse autonome ne leur verserait plus que 1.500 à 2.000 euros par mois, contre 2.500 actuellement. Si l'on y ajoute la hausse des cotisations, qui devrait passer de 12 à 28%, on comprend que le projet de réforme a du mal à passer. Le Dr Thierry Vermeersch témoigne. 


"J'ai voulu faire médecine à l'âge de cinq ans. C'était une vocation, et m'installer à la campagne était une évidence car c'est là qu'on est le plus proche de ses patients". Thierry Vermeersch a 54 ans, et depuis 25 ans il exerce dans le cabinet pluri-professionnel d'Avize, à 43 kilomètres de Reims. Ce cabinet qui réunit cinq généralistes, deux dentistes, un kinésithérapeute et trois infirmières ne perçoit aucune subvention de l'Etat. Le Dr Vermeersch travaille quelque 50 heures par semaine. Un temps qu'il partage entre son cabinet et l'Université de Reims où il enseigne. Si la réforme s'applique, le généraliste redoute que les jeunes médecins n'aient plus envie de venir s'installer à la campagne. "A l'heure où l'on dénonce la désertification médicale, cette réforme poussera les jeunes médecins à se tourner vers le salariat. La désertification va s'intensifier."
 
Vice-président de l'Union Française pour une Médecine Libre Syndicat, Dr Thierry Vermeersch . / © Marie-Line Fournier
Vice-président de l'Union Française pour une Médecine Libre Syndicat, Dr Thierry Vermeersch . / © Marie-Line Fournier

 


Le malaise atteint toute la profession

"Que des cabinets médicaux soient fermés, c'est presqu'inédit. La dernière mobilisation remonte à 2015, au moment de la mise en place de la loi Touraine qui amenait déjà de plus en plus de contraintes administratives et réduisait notre liberté," indique Thierry Vermeersch. "Actuellement, on assiste à la casse de notre système de santé." ajoute-t-il. "Mille deux cent chefs de service ont démissionné, mais il n'y a aucune réaction de nos dirigeants.Je veux rester un médecin libre. Je ne veux pas que l'Etat me dise comment soigner mes patients. Notre caisse autonome est bénéficiaire de plus de 7 milliards d'euros,et elle devrait rester à l'équilibre jusqu'en 2069, mais si  l'Etat en reprend la gestion, on prévoit qu'elle sera en cessation de paiement en 2030."
 

L'ingérence de l'Etat

Le Dr Vermeersch qui est vice-président de l'Union Française pour une Médecine Libre Syndicat déplore l'ingérence de l'Etat dans son exercice quotidien de la médecine. Pour autant, il ne regrette pas son choix professionnel. Il a deux enfants qui se préparent à prêter le serment d'Hyppocrate. Il espère qu'ils pourront exercer leur métier dans de bonnes conditions.


 

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