Marne : policier mis en examen après le match Reims-Bastia, la décision mise en délibéré

La cour d'appel de la Marne rendra sa décision cet été. Le policier qui  avait été mis en examen pour des faits de violence ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, à l'encontre d'un supporter corse, devra patienter pour savoir s'il est renvoyé devant une cour d'assises.   

L'audience s'est ouverte ce matin , à 9 heures, à la Cour d'Appel de Reims.
L'audience s'est ouverte ce matin , à 9 heures, à la Cour d'Appel de Reims. © Clément Pravaz FTV.

Les faits remontent au 13 février 2016. Ce soir-là, au stade Auguste Delaune, dans le cadre d'un match de football de Ligue 1, l'équipe de Reims affronte celle de Bastia. L'ambiance est tendue pendant le match, et aujourd'hui encore, ce sont les faits qui se sont déroulés, à l'issue de la rencontre qui font l'actualité.

Il est un peu plus de 22 heures 30, ce 13 février 2016, quand un groupe de supporters bastiais se retrouvent au centre-ville, provoquant des incidents qui nécessitent l'intervention des forces de police. Durant des affrontements avec les forces de l'ordre, un jeune supporter corse, Maxime Beux, est gravement blessé à l'œil gauche.

Depuis le déroulement des faits, deux versions s'affrontent. Le jeune supporter affirme avoir été frappé, avec une matraque. Le policier indique que Maxime Beux a chuté sur un poteau, alors qu'il était poursuivi et avait reçu un coup, à l'épaule gauche, à l'angle du Cours Langlet et de la rue des Elus, à quelques mètres du tribunal de Grande Instance, au centre-ville de Reims, dans la Marne.

L'audience s'est déroulée sans public.
L'audience s'est déroulée sans public. © Clément Pravaz FTV.


L'audience reportée

Dès sa mise en examen, en novembre 2018, le policier Christophe M. a contesté la décision du juge d'instruction. La Chambre d'instruction de la cour d'appel aurait dû se prononcer le 25 mars dernier, mais les avocats du policier de la BAC, Me Amoura et Me Brazy, avaient demandé un renvoi pour pouvoir préparer la défense de leur client. L'audience n'était pas ouverte au public. Ce matin, ni le policier, ni le supporter n'étaient présents. Ils étaient représentés par leurs avocats. Après plus de trois heures d'audience, ceux-ci se sont exprimés devant les journalistes.

Au regard des critères de la loi, qui sont très stricts, l'acte doit être proportionné et rendu absolument nécessaire, ce qui n'est pas le cas

Me Benjamin Genuini, avocat du supporter


Me Benjamin Genuini, avocat au barreau de Bastia, qui assure la défense du supporter, a indiqué que chacun restait sur ses positions. "Maxime Beux pouvait penser qu'il avait été frappé par un flash-ball, mais la réalité des expertises, des investigations, reconstitution, confrontations ont permis de considérer que la blessure a été causée par un coup de matraque télescopique, qui lui est venue dans le dos. Peu importe l'intention initiale du policier, il a eu l'intention de commettre un acte violent…à quelqu'un qui s'enfuyait, qui était de dos, qui ne cherchait pas querelle, n'avait commis aucune infraction, ce jour-là. Au regard des critères de la loi, qui sont très stricts, l'acte doit être proportionné et rendu absolument nécessaire, ce qui n'est pas le cas. Il a agressé physiquement Maxime Beux, et il n'avait pas à le faire".

Me Benjamin Genuini et Me Nicolas Brazy, à la sortie du tribunal.
Me Benjamin Genuini et Me Nicolas Brazy, à la sortie du tribunal. © Clément Pravaz FTV.


Une décision très attendue

Pour sa part, Me Nicolas Brazy, à la sortie du tribunal a rappelé qu'il demandait que son client, le policier, bénéficie d'un non-lieu. "Ce n'est pas deux versions qui s'affrontent, a-t-il déclaré, il y a la version de Maxime Beux, il y a la version du policier, et puis après, il y a tout un débat juridique autour de tout ça, pour savoir précisément, comment qualifier les faits qui sont reprochés au policier". Me Nicolas Brazy a indiqué par ailleurs que l'un des arguments développé devant la chambre d'instruction consistait non pas à contester l'agression par le policier mais plutôt à soutenir qu'il était légitime, dans son geste, avec une arme de défense, que "conformément à la loi, il a la possibilité de porter et d'user".

La cour a décidé de mettre l'affaire en délibéré. La décision sera rendue le 1er juillet prochain. On saura alors si le policier est renvoyé devant la cour d'assises.

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