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Reims: les agents se mobilisent face à la vague de suicides dans la police

Un policier se tient devant un véhicule d'intervention. / © Jean-François Frey / MaxPPP
Un policier se tient devant un véhicule d'intervention. / © Jean-François Frey / MaxPPP

29 policiers se sont donnés la mort depuis le début de l'année en France. Un chiffre qui a doublé par rapport à l'année dernière. A Reims, où deux policiers se sont suicidés depuis novembre, un rassemblement silencieux a eu lieu devant le commissariat, comme dans d'autres villes en France.
 

Par Céline Lang

Devant le commissariat de Reims, ce 19 avril 2019, des dizaines de policiers se sont rassemblés pour dénoncer le mal-être qui étreint l'institution. Ils ont laissé leurs uniformes au placard, leur discrétion aussi, pour faire face à la vague de suicides qui endeuille la police. Depuis le début du mois de janvier, partout en France, 29 policiers se sont donnés la mort. A Reims, deux de leurs collègues se sont suicidés depuis le mois de novembre. 
 

Un suicide tous les trois jours, on ne peut pas continuer comme ça. il faut rapidement trouver des solutions pour mettre un terme à ce fléau.
- Christian Pous, secrétaire régional Champagne-Ardenne de l'unité SGP police Force Ouvrière   
 

Au fur et à mesure des conversations, les professionnels déplorent un encadrement inadapté, un manque de reconnaissance de leur travail et surtout, un manque d'effectifs. Dans ces conditions, impossible, racontent-ils, de prendre des congés ou d'avoir une vie de famille. Ils sont constamment appelés pour répondre à la menace terroriste ou, dernièrement, pour assurer le G7, le sommet des chefs d'État, qui ne se situe pas dans le périmètre de Reims.    
 

Le G7, les matchs de foot, les gilets jaunes et les différents services auxquels on doit répondre font que les policiers ne peuvent plus rien prévoir. On est rappelés, décalés, et aujourd'hui, la vie de policier est très difficile. 
- Stéphane Morisse, secrétaire national zone est, de l'unité SGP police Force Ouvrière 


La direction de la police, quant à elle, évoque un problème complexe. Le directeur départemental de la sécurité publique se dit solidaire et décrit des situations de détresse difficiles à identifier.

Je peux simplement dire, du plus profond de moi, que je suis associé, avec mes moyens humains, mes moyens professionnels. Malheureusement, pour la hiérarchie policière, pour l'ensemble des collègues de travail au quotidien aussi, des agents qui, à un moment donné sont en souffrance, la détection et l'anticipation d'un passage à l'acte est quelque chose qui est très difficile à mettre en place.
- Joseph Merrien, commissaire général et directeur départemental de la sécurité publique de la Marne


Contre les risques psycho-sociaux, les policiers attendent une politique de prévention efficace. Et plus de moyens.    
 

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