Reims : rodéo urbain, quatre mois de prison avec sursis pour le conducteur de 20 ans

Publié le
Écrit par Vincent Ballester .

Un jeune auteur de rodéo urbain de Reims (Marne) a été condamné à de la prison avec sursis, le mercredi 17 août. Ce dernier doit travailler ou reprendre des études, au risque d'aller en prison. Particulièrement médiatisée, cette condamnation est érigée en exemple par les autorités.

Le trottoir, c'est pour les piétons. Un jeune homme de 20 ans aurait mieux fait de s'en souvenir avant de rouler dessus à moto, le mardi 16 août, et de se faire arrêter (fait plutôt rare car les tentatives peuvent déboucher sur une course-poursuite à l'issue potentiellement dramatique).

Les faits se sont déroulés dans le quartier Croix-Rouge, à Reims (Marne). Pour ne rien arranger, le pilote s'amusait à cabrer son cycle, et à rouler très vite : il a été repéré grâce aux caméras de vidéo-surveillance. Ce qu'il faisait, c'est ce qu'on appelle couramment du rodéo urbain.

Cette pratique est gênante pour le voisinage. Mais aussi, et surtout, elle est dangereuse pour la personne qui conduit ainsi que pour celles dont elle croise la route : un pilote s'est tué en heurtant un poteau à Marseille (Bouches-du-Rhône) et un autre a renversé une fillette de 3 ans à Goussainville (Val-d'Oise).

Les autorités pleinement mobilisées

Le rodéo urbain n'a donc pas droit de cité dans l'agglomération rémoise. Le parquet (le bureau du procureur) assure par voie de communiqué envoyé à France 3 Champagne-Ardenne être "extrêmement vigilant", et la mairie l'a aussi fait savoir sur les réseaux sociaux (lire le tweet ci-dessous).


Au terme de l'article L236-1 du code de la route, la "conduite d'un véhicule terrestre à moteur compromettant la sécurité des usagers ou la tranquillité publique" (c'est à dire le rodéo urbain) est un délit depuis 2018. Ce qui est passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende.

C'est sur ce chef qu'a été principalement poursuivi le pilote. Le jugement a été rendu le mercredi 17 août, en pleine guerre que mène le ministre de l'Intérieur aux rodéos urbains : il en a fait l'un de ses chevaux de bataille de l'été, et le quartier Croix-Rouge est l'un des plus concernés à Reims (voir sa localisation sur la carte ci-dessous).

La justice a condamné la pratique du rodéo urbain, ainsi que le fait d'avoir "circulé sur une voie ouverte à la circulation ou dans un lieu public avec un cycle à moteur non homologué" (en récidive par-dessus le marché, L'Union en avait parlé à l'époque). Cette seconde infraction constitue une contravention au sens de l'article L321-1-1 du code la route. À noter que la conduite sans permis ne lui a pas été reprochée.

Défavorablement connu des services de police

Ces faits étaient examinés à la lumière des anciens agissements du prévenu. Lequel avait déjà été condamné pour des faits relatifs aux infractions routières, aux stupéfiants, et à l'atteinte aux biens.

Le jeune homme, qui a reconnu sa culpabilité et donc été rapidement jugé, a été condamné à quatre mois d'emprisonnement avec sursis probatoire. C'est à dire qu'il accomplira la peine de prison s'il ne respecte pas pendant deux ans les demandes formulées par le tribunal : trouver un emploi ou reprendre des études, et payer une amende de 200 euros. La réinsertion - avec suivi judiciaire - semble donc privilégiée, plutôt que la répression. Quant à la moto, elle a été confisquée.

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