REPORTAGE : au quotidien "l'Union", la "rédaction est debout, et elle continuera toujours à faire son métier"

Après la violente agression du photojournaliste Christian Lanternois, à Reims, quartier Croix-Rouge, samedi 27 février, la rédaction est sous le choc mais déterminée à continuer à informer.

Des exemplaires du quotidien "l'Union" à Reims le 28 février 2021, après la violente agression du photojournaliste Christian Lantenois.
Des exemplaires du quotidien "l'Union" à Reims le 28 février 2021, après la violente agression du photojournaliste Christian Lantenois. © David Caldas / FTV

Sous le choc mais solidaires. Ce dimanche 28 février au matin, dans les locaux du quotidien l'Union, la tension s'est quelque peu dissipée. Les confrères et amis de Christian Lantenois, violemment agressé dans le quartier Croix-Rouge à Reims samedi, ont vécu la nuit dernière abasourdis, mais soudés. "Nous tenions à faire ce journal pour montrer que cette rédaction est debout, et elle continuera quoiqu'il en soit à avancer et à faire son métier", affirme Géraldine Baehr-Pastor, l'une des deux rédactrices en chef du journal qui a signé l'éditorial du jour.

Le photographe c'est le journaliste le plus facilement identifiable, le plus repérable. Avec son appareil en bandoulière, il n'y a nul doute sur la cible.

Carole Lardot, rédactrice en chef à l'Union.

"Je redoutais d'entendre la très mauvaise nouvelle"

Sur les bureaux s'étendent les Unes et les articles de leur journal. Ce même journal qu'ils ont dû écrire, samedi soir, malgré leur peine et leur effroi. C'est Valérie Coulet qui a signé le papier relatant l'agression de son collègue, décrit comme "un journaliste dévoué". Quand on lui a dit qu'elle devait rédiger l'article retraçant les faits, elle est allée s'enfermer "dans le petit bureau au fond de la pièce". "Je ne voulais pas me faire influencer par ce que j'allais entendre autour de moi, explique-t-elle la voix chevrotante. Surtout, je redoutais d'entendre la très mauvaise nouvelle."

Les journalistes du quotidien l'Union dans les locaux du journal, le 28 février 2021.
Les journalistes du quotidien l'Union dans les locaux du journal, le 28 février 2021. © David Caldas / FTV

Dans les couloirs du bâtiment situé dans le quartier Clairmarais, ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent pour décrire Christian. "Enthousiasme", "soif du terrain", "humain". "Christian est une institution au journal et à Reims. Il tutoie beaucoup de monde. C'est quelqu'un de passionné par son travail, toujours partant, passionné par les gens", raconte Yann le Blévec, journaliste.

il est toujours partant pour rendre service à ses collègues. Par exemple pendant le télétravail, il n'hésite pas à venir nous chercher et à nous déposer chez nous, même s'il est débordé.

Valérie Coulet, journaliste à l'Union.

"C'est très important de ne pas stigmatiser les habitants de ce quartier"

Cet enthousiasme, cette soif du terrain. C'est ce que veut sauvegarder la rédaction, résolue et déterminée à informer, en dépit des intimidations et des drames. Pour Géraldine Baehr-Pastor, l'Union continuera à se rendre à Croix-Rouge. "Dans ce quartier, 25.000 personnes y vivent. Il y a des écoles, des commerces, des services publics, énumère la rédactrice en chef. C'est important pour nous de pouvoir continuer à nous rendre dans ce quartier pour rendre compte de la vie locale telle qu'elle est. Raconter une ouverture de classe, une fête d'école, de belles histoires. C'est surtout très important de ne pas stigmatiser les habitants de ce quartier et de raconter ce qu'il s'y passe."

L'état de Christian Lantenois reste stable mais préoccupant. Ses collègues ont hâte de le retrouver. Rarement l'Union n'aura aussi bien porté son nom.

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