Sécurité routière : ce qu'il faut savoir sur les nouvelles voitures radar qui circulent dans la Marne

A partir de ce vendredi 1er octobre, des voitures radar conduites par des agents privés circulent dans la Marne. Objectif de la préfecture, limiter les accidents liés à la vitesse sur les routes.

Depuis ce vendredi 1er octobre, sur les routes de la Marne et dans l'ensemble de la région Grand Est, puis bientôt partout en France, vous croiserez sans le savoir des radars mobiles. Dans des voitures banalisées, des berlines, type Seat Leon ou autre, conduites par des agents privés, qui embarquent des radars laser nouvelle génération. Ces agents payés par l'Etat ont pour mission de sillonner les routes et les lieux accidentogènes en flashant les chauffards.

Sur les routes de la Marne, en 2020, on comptait selon la préfecture, tous facteurs confondus, 403 accidents corporels dont 29 accidents mortels. Le nombre d’accidents corporels est en baisse de 17 % (-82 accidents) par rapport à 2019. Si la mortalité routière diminue également de 26 % (-10 tués), 29 personnes ont néanmoins perdu la vie. Le nombre de blessés baisse quant à lui de 23 % (-142 blessés).

Ces chiffres, en baisse comme à l’échelle nationale, s’expliquent notamment par les restrictions de circulation pendant la crise sanitaire. Sur les dix dernières années, le nombre moyen de personnes tuées sur les routes marnaises est de 36 tués/an.

Nous avons interrogé Samira Alouane, la sous-préfète de la Marne en charge de ce dispositif au service de la sécurité routière. 

Comment est venue cette idée de voiture radar privatisée ou externalisée ? 

Les radars mobiles existent depuis 2013. On demandait aux forces de l’ordre de conduire, de verbaliser, les forces de l’ordre ont des missions de plus en plus importantes et là on externalise ce dispositif, avec des appels d’offre auprès d'opérateurs privés. Avec une durée de contrôle plus longue que celle de la police; Le ministère de l’intérieur va pouvoir dégager 400 agents qui pourront faire autre chose que ces contrôles. 

Ces véhicules radars des gendarmes ou policiers étaient aussi sous-employés, 1h30 d’utilisation par véhicule par jour en moyenne en 2015, de sorte qu’en définitive, les automobilistes, à part ceux qui ont été flashés, ne sont pas conscients de leur existence et n’adaptent pas leur conduite à ce « risque » de contrôle.

En confiant la conduite de ces véhicules banalisés à une entreprise privée, les contrôles seront multipliés par 5. 

Quand va débuter ce nouveau système dans la Marne ? 

Ce vendredi 1er, octobre. En tout 40 voitures sont prévues dans le Grand Est, mais on ne lâche pas les opérateurs dans la nature, ils ont un parcours qui suit l’accidentologie de la région. Là où il y a des accidents liés à la vitesse. On demande aux voitures de partir sur ces axes. Je ne peux pas vous dire les zones précises mais la RN44 en fait partie. 

Ci dessous, un modèle de voiture radar privée qui entre en service dans le Grand Est.

 

Quelle sera la fréquence de ces rotations ? 

L’avantage est que ces voitures circulent 8h par jour et 7 jours sur 7, mais 24 h sur 24. On a la possibilité de choisir les créneaux où les accidents sont plus importants. On n'est pas dans la verbalisation industrielle, mais plutôt dans la protection du citoyen, avec des créneaux ciblés. La sécurité routière est un axe prioritaire. On a 400 accidents par an dans la Marne, on a aussi en 2020, 39 décès, dont plus de 40 % liés à la vitesse excessive. Et tout ce que ça implique, le but est de réduire les accidents. En 2021, on en est déjà à 11 morts dans le département. 

 

Comment son rémunérés les agents des voitures radar ? 

Ils sont rémunérés au km parcouru, pas au flash. Eux ne verbalisent pas. Cela reste du domaine de l’Etat, avec une capacité de contrôle. Ils ont des berlines banalisés, du style de monsieur et madame, tout le monde. On fait de la prévention. Ils roulent, avec un flash invisible. Ils n’ont pas accès aux données nominatives. Ils ont un dispositif radar mobile, comme les forces de l’ordre, le flash est plus invisible, c’est un laser invisible à l’oeil nu. Le radar flash avec une télétransmission, est transmis aux autorités. Je ne peux pas vous dire comment ils flashent. 

 

Ces agents sont contrôlés eux même ? 

Oui, ils doivent rester dans les clous et appliquent le code de la route. Ils rentrent dans leur voiture. Ils flashent. Les opérateurs privés ont fait l’objet de marchés publics. Cela représente un coût pour l’Etat mais on est gagnant sur cette externalisation, car on redéploie les agents sur d’autres missions. On va avoir des véhicules équipés 8h par jour. 

 

Il va donc y avoir plus de contrôles et plus de PV ? 

Non, si on respecte les vitesses ! On a aujourd’hui dans la Marne, plus de 31 000 infractions relevées. Par le biais des radars. Le message, c'est 'oui on va contrôler, mais faites attention', on veut seulement votre bien. Quand vous êtes réveillés régulièrement par un décès sur l’autoroute, humainement c’est compliqué, moi je vois le deuil des familles suite à un accident de la route, c’est dur.

L’objectif est donc double, protéger et redéployer. Comme accentuer la lutte contre le rodéo urbain, ou la lutte contre le traffic de stupéfiant. On aura plus de marge de manoeuvre. Les forces de l’ordre sont heureuses de faire autre chose que de contrôler. Mais la sécurité routière reste leur coeur de métier. Les gendarmes resteront en contrôles sur l’autoroute avec des interpellations. Ou des opérations zonales de transports routiers. 

 

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