TÉMOIGNAGE - Coronavirus : étudiante de Reims, en Erasmus à Parme, elle raconte “la psychose” en Italie

La Rémoise Cécile navigue entre l'Italie et l'Espagne en pleine épidémie de covid 19. / © Document remis
La Rémoise Cécile navigue entre l'Italie et l'Espagne en pleine épidémie de covid 19. / © Document remis

Une Rémoise de 22 ans, étudiante en Erasmus à Parme en Italie raconte la situation sur place. Actuellement en vacances à Madrid, une ville également fortement touchée par l’épidémie du covid-19, la jeune fille pense rentrer à Reims dans les prochains jours. 

Par Mélanie Cousin

L’étudiante en lettres modernes de 22 ans, originaire de Reims, a échappé de peu à la quarantaine. Elle suit un programme d’échange à l’étranger à Parme, une ville du nord de l’Italie, depuis septembre 2019. Cécile Gruzon est partie à Madrid deux jours avant que sa ville ne soit fermée. « C’était un voyage prévu depuis longtemps », raconte-t-elle en souriant.

« Il y a deux semaines, nous avons eu les premières informations de cas de coronavirus à Milan, une ville située à 125 km de Parme », continue la jeune fille. Sa ville était alors peu touchée, l’étudiante restait sereine. 
 

En Italie, la situation s’est dégradée

Lors d’une excursion de deux jours à Venise et Padova, deux villes particulièrement touchées par le coronavirus, la situation s’est dégradée. « Avec des étudiants en Erasmus, nous sommes partis à Venise pour assister au carnaval. Il y avait des cas sur place, mais nous ne le savions pas », déplore Cécile Gruzon. Le lendemain de leur visite, les festivités étaient supprimées. Lors du retour de ce voyage, « on  a tous reçu un mail, nous informant que l’université fermait pendant 2 semaines à cause du virus ».
 

Fermer tous les établissements, c’est impressionnant comme mesure. On se demande si c’est plus grave qu’on le pense et on ne sait pas comment réagir.
- Cécile Gruzon, étudiante en Italie


Chez les étudiants en Erasmus, le stress montait dans le bus du retour. « On recevait tous des messages de nos proches inquiets. Parme commençait à être filtrée, on ne savait pas si on allait pouvoir rentrer chez nous », commente la jeune fille. Retour à la réalité pour ces étudiants, alors que 10 heures plus tôt, ils n’étaient au courant de rien.
 

Ce qui était stressant, c’étaient les messages de nos proches, alarmés par les médias en France. Ils nous disaient de rentrer rapidement, de porter des masques et de faire des réserves. 
- Cécile Gruzon 


Puis la panique s’est installée. « Il y a 15 jours, j’ai reçu une cinquantaine de messages en une nuit, des amis d’Erasmus m’informaient qu’ils rentraient chez eux en urgence ». « Je n’avais pas prévu de rentrer en France, j’ai donc décidé de rester en Italie », explique Cécile Gruzon. Ayant fréquenté des zones exposées au virus, elle décide de rester enfermée 14 jours en quarantaine. 
 

 

Les rayons dévalisés 

« Je me suis dépêchée de faire des réserves. Les rayons étaient dévalisés, un vendeur passait sa journée à les réapprovisionner », explique-t-elle avec effarement. De nombreuses mesures ont été prises par les autorités. Fermeture des écoles, des universités et des discothèques. « On se croirait dans le jeu vidéo Resident Evil (rires) », s’exclame la jeune fille. Pour les bars, des règles ont aussi été instaurées. « La dernière fois que j’y suis allée, on ne pouvait pas être debout et on devait respecter une distance de sécurité », s’étonne-t-elle. 

Les habitants eux aussi, changent leurs habitudes. « Depuis le coronavirus, les gens s’écartent lorsqu’ils se croisent, alors qu’en Italie des fois, les gens sont prêts à vous foncer dedans ». Et lorsque quelqu’un tousse, « il se fait fusiller du regard », explique d’un ton narquois l’étudiante. 
 


La jeune fille applique les mesures de sécurité. Pendant la quarantaine, « j’ai pris ma température deux fois par jour et je n’ai pas eu de symptômes », précise-t-elle. Depuis son arrivée en Espagne, elle confie ne plus prendre sa température quotidiennement, mais faire attention en utilisant les gestes recommandés, comme le lavage de mains régulier.

Pour se rendre en Espagne, l’étudiante a pris un vol de Bologne à Madrid. Elle portait un masque, au cas où. « La moitié des passagers avaient pris des précautions, tandis que les autres s’en fichaient et n’arrêtaient pas de tousser », déclare-t-elle stupéfaite.
 

Pas de tests à l’aéroport 

« Quand je suis arrivée à l’aéroport en Espagne, on m’a juste donné un papier qui rappel les mesures du coronavirus. Il n’y a pas eu plus de contrôles. », s’étonne Cécile Gruzon. À Madrid, une ville touchée par le virus l’ambiance est totalement différente de l’Italie : « les gens font leur vie et la fête en Espagne, malgré le virus. »

Une psychose se crée 
-Cécile Guzon 


« Depuis que je suis arrivée à Madrid, Parme a été placée en quarantaine. Plus personne ne peut rentrer, ni sortir de la ville. Comme j’y habite, j’aurais peut-être la possibilité d’y retourner, mais je serai bloquée là-bas », raconte Cécile Gruzon. Elle pense donc rentrer en Champagne-Ardenne ce week-end. « À Madrid, il y a de plus en plus de cas, certains habitants s’inquiètent d’une possible quarantaine, une psychose se crée ». Si vraiment la situation évolue, « je prendrais le premier avion pour Reims », conclut-elle. 

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