Trottinettes électriques : "à Reims le décret officiel clarifie les choses"

Après plusieurs mois de flou juridique, le décret encadrant l'usage des trottinettes électrique a été publié le 25 octobre au journal officiel. Entrée partiellement en application depuis le samedi 2 novembre, des questions demeurent sur l'application de ces règles à Reims.
 
Depuis ce samedi, les trottinettes électriques sont encadrées par le Code de la route. Grand Est. 27 novembre 2018.
Depuis ce samedi, les trottinettes électriques sont encadrées par le Code de la route. Grand Est. 27 novembre 2018. © François Destoc / MaxPPP
Après les cyclistes inconscients et les automobilistes dangereux, la loi s'occupe des chauffards de la trottinette. Avec le décret du 25 octobre 2019 sur la "réglementation des engins de déplacement personnel", l'Etat fixe des règles sur l'usage des trottinettes électriques. Âge minimum pour conduire fixé à 12 ans, interdiction de rouler sur le trottoir ou limitation de la vitesse du véhicule à 25km/h : les nouvelles règles amènent de nouvelles questions sur la manière dont la ville de Reims pourra les appliquer. Une législation d'autant plus attendue que la ville a été endeuillée début septembre par la mort d'une conductrice de trottinette électrique.  

"C'était un texte très attendu, qui permet de clarifier les choses", affirme Alain Bertolotti, directeur de la voirie au sein de la municipalité. Il l'assure, la municipalité est déjà prête à s'adapter au nouveau cadre légal : "On a un réseau de pistes cyclables, que l'on étend progressivement, apte à accueillir les utilisateurs de trottinettes électriques." Pas question, pour l'instant, d'ajouter un volet "trottinette électrique" au plan de développement des voies cyclables. 

Sur notre capacité à absorber les flux de nouveaux conducteurs, il n'y aura pas de problème.
-Alain Bertolotti, directeur de la voirie de la ville de Reims

Désormais, les trottinettes ne pourront plus circuler au milieu des piétons. Vannes. 28 septembre 2018
Désormais, les trottinettes ne pourront plus circuler au milieu des piétons. Vannes. 28 septembre 2018 © François Destoc / MaxPPP

Avant la verbalisation, la pédagogie

Dans la ligne de mire des policiers municipaux, s'ajoutent désormais les usagers des trottinettes électriques. Avec l'entrée en application partielle du décret, ils disposent désormais d'un cadre pour procéder à des verbalisations. Nicolas Roche, directeur la police municipale rémoise, relativise néanmoins sa portée : "Ce texte n'est pas une révolution, mais il permet de clarifier les choses."

Le directeur de la police le répète, les policiers municipaux laisseront aux usagers concernés une période d'adaptation. "Dans l'immédiat nos équipes ont reçu des consignes pour faire preuve de pédagogie." Cette phase de trêve laisse d'une part aux usagers le temps de prendre connaissance de la nouvelle réglementation, mais aussi pour les agents de police le temps de se former à ces nouvelles situations.

Leurs interventions cibleront principalement les conducteurs de trottinettes en excès de vitesse. Sans l'aide d'un radar spécifique, elles se jugeront à l'œil, expose Nicolas Roche. "Les agents relèveront l'infraction par un constat visuel. Puisqu'on va surtout verbaliser les trottinettes en excès de vitesse manifeste, ce ne sera pas un problème." Pour l'heure, le policier reste serein, la situation à Reims concernant les trottinettes serait encore "loin d'être chaotique" dans la cité des sacres.

 
Les "engins de déplacement personnel" rentrent dans le Code de la route
Pour les piétions excédés par les trottinettes électriques, la date sera à marquer d'une pierre blanche. Depuis ce samedi 2 novembre, une partie du décret du 25 octobre concernant les "engins de déplacement personnel" a fait son entrée dans le Code de la route. Désormais, les usagers de trottinettes électriques, mais aussi de gyropodes, de monoroues ou encore d'hoverboards devront être visibles lorsqu'ils conduiront de nuit, en portant des équipements spécifiques. Les écouteurs ne seront plus tolérés, de même que l'embarquement d'un passager supplémentaire. Par ailleurs, la circulation leur sera interdite sur les trottoirs, sauf décision contraire d'une agglomération.

Si pour toutes ces infractions, les conducteurs s'exposent à des amendes comprises entre 35 et 135 euros, ils pourront écoper d'une amende de 1500 euros si leur vitesse excède les 25 km/h. À partir du 1er janvier 2020, ces nouveaux types de véhicules devront être équipés d'un système de freinage certifié, ainsi que de moyens de signalisation visuelle. 
 
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