VIDEO. Un chevreuil sur le parking de France 3 : pourquoi la faune sauvage s'approche des villes

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Une famille de renards installée dans un parc, un chevreuil se baladant sur un parking. Il n'est pas rare de croiser des espèces sauvages aux abords des villes. Doit-on s'en inquiéter ? Quels réflexes avoir lors de ces rencontres ? On décrypte le phénomène avec un spécialiste de la faune sauvage.

Il y a parfois des rencontres inattendues. Des animaux éloignés de leurs milieux naturels qui se retrouvent aux abords des villes et même sur des parkings, comme ici à France 3 Champagne-Ardenne dans une vidéo réalisée ce mardi 17 mai. Visiblement désorienté, ce chevreuil a finalement retrouvé son chemin sain et sauf après plusieurs minutes d'errement.

Vous aussi vous observez de plus en plus d’espèces en milieu urbain ? Est-ce normal ? Nous avons posé toutes nos questions à Aurélien Deschatres, responsable de la LPO Champagne-Ardenne.

Y a-t-il plus d’animaux qu’avant aux abords des villes ?

Ce sont des événements que l’on observe régulièrement. Certaines espèces animales s’égarent et se retrouvent hors de leur milieu naturel, comme les renards ou les hérissons. C’est notamment le cas à Reims où il y a la coulée verte le long du canal et des voies de passage en pleine ville. Il suffit que les animaux se détournent un peu et s’égarent. D’autres espèces s’approchent plus facilement comme les chevreuils.

L’une des causes de ce phénomène, c’est que les villes s’agrandissent fortement sur les zones naturelles et sur les champs. L’espace se réduit, souvent au profit de nouvelles constructions comme des zones industrielles. Cela va chasser certaines espèces, qui soit vont voir ailleurs, soit disparaissent simplement. C’est le cas de beaucoup d’oiseaux dit "agricoles" qui déclinent fortement. Dans le lot heureusement, certaines espèces ubiquistes qui par définition, ont plus de chance de s’adapter au nouvel environnement.

Que faire si on croise un animal sauvage en ville ?

Si l’animal est blessé il faut joindre le centre de soin du CPIE Sud-Champagne dans l’Aube qui va en prendre soin. Si l’animal va bien on peut tenter d’observer l’espèce et quand on sait la reconnaitre transmettre les informations sur notre site internet qui regroupe plusieurs associations de protection de la nature dans la région. Chaque jour, rien que pour la Champagne-Ardenne, il y a environ 1 000 données transmises par des particuliers qui permettent de créer des cartes en temps réels. Prendre une photo peut être intéressant pour aider les spécialistes à vérifier de quelle espèce il s’agit. Ça permet aussi d’analyser si les espèces se portent bien ou non. Parfois cela peut même permettre de découvrir une nouvelle espèce.

Doit-on s’inquiéter du rapprochement de la faune sauvage vers les villes ?

Oui parce que la majorité des espèces déclinent, surtout les oiseaux, les insectes ou les amphibiens. On voit certaines espèces prendre de la place et apparaître par l’activité humaine comme le ragondin qui a été introduit par l’homme à des fins d’élevage. Cela modifie la biodiversité et l’équilibre entre les différentes espèces. Une autre modification observable est due au changement climatique : des migrations arrivent du Sud et d’autres partent vers le Nord de l’Europe pour fuir la chaleur. Une sorte de biodiversité du futur que l’on observe déjà.

Comment participer à la protection de la faune sauvage ?

C’est justement le but des associations qui essayent d’améliorer les corridors naturels comme les cours d’eau ou les canaux. A Reims par exemple le long des grands axes routiers on essaye d’installer des couloirs de circulation parallèle ou de créer des ponts sécurisés. Tous les petits mammifères s’en servent, parfois sans qu’on s’en rende compte, notamment dans les villes de Châlons-en-Champagne ou de Reims. C’est le but de la trame verte, améliorer le déplacement de la faune en ville.