Sécheresse et canicule en Champagne-Ardenne : 2022 est-elle une année historique ?

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Écrit par M. F. avec Océane Michel

Plusieurs épisodes caniculaires se sont déjà succédé cet été. Dans la région, les préfectures multiplient les arrêtés de restriction de l'usage de l'eau en lien avec la sécheresse. Mais peut-on dire que 2022 est l'année de tous les records en Champagne-Ardenne ?

L'année 2022 est caractérisée par un manque de précipitations en hiver et au printemps. Cela a entraîné l’installation d’une sécheresse particulièrement importante sur le territoire. Tout au long du mois de juillet, une anomalie anticyclonique a perduré apportant un ensoleillement exceptionnel et des précipitations excessivement rares et faibles, le tout accompagné de vagues de chaleur . En Champagne-Ardenne aussi il a fait chaud, mais est-ce pour autant l'année de tous les records côté météo ?

Pas de records pour les températures

Nous n’avons pas atteint pour l'instant les températures record de 2019, qui avaient, elles-mêmes dépassé celles de 2003. Par exemple, la température la plus importante cette année a été enregistrée près de Sommesous, dans la Marne, avec 40,5 degrés.

Une température importante mais encore en dessous des 41, 8 degrés obtenus le 25 juillet 2019 au niveau de la station Météo France à Troyes, dans l'Aube.

On parle aussi beaucoup de sécheresse, car c’est vrai que nous avons eu des successions de jours sans précipitation. À Langres en Haute-Marne, par exemple, il n’a pas plu pendant 19 jours entre le 1er et le 19 juillet. Mais en 2003, c’était encore pire. Il n’avait pas plu pendant 29 jours à Langres.

Pourquoi une sécheresse si importante cette année ?

Ce qui aggrave particulièrement la situation cette année, c’est le printemps qui a été très sec. Il n’est tombé que la moitié des précipitations normalement attendues à cette période-là. Et cet été, rebelote.

Dans certaines zones comme sur les plateaux de la Haute-Marne, il n’est tombé que 90 millimètres d’eau au mois de juillet au lieu des 165 mm nécessaires. Il manque donc l’équivalent d’un mois de pluie.

Il pleut rarement et quand cela arrive, c’est lors des épisodes orageux. Donc pas assez longtemps pour que l’eau humidifie la terre, et pénètre dans les couches les plus profondes.

Cela explique notamment la sécheresse agricole avec des nappes phréatiques qui n’ont reçu que 60 % du cumul pluviométrique normal.

À quoi doit-on s'attendre à l'avenir ?

D’après Mathias Letillois, prévisionniste du pôle Champagne de Météo France, les mois d'août, septembre et octobre seront très probablement en excédent thermique.

Cela signifie qu’il va faire en moyenne plus chaud sur cette période, que sur ces mêmes trois mois entre 1991 et 2020 en Champagne-Ardenne.

Et la situation risque de se répéter. Dans son scénario le plus pessimiste, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) parle d’épisodes de sécheresse à répétition dans les années à venir, de 13 à 15 jours consécutifs sans pluie.

 

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