60 ans de l'A31 : quel futur pour le sillon lorrain ?

L'autoroute A31 initialement inaugurée en Moselle entre Metz et Talange le 5 septembre 1963 s'est progressivement étendue vers le Sud et le Nord au fil des décennies. Cet axe majeur, au trafic de dimension européenne, célèbre ses 60 ans et doit faire face maintenant à des besoins de déplacements de plus en plus croissants.

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L'autoroute A31 représente maintenant en France l'axe qui permet de connecter la Bourgogne à la Lorraine et au Luxembourg. Le trafic y a considérablement augmenté et des aménagements sont indispensables.

Une inauguration en 1963

Dès 1962, la circulation entre Metz et le Nord de la Moselle dépassait les 13.000 véhicules par jour. Une autoroute a été envisagée, un premier tronçon entre Metz et Talange est créé.

Après plusieurs années, l'autoroute s'allonge dans les deux directions, afin de connecter Metz et Nancy. Le 16 décembre 1972, l'autoroute Nancy-Metz-Thionville est inaugurée par le Ministre des transports de l'époque, Pierre Messmer. 

Cette inauguration fera d'ailleurs l'objet d'une "expérience" plutôt particulière pour la télévision : un pilote automobile parti de Thionville rejoint Nancy dans un véhicule de sport pour démontrer l'efficacité du trajet. Dans des conditions hivernales difficiles, à une moyenne de 200 km/h, le bolide met une demi-heure pour effectuer le parcours !

Une autoroute pour un trafic local et européen

50 années plus tard, dans le sillon lorrain, l'autoroute A31 doit répondre à plusieurs exigences : desservir le trafic local entre le bassin de Nancy et Metz, mais aussi tout le trafic s'étendant au Nord en direction du Luxembourg, là où les frontaliers et un trafic européen de poids lourds doivent cohabiter. Les conditions de circulation se sont dégradées : plus de 100.000 véhicules l'empruntent chaque jour, soit une augmentation de 30% en 15 ans.

Des embouteillages fréquents sont à dénombrer, et la part du trafic est particulièrement importante sur la partie nord de l’A31, tous véhicules confondus, elle varie entre 15 % et 25 % (Source : Cerema) et elle est particulièrement élevée au nord de Thionville. Sur ce secteur, 70 % des poids lourds sont en transit. 

Depuis des décennies, les projets d'extension et de contournement se multiplient, sans qu'un consensus se dégage.

Les pouvoirs publics à la manoeuvre

Conscients de la nécessité impérieuse d'améliorer cet axe majeur pour la région Grand Est, l'Etat et les collectivités locales se sont mobilisés.Une concertation publique s'est tenue du 22 novembre 2022 au 3 février 2023 principalement autour de 8 réunions publiques.

La réponse des services de l'Etat au trafic saturé sur l'A31 est de proposer une approche multimodale (aménagement d'une voie pour les bus et les cars). Le projet A31bis qui a été présenté à la concertation souhaite selon la Préfecture de la Moselle, "améliorer les mobilités du quotidien en réduisant la congestion et en améliorant les conditions de circulation et la sécurité des usagers.

C'est la DREAL (Direction Régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) Grand Est qui aura la maîtrise d'ouvrage du projet. 

Différents scénarios pour contourner Thionville

La concertation concerne le secteur Nord, de Thionville à la frontière luxembourgeoise.

Pour Thionville, quatre solutions sont envisagées pour contourner la ville 

  • Un tunnel souterrain passant à l’est de Florange estimé entre 510 et 630 millions d'euros. Il s’étendrait sur une section de 7,9 km avec une profondeur de 2,2 km.
  • Un tunnel souterrain passant à l’ouest de Florange estimé entre 530 et 640 millions d'euros. Il s’étendrait sur une section de 6,5 km avec une profondeur de 1,2 km. Un projet rendu possible grâce à la fermeture de la cokerie de Serémange-Erzange.
  • Un tunnel de surface à l’est de Florange, estimé entre 290 et 360 millions d'euros. Il s’agit du projet le moins coûteux. Le tracé s’étendrait sur une section de 6.5 km, mais le tunnel en lui-même ne ferait que 800 m de long.
  • Un viaduc qui surplomberait la Moselle à Terville-sud, estimé entre 380 et 470 millions d'euros. Le tracé s’étendrait sur une section de 8,1 km, avec un viaduc de 1,6 km sur la Moselle.

Le calendrier proposé a été le suivant : la première phase de concertation publique (du 22 novembre 2022 au 3 février 2023) a permis d'éclairer l'Etat sur le choix de la variante préférentielle à retenir.

Une préférence qui va permettre de poursuivre des études et alimenter le dossier qui sera soumis à une enquête d'utilité publique fin 2023 ou 2024.

La phase de réalisation des travaux sera échelonnée de 2027 à 2035.
La date de mise en service sera également échelonnée entre 2030 et 2035.