Amiante dans les écoles : trois questions à l’ancien député de Meurthe-et-Moselle et lanceur d'alerte Jean-Marie Schléret

Le documentaire, Amiante, nos écoles malades, sort ce lundi 4 mars sur France 5. Jean-Marie Schléret, ancien député de Meurthe-et-Moselle et lanceur d’alerte apparaît dans l’enquête. À l’occasion de sa diffusion, il a accepté de nous répondre.

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L’affaire avait déjà fait grand bruit, pendant l’été 2023, lorsque l’équipe de Vert de rage avait dévoilé les premiers chiffres de son enquête sur la présence d’amiante dans les établissements scolaires. Il y aurait, dans au moins une vingtaine d'écoles du Grand Nancy, la présence de matériaux amiantés. Toujours selon l’étude, plus de 85% des bâtiments scolaires seraient susceptibles d’en contenir alors que son usage avait été interdit depuis 1997 en France.

Ce lundi 4 mars 2024 sort l’enquête, Amiante, nos écoles malades, réalisée par Mathilde Cusin, Martin Boudot et l’équipe de Vert de rage. Dans toute la France, près de 50 000 écoles et 35 000 mairies ont été passées au crible. Un lanceur d'alerte, nancéien, va quant à lui changer le cours de l’enquête : Jean-Marie Schléret, président de l’Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires pendant 26 ans. À l’occasion de la diffusion de l’enquête, ce lundi soir sur France 5, Jean-Marie Schléret l’ancien député de Meurthe-et-Moselle, a répondu à trois questions sur notre plateau.

Est-ce que nos enfants sont en danger selon vous ?

Il faut distinguer les écoles, à savoir le primaire, le collège et les lycées. Le problème est radicalement différent. Depuis 1995, on avait soulevé le problème des collèges et des lycées, notamment en Lorraine, car c’est une région de production métallurgique et que l’amiante était présente massivement dans un certain nombre de bâtiments, pour protéger les structures métalliques au feu. Dans les collèges et lycées, la question a été assez généralement réglée dès les années 1998, 2000. Aujourd’hui, le problème des écoles demeure. Il est à la fois moins grave et plus préoccupant. Moins grave, car il est plus diffus, mais les contrôles, eux, ne sont pas suffisamment réalisés, voilà pourquoi c’est plus inquiétant. On ne peut pas intervenir sans savoir s’il y a de l’amiante. On ne peut pas percer ni perforer sinon on met la santé en difficulté.

Cela veut-il dire que l’on n’a pas identifié tous les établissements dans lesquels il y a de l’amiante aujourd’hui ?

Exactement, on en est là alors que c’est une obligation mais ce qu’il se passe dans les écoles, contrairement aux collèges et lycées, c'est qu’on a affaire à des directeurs d’école eux-mêmes sous l’autorité, pour les bâtiments uniquement, des maires. La maire réalise un document technique amiante et oublie de la communiquer au directeur d’école. Donc quand il y a des travaux à faire, on ne sait pas exactement quelle est la situation.

Est-ce que selon vous, nous sommes à la veille d’un scandale sanitaire d’ampleur avec ce sujet de l’amiante dans les écoles ?

Nous avons déjà eu de grosses affaires en Lorraine, comme le lycée de Gérardmer. Cela aurait dû être en soi une alerte majeure. Donc, on a des cas de cancers avérés chaque année. Il faut vraiment s’en préoccuper, mais encore une fois identifier régulièrement et surtout ne jamais intervenir sans être certain qu’à l’endroit indiqué, il n’y a pas de trace d’amiante.