BA133 de Nancy-Ochey : ouverture d'une enquête préliminaire pour une présomption de harcèlement moral

La justice a ouvert une enquête préliminaire à Metz après le dépôt d'une plainte contre X pour "harcèlement moral" par plusieurs militaires de la base 133 de Nancy-Ochey. Pour le chef du Sirpa Air, "l’armée de l'Air et de l'Espace n’a jamais cautionné ce type d’agissements."

L'entrée de la Base aérienne 133 de Nancy-Ochey (Meurthe-et-Moselle).
L'entrée de la Base aérienne 133 de Nancy-Ochey (Meurthe-et-Moselle). © Arnauld Salvini. France Télévisions

En réponse au dépôt d'une plainte contre X pour des faits présumés de harcèlement et de bizutage et à l'ouverture d'une enquête préliminaire, l'Armée de l'air et de l'espace a répondu mercredi 03 février 2021 par la voix du Col Stéphane Spet, conseiller communication et porte-parole du chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace.

Pour le chef du Sirpa Air, "l’armée de l'Air et de l'Espace ne cautionne pas et n’a jamais cautionné ce type d’agissements qui, en plus d’être condamnables par la loi, sont contraires aux valeurs prônées" par l'institution. Cette dernière "collabore de façon totalement transparente avec la justice qui agit en toute indépendance. Elle est également extrêmement vigilante au respect de la présomption d'innocence."

Six plaintes

Une enquête préliminaire a été ouverte à Metz, mardi 02 février 2021, suite au dépôt d'une plainte fin décembre 2020, par trois hommes et deux femmes de grades différents. Ils dénoncent un "harcèlement moral" subis dans l'enceinte de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, unique base aérienne de Lorraine, qui accueille notamment trois escadrons de mirage 2000D. Selon nos confrères de France Bleu, un sixième militaire a également porté plainte.

Parmi les plaignants, figure un pilote de chasse qui depuis, comme un autre de ses collègues, a préféré quitter l'armée avant la fin de l'année 2020. Trois autres plaignants étaient au même moment "soit en arrêt maladie, soit placardisés", avait indiqué leur avocat Me Frédéric Berna, au moment du dépôt de plainte. Cette plainte visait à faire ouvrir une enquête et à déterminer les responsabilités "mais également permettre de vérifier si certains actes sont sexistes voire relèvent d'agressions sexuelles".

Les victimes dénoncent de multiples brimades, des reproches injustifiés, des insultes, des privations de missions, des dénigrements ou encore de l'ostracisme. Ils ont également évoqué des propos inappropriés à l'égard des femmes, notamment lorsqu'elles étaient enceintes, et des participations forcées à des réunions au milieu de photos de femmes dénudées.

Pour sa part, Me Berna, a mis en avant "le côté institutionnalisé des pratiques de harcèlement" et évoque "des bizutages appelés +bahutages+" qui ont le même objet, à savoir "humilier les gens", ou encore "des reproches quand les victimes ne participaient pas aux "beuveries organisées dans la caserne pour la cohésion du groupe". Il avait ainsi donné l'exemple d'un militaire qui s'était vu reprocher son absence à une soirée alors que ce sportif ne souhaitait pas s'y rendre.

L'enquête a été confiée à la Section de recherche de la gendarmerie de l'air, a précisé Christian Mercuri, le procureur de la République de Metz, à l'agence France Presse

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