Confinement : les commerçants de Lorraine cartonnent avec le click and collect

Fermées depuis le début du confinement, plusieurs enseignes font revenir leurs salariés ces derniers jours grâce à des applications "click & collect" qui leur permettent de (re-)trouver une clientèle. C’est le cas de la Maison Boulanger à Colombey-les-Belles en Meurthe-et Moselle.

La boulangerie "Maison Boulanger" à Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle).
La boulangerie "Maison Boulanger" à Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle). © France Télévisions
Historiquement, il y la boulangerie ouverte en 1986 par Christian et Gisèle Boulanger au coeur du village de Colombey-les-Belles en Meurthe-et Moselle. En 2008, les enfants, Delphine et Jonathan rachètent la société. Il y a trois ans, ils investissent dans la construction d'un laboratoire de 1100m² à Allain, un village voisin, au sud-ouest de Nancy, pour conserver un savoir-faire traditionnel familial. L’entreprise compte une trentaine de salariés.
Puis le coronavirus arrive. Et avec lui le confinement et l’arrêt de l’activité. Mais après une semaine de fermeture, la maison Boulanger remet son laboratoire en route.

Perte de 80 % du chiffre d’affaires pour la boulangerie

"Sur le début de la période de confinement, on s’est rendu compte qu’on avait une perte de 80 % du chiffre d’affaires sur la boulangerie", explique Delphine Boulanger, la co-gérante de la Maison Boulanger. "Sur le site d’Allain, on est à moins 45 % sur le mois d’avril. Dans la profession la baisse annoncée était de 25 à 30 % pour une boulangerie classique. On a compris qu’en fait notre boulangerie ne travaillait pas avec les habitants de Colombey-les-Belles. Les gens sont chez eux confinés. La réalité est que notre chiffre se faisait avec les gens de passage. Hors, ces gens-là ne circulent plus."
"Nous avons un site Internet classique qui fonctionne déjà, avec lequel on fait déjà de la vente et de la livraison au niveau national. Les ventes ont d’ailleurs explosé sur le site. En regardant les commandes, j’ai vu que parmi les clients, certaines personnes habitaient ici dans le secteur. Pourquoi alors leur envoyer un colis ? Je les ai contactés. Je leur ai proposé un service de livraison. Et c’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il était dommage de passer à côté d’autant de personnes. J’ai donc cherché une solution et je suis tombé sur click and collect (Commande et livraison, NDLR).
J’ai contacté plusieurs sociétés. J’en ai sélectionné une qui me semblait être la plus adaptée, Rapidle. Cette application propose aux clients de venir chercher leur commande sur rendez-vous. En une semaine notre site click and collect était en ligne et opérationnel. C’était il y a quelques jours"

Boutique virtuelle mais identique

"L’intérêt c’est évidemment d’avoir une boutique virtuelle", poursuit Delphine Boulanger.
Delphine Boulanger, co-gérante de la Maison Boulanger à Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle).
Delphine Boulanger, co-gérante de la Maison Boulanger à Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle). © France Télévisions
"Tout ce que j’ai dans mon magasin, je dois pouvoir le retrouver sur l’application. J’ai la main sur tout mon site Internet. Si je dois changer un prix, ajouter un article, en enlever un, je suis complètement autonome. Je peux tout faire moi-même. Et ça pour moi c’est fondamental. J’ai une partie administrateur sur mon ordinateur et je suis reliée à la tablette du magasin. Le matériel (tablette et imprimante) est fourni par la société qui propose cette application.
Quand le client valide son achat, la tablette émet un son pour nous prévenir et le ticket commande est imprimé. C’est vraiment bien fait. Autre point qui a son importance : Je suis propriétaire du domaine. D’autres applications imposaient de récupérer notre fichier clients. Il faut être prudent. Il y a des petits malins qui ont monté des structures pour profiter de la situation."
L’application choisi par la Maison Boulanger fait partie des cinq fournisseurs de solutions conseillés par le site du Ministère de l’Economie.

Click and collect une solution à conserver pour l'après...

Delphine Boulanger pense désormais à l’après, le temps du déconfinement.
"Pour la suite, je pense que c’est une solution qui va plaire aux entreprises. Elles pourront commander leurs sandwiches, leurs boissons des pâtisseries charcutières ou même d’autres produits que nous vendons et passer récupérer leurs commandes à la boulangerie en quelques secondes en mode drive. Je pense que c’est quelque chose que l’on pourrait garder. Nous avons toujours eu un problème de stationnement. Devant la boulangerie, les places sont peu nombreuses. Cela peut-être une solution."
La Maison Boulanger avait déjà son propre site internet qui fonctionnait pour les livraisons sur toute la France. Elle vu les commandes exploser pendant le confinement. La solution Click and collect est une solution complémentaire pour ces ventes de proximité en mode drive.

Des journées avec 60 colis expédiés dans toute la France

"Le site Internet, les pâtisseries charcutières en particulier, fonctionnent très bien avec Chronopost. On a eu des journées avec plus de 60 colis  expédiés dans toute la France", précise la co-gérante.
"Les personnes confinées ont pu acheter des « produits cuits » dans un premier temps. Le site pour de bon où nous sommes référencés a mis en place la livraison de produits surgelés. On a d’abord essayé de proposer du pain précuit surgelé. Il se vend très bien. Il est livré en 24 à 48 heures par des camions frigo partout en France. Le site et l’application click and collect nous permettent de pouvoir continuer à travailler malgré la baisse de chiffre d’affaires que nous avons comme toutes les entreprises. Nous voulions maintenir un minimum d’activité pour nos salariés. Un petit nombre d’entre eux est au chômage partiel. Les rentrées d’argent servent aussi à payer nos factures. C’est vital."

Je ne pensais pas avoir, un jour, du fromage dans ma boulangerie...

"Dans une boulangerie on ne vendra peut-être plus forcément que du pain. J’ai contacté la mairie de Colombey-les-Belles en leur disant que si certains producteurs ne peuvent plus faire les marchés et ont besoin d’un point de dépôt, il nous reste des vitrines de libres. Ils peuvent les utiliser. Deux productrices locales de fromages se sont manifestées et viennent déposer leurs produits.
Les clients sont contents. Ils peuvent acheter du fromage en circuit court. Je ne pensais pas avoir, un jour, du fromage dans ma boulangerie...
Chaque fromage est emballé séparément. Les clients qui veulent du pain et du fromage le savent : Ils doivent faire deux paiements pour éviter que cela ne passe par ma caisse.
Pendant cette période particulière les gens consomment différemment puisqu’ils sont plus à la maison. Les viennoiseries et gâteaux, on n’en vend pratiquement plus. Ce qui fonctionne bien ce sont les pâtisseries charcutières : les pâtés, les produits un peu plus élaborés. Pas les quiches. Mais, tout ce qui est viande marinée… On vend également de la farine ce n’était pas le cas avant. On a essayé de répondre à la demande. Les grandes surfaces étaient en rupture de stock. Les clients nous ont posé la question. Nos meuniers ont été très réactifs et ils nous ont fait des sacs de 1 kg. Cela marche super bien. On vend aussi de la pâte feuilletée et de la pâte brisée. On me demande également de la levure et des oeufs. Mais pour l’instant, je n’en vends pas."

La boulangerie a depuis longtemps un distributeur de pain installé sur le trottoir pour réponde à l’interdiction préfectorale de vendre du pain 7 jours sur 7.
"Il fonctionnait en particulier le jour de fermeture. Ce n’est pas une grande surprise, c’est une grosse perte aussi. Pas de passage donc pas d’achat avec ce système. On essaye de trouver des solutions, de s’adapter à la demande. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera pas forcément demain."

A Cosnes-et-Romain, Remi Langlois est débordé

26 commerçants dans le Grand Est sont présents sur l’application Rapidle, dont 16 en Lorraine, pour 18.000 utilisateurs inscrits.
A Cosnes-et-Romain, dans le Pays-Haut Meurthe-et-Mosellan, Natur’halles cartonne sur cette application avec plus de 800 clients. Remi Langlois se dit enchanté d’être submergé de travail pourtant son magasin de primeurs est fermé. Il ne fonctionne qu’en mode « drive » grâce à l’application. Le volume de ses commandes ne cesse d’augmenter avec un panier moyen à 76 euros. Il a même installé une zone de retrait rapide devant sa boutique.

 
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