Coronavirus : des futures mamans angoissent de devoir accoucher sans leur conjoint

Coronavirus : les futures mamans angoissent de devoir accoucher sans les papas
Coronavirus : les futures mamans angoissent de devoir accoucher sans les papas

C'est une décision prises par plusieurs établissements dont la Polyclinique Majorelle à Nancy : ne pas laisser entrer les futurs papas dans la clinique, pour protéger les patients et le personnel. Pour les femmes qui vont accoucher prochainement, c’est le stress et l’incompréhension.
 

Par Valérie Odile

Elles sont une trentaine, 33 exactement, à converser tous les jours sur Messenger pour tenter de trouver une solution. Mercredi 18 mars 2020, elles ont appris, notamment par le biais de Facebook, que la polyclinique Majorelle, dans laquelle elles doivent prochainement accoucher à Nancy, interdit la présence des papas dans l’enceinte de l’établissement.

Cela fait une semaine que nous sommes dans des états pas possibles. Nous vivons la fin de notre grossesse comme un cauchemar, alors que l'on devrait être les plus heureuses. Le bébé ressent toutes les émotions de sa maman.
- Charlotte, future maman

Cette décision a pour but de préserver le personnel, mais aussi les autres patientes et surtout le bébé à naître selon la polyclinique. Une décision qui peut être compréhensible en pleine épidémie de Coronavirus, sauf que toutes les maternités n’ont pas fait le même choix.

Nous ne comprenons pas pourquoi la clinique de Metz accepte les papas, et pas celle de Nancy.
- Lucile, 28 ans, future maman

En effet, la clinique Claude Bernard à Metz, qui fait partie du même groupe Elsan, est revenue sur sa décision, et permet dorénavant aux papas d’être présents mais uniquement pour le travail et la naissance.  Ensuite ils doivent partir. Les visites ne sont pas autorisées. La clinique du groupe Elsan à Strasbourg, autorise elle les visites des pères…

Nous avons préféré revenir sur notre décision, pour éviter que les patientes n’accouchent à domicile, alors qu’elles ne sont pas du tout préparées à cela. Ce serait leur faire prendre trop de risques.
- Christelle Rauchs-Febvrel, directrice adjointe, clinique Claude Bernard à Metz.

En effet, dans le groupe, elles sont plusieurs à y penser, pour ne pas accoucher sans leur conjoint. Mais la plupart n’ont même pas pu finir la réparation à l’accouchement, souvent annulée.

J’y ai pensé, mais ma sage-femme me l’a déconseillé. Je ne sais pas à qui je vais pouvoir tenir la main pendant le travail et l’accouchement.
- Lucile, 28 ans, future maman

Marion, 35 ans, attend son deuxième enfant et elle angoisse à l’idée de se retrouver ‘seule’

Si l’accouchement se passe mal, je n’aurai pas mon mari près de moi, ou s’il faut me faire une césarienne, mon bébé n’aura pas de contact peau à peau avec son père
-Marion

La plupart trouve cette décision injuste pour les papas.

Mon conjoint à l’impression qu’on l’écarte du plus important moment de leur vie, et donc d’un grand bonheur.
- Joannie, 28 ans, premier enfant.

Même si elles comprennent ce qui anime la décision de la polyclinique Majorelle  de Nancy, elles espèrent qu’elle va revenir sur sa décision et prendre les mêmes dispositions que la clinique Claude Bernard de Metz ou la Maternité Régionale à Nancy.

Elles imposent la prise de température du papa,  aucun symptôme de toux, ou de problème respiratoire, et bien sûr le port de masque, de gants et d’une blouse unique. Interdiction de sortir de la salle de naissance pour boire fumer une cigarette.

De toute façon le papa fréquente la maman avant et verra l’enfant à la sortie, donc je ne comprends pas bien cette décision de nous priver de ce moment magique.
 - Corinne, enceinte de son 5e enfant.

"En fait, comme les gynécologues ne sont pas tous d’accord, et que les données sont insuffisantes, les établissements sont libres de choisir" explique Christelle Rauchs-febvrel, directrice adjointe clinique Claude Bernard à Metz.

Impossible de joindre quelqu’un à la clinique Majorelle ce dimanche 22 mars 2020 pour en savoir plus. En attendant l’angoisse monte chez les futures mamans. Elles ont multiplié les demandes à l’ARS (agence régionale de santé), à la préfecture.  

Certaines doivent accoucher dans les quinze prochains jours, d’autres d’ici quelques semaines. Parmi elles, quelques-unes envisagent d’aller accoucher ailleurs, mais la Maternité Régionale qui accueille déjà les patientes de Toul, ne pourra peut-être pas tout gérer.

Un accouchement 2.0

La clinique Majorelle nous a répondu par un communiqué mardi 24 mars 2020.
Dans ce courriel, la direction explique que cette décision est le fruit d’une concertation avec les gynécologues obstétriciens de la Polyclinique en tenant compte des dernières recommandations du Réseau Périnatal Lorrain (RPL) et de l’Agence Régionale de Lorraine (ARS).

Dans une lettre Flash, l’Agence Régionale de Santé indiquait que la mesure était nécessaire pour préserver le personnel de santé déjà sous tension, et en première ligne quand il s’agit de l’exposition.

 "Cette conduite à tenir peut venir en contradiction avec le souhait des parents à ce que et la future maman et le futur papa soient présents pour l’accouchement. Cette mesure est cependant nécessaire pour éviter la propagation du virus. Cette situation ne doit pas amener certains parents à rechercher l’accouchement à domicile"
- ARS, Agence Régionale de Santé Grand-Est.

Dans ce communiqué, la clinique propose également aux papas de pouvoir assister en direct via Facetime ou What’s app à la naissance de leur enfant. Elle promet aux mamans qu’elles ne seront pas seules mais entourées.

Vous ne serez pas seules et nos équipes vous accompagneront avec bienveillance...
- La Direction de la Polyclinique Majorelle.

Elle enjoint les mamans à ne pas acoucher seules, compte-tenus des complications possibles et de la faible disponibilité du SAMU et des pompiers liée au Coronavirus.
 

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