Covid-19 et vaccination : trois questions au professeur Christian Rabaud, infectiologue au CHRU de Nancy

Un centre de vaccination temporaire ouvre ses portes à Nancy, du vendredi 5 au dimanche 7 janvier 2024. Les indicateurs des cas de Covid-19 sont toujours élevés en France, mais ils diminuent. L'épidémie de grippe continue de progresser. Le professeur Christian Rabaud, infectiologue au CHRU de Nancy, répond à nos questions.

Face à la récente recrudescence des cas de Covid-19 et de grippe, la Métropole du Grand Nancy, la Ville, le CHRU de Nancy, la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé du Grand Nancy et l’Agence Régionale de Santé se coordonnent et ouvrent, du vendredi 5 au dimanche 7 janvier 2024, un centre de vaccination temporaire à l'hôtel de ville de Nancy. Il est accessible gratuitement à toutes les personnes éligibles à la vaccination contre le Covid-19, sans rendez-vous. Le vaccin contre la grippe pourra lui aussi être réalisé, à condition de ramener sa propre dose.

Dans son dernier bulletin, au chapitre Covid-19, Santé publique France constate une "diminution des indicateurs en ville et à l'hôpital mais la circulation du SARS-CoV-2 est toujours élevée". En parallèle, les indicateurs de la grippe sont en "forte augmentation" dit Santé publique France,"particulièrement à l'hôpital". Le Grand Est fait partie des 10 régions passées en épidémie. Le professeur Christian Rabaud, infectiologue au CHRU de Nancy, répond à nos questions.

N'est-il pas trop tard pour se faire vacciner ?

La vaccination covid est lancée depuis le 2 octobre, celle contre la grippe depuis le 17 octobre. On voit que contrairement à ce qu’on pouvait espérer, il n’y a pas eu d'engouement pour cette vaccination. Aujourd’hui 30% seulement de la cible est vaccinée, ce n’est pas assez.

Toutes méthodes qui permettent d’augmenter encore le taux de vaccination au-delà de ce que peuvent faire les médecins traitants, les pharmaciens est une initiative complémentaire qu’il faut voir d’un œil favorable. De plus, on a un vaccin, on l’a attendu toute l’année 2020, il est là, il n’est pas dangereux, il est tout à fait recommandé pour tout le monde donc il faut le prendre pour éviter quelques drames et éviter aussi de surcharger les hôpitaux qui, aujourd’hui encore, sont en tension par des personnes qui peuvent, grâce à la vaccination, ne pas tomber malades et donc rester à la maison.

Comment expliquer ce relâchement de la population cette année ?

Il y a des relâchements sur beaucoup de choses, à savoir le port du masque qui est devenu quand même à nouveau assez exceptionnel. Là où il y a vraiment une baisse importante, c’est tout ce qui concerne l’hygiène des mains, le gel hydroalcoolique est un peu passé de mode. Aussi, l’un des sujets sur lesquels on a sans doute été peu efficace, même au pic épidémique de la Covid, c’est l’aération des locaux. Ouvrir la fenêtre dix minutes par heure diminue de façon importante le risque de transmission en intérieur. Les gens ont envie de passer à autre chose et c’est vraiment dommage, car on a vraiment les moyens de protéger les plus faibles et il faut absolument qu’ils en profitent.

Est-ce toujours le même vaccin qui est utilisé ?

Le virus a évolué, donc effectivement, les antigènes qu’on utilise aujourd’hui pour fabriquer le vaccin ne sont plus les mêmes qu’au départ, on s'adapte à l’évolution. Celui d’aujourd’hui est plus adapté à Omicron, qui est aujourd’hui la souche qui circule. On savait dès le départ qu’avec l’ARN, l’un des intérêts était qu’on pourrait assez facilement “mettre à jour” le vaccin. Celui qu’on utilise aujourd’hui n’est donc plus le vaccin initial. Il est complété par des souches Omicron, plus adapté à ce qui circule en ce moment.