INFOGRAPHIE. Nancy: les choix des étudiants pour (bien) se loger

Une étude publiée en cette mi-juin souligne la préférence des étudiants nancéiens pour le marché locatif.
Bien que le loyer soit leur premier critère de sélection, les étudiants préfèrent se tourner vers le parc privé plutôt que de loger en résidence universitaire. Explications.
 

A Nancy, les résidences universitaires, comme celle de Monbois, sont moins prisées par les étudiants que le parc locatif privé.
A Nancy, les résidences universitaires, comme celle de Monbois, sont moins prisées par les étudiants que le parc locatif privé. © Google street view

L'agence Locservice.fr a publié, jeudi 13 juin 2019 une étude sur le logement étudiant, réalisée dans la Métropole du Grand Nancy. En voici les chiffres et les caractéristiques les plus significatifs.

Le loyer: un critère prioritaire

La vie estudiantine se caractérise souvent par un budget serré : le logement n’y échappe pas, puisque les étudiants y consacrent la part la plus importante de leur budget. A Nancy, ce budget équivaut en moyenne à 469€, et se situe bien en dessous de la moyenne d’un étudiant parisien (865€) mais aussi de la moyenne régionale, établie à 560 €.


Le premier critère des étudiants et de leurs parents, en particulier lors de leurs premières années, reste donc le montant du loyer :
"Vis-à-vis de mes parents j'avais deux contraintes : un loyer modéré qui leur permettait d'assumer mes premiers mois de loyer avant que je ne prenne le relais, et aussi la proximité avec l'école" affirme Idriss, 19 ans, en première année à Sciences Po sur le campus de Nancy. 
C’est en effet la famille qui se porte, pour 91% des étudiants, garante auprès des propriétaires.

La chambre en résidence universitaire : une solution pratique et peu chère

Pourtant, il existe des solutions peu chères et qui s’adaptent aux demandes des parents pour un premier logement étudiant.
Les chambres chez l’habitant, ou en résidence CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires) restent l’option la moins chère, avec en moyenne un écart de 100 euros entre la location d’une chambre ou celle d’un studio.

Sur Nancy et sa couronne périurbaine, les quatorze résidences du CROUS proposent des chambres et même des T1, de 147,5 € à 411,22 €. "A ce faible coût s’ajoute les avantages de ne pas avoir de caution, de charges, ni d’assurance logement à payer en plus", explique Lola Himbert, étudiante résidente sur le site de Saurupt. "Même si mes parents pouvaient largement me payer un studio, on trouvait ça bête de payer cher alors qu'on avait une solution à moindre coût."

Pour un premier logement ça ne me dérangeait pas de vivre dans 9 m².
Lola Himbert, étudiante

Au-delà du prix, les résidences CROUS, tout comme les résidences universitaires privées, sont appréciées pour l’encadrement qu’elle offre aux étudiants : gardien de sécurité, service de ménage…
Elles sont donc une solution rassurante pour les garants des plus jeunes étudiants comme Jade, 17 ans lorsqu’elle est arrivé pour étudier à Nancy, et locataire de la résidence CROUS Provençal :
 "J’étais encore mineure, mes parents aimaient bien la résidence universitaire pour la « sécurité » parce qu’il y a un vigile toute la nuit et quelqu’un à l’accueil toute la journée.

Cela les rassurait de savoir que je pouvais avoir une aide pour n’importe quel problème.
- Jade Fontaine, étudiante à Nancy

La location dans le parc privé : des solutions plus chères mais préférées par les étudiants

Cette solution pratique n’a cependant pas la préférence des étudiants à Nancy.
En réalité, ils sont seulement 5% à choisir ce type de logement. Les expériences en résidence sont en effet variées. Pour Marianne, qui logeait dans la résidence Saurupt en 2018 et a quitté sa chambre en cours d’année pour se mettre en colocation, c’était non négociable.
"La résidence où j'habitais est l'une des plus vieille de Nancy […]  Les espaces communs étaient en mauvais état et presque toujours fermés. Et certaines personnes volaient les affaires dans les machines à laver."  Même expérience pour Lola, qui au-delà des sanitaires "nauséabonds" et des problèmes de désinfection, souligne l’irrespect et le bruit très dérangeant.

En résumé: bien que beaucoup moins cher (150 euros par mois), on peut difficilement vivre dans de telles conditions" 
- Marianne Neveu Ponce, étudiante

C’est pour une autre raison que Jade a souhaité quitter sa chambre à la fin de l’année universitaire.
"Même si la résidence était très calme et que je n’ai jamais eu de problèmes avec les voisins ou le bruit (enfin c’était très très rare), l’espace était quand même petit"
A56%, en effet, les étudiants nancéiens penchent plutôt pour des studios ou des T1, dont les loyers en moyenne, tournent autour de 430 €. L’option la plus chère, les appartements et T2, est retenue par 19% des étudiants, souvent plus aisés ou en couple. Tout aussi populaire et typique du milieu estudiantin, la fameuse colocation est adoptée par 19% des étudiants.

La colocation : une solution peu chère et conviviale

Cette dernière solution est adoptée par les étudiants, non seulement pour son partage du coût, mais aussi et surtout pour sa convivialité : "l’esprit de coloc", c’est également ce qui a poussé Marianne à quitter sa chambre au CROUS à Saurupt.

En résidence les gens ne se connaissent pas.
- Marianne Neveu Ponce, étudiante en colocation

C’est également la raison pour laquelle Idriss a décidé de se mettre en colocation dès septembre 2019.
"Le logement en résidence universitaire possède un énorme défaut à mon sens, celui de renforcer l'individualisme et à terme cela amène à ressentir une solitude dans son propre logement. À vrai dire, je n’ai pas eu l'impression d'être une seul fois 'chez moi' dans ce logement car même si le 'tout meublé' me plaisait au début ça s'est révélé dérangeant à force. On a toujours le sentiment d'être chez quelqu'un d'autre."

Pour Marianne, si elle s'avère plus conviviale, la colocation s'accompagne de plus de démarches administratives, du ménage à faire, et surtout de savoir s’entendre avec ses colocataires: après une première année en chambre pour rassurer ses parents, c’est l’école de la vie qui commence dans ce qui est désormais "son propre chez soi".
 
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