INSOLITE. A la découverte de la pêche électrique pour compter les poissons

Publié le

La Fédération de pêche de Meurthe-et-Moselle organise une pêche électrique dans le Madon, près de Nancy, pour recenser les brochets classés espèce vulnérable. Découverte d'une technique au service de l'environnement et de la nature.

Elsa Hokonique accompagnée de deux techniciens progresse, de l’eau jusqu’à la taille dans le bras-mort du Madon. Ce n’est pas un hameçon qu’elle plonge sous la surface mais une anode au bout d’une perche : "nous créons un champ électrique dans l’eau qui va attirer les poissons et les tétaniser pendant quelques secondes."

Des petits poissons remontent à la surface, sont récupérés à l’épuisette puis versés dans un grand récipient pour être comptés et mesurés avant d’être relâchés.

Elsa Hokonique est chargée de mission et de protection des milieux aquatiques à la Fédération de pêche de Meurthe-et-Moselle. Elle s’occupe de la gestion et de la restauration des milieux aquatiques. L’association de pêche du Saintois a fait appel à ses services en 2020 afin de restaurer un ancien bras-mort de la rivière.

Il a été comblé au fil du temps par les inondations réputées spectaculaires du Madon. Le président Michel Roy connait bien le secteur, il y pêche depuis 60 ans : "on s’est dit pourquoi ne pas restaurer ce bras mort pour rouvrir une annexe sur la rivière et faire une frayère à brochets car c’est une espèce classée vulnérable."

Elsa Hokonique et son équipe ont mené les études et supervisé les travaux. 20 bénévoles de l’association de pêche mobilisés par Michel Roy se sont mis à la tâche pendant tout un hiver : « nous avons débité 50 stères de bois »

La chargée de mission explique: « c’est un cours d’eau qui a été fortement modifié par les activités humaines au fil du temps. Nous recréons des zones qui sont vitales pour la faune et la flore aquatique » Deux ans après la restauration et la reconnexion du bras-mort à la rivière, elle est venue contrôler si cette annexe joue bien son rôle de zone-refuge et de reproduction notamment pour le brochet: « c’est une espèce « parapluie », elle est très exigeante. Si elle se porte bien alors toutes les autres aussi »

Michel Roy et quelques pêcheurs suivent attentivement la progression des techniciens dans l’eau. De multiples petits poissons remontent à la surface ce qui augure de la bonne santé du milieu. Il faudra attendre un bon moment avant que ne retentisse ce cri : "un brocheton !". Ce seront quatre petits carnassiers qui seront capturés, mesurés puis relâchés. Au final, tous les poissons seront comptés et mesurés.

Elsa Hokonique est satisfaite du résultat : "c’est positif car nous avons beaucoup d’espèces et surtout des petits brochets qui révèlent une reproduction effective." Michel Roy lui, ne cache pas son enthousiasme : "c’est magnifique ! Avec toute une diversité d’espèces ! On a passé du temps à aménager mais cela valait la peine."

Fort de ce résultat, l’association de pêche du Saintois qui gère 23 kilomètres de rives entre Ceintrey et les Vosges envisage l’aménagement d’autres frayères. Elle pourra compter sur les compétences des techniciens de la Fédération de Meurthe et Moselle.