Jarny : Grégory Colon, champion de bras de fer avec 26 titres nationaux

Qui peut se targuer, en cette mi-2021, de posséder 150 trophées et d'avoir décroché 26 titres nationaux dans la même discipline ? Le Meurthe-et-Mosellan Grégory Colon est champion toutes catégories de bras de fer. Et sans des soucis de santé, le palmarès du Jarnysien serait encore plus étoffé.
Dans les compétitions de bras de fer, c'est souvent sur la première marche du podium que l'on retrouve Grégory Colon.
Dans les compétitions de bras de fer, c'est souvent sur la première marche du podium que l'on retrouve Grégory Colon. © Grégory Colon

Tout a commencé un jour de 1992 dans un café vosgien.
Ce jour-là, Grégory Colon prend part à un tournoi amateur de bras de fer.  Et c'est la révélation pour le jeune homme qui "casse tout" sur son passage.

Dès l'année suivante, il décroche un titre de champion de France seniors puis, de compétition en compétition, il monte dans la hiérarchie de cette discipline en quête de reconnaissance. 
"Contrairement à ce que l'on croit, au bras de fer ce n'est pas celui qui a les plus gros bras qui gagne. En fait, la victoire dépend à 75% de la force des mains et des doigts. C'est pour ça que la prise de mains est très importante. Ceux qui font de l'escalade et de l'alpinisme pourraient être doués au bras de fer.  Moi je fais de la musculation mais très régulièrement je travaille spécifiquement les doigts, les mains et les poignets". 

Des hauts et des bas

En 1995, Grégory est déjà numéro 6 mondial en moins de 75 kilos. Mais si l'ascension du lorrain a été rapide, sa descente aux enfers le sera tout autant.
"En 1996 on m'a diagnostiqué une sclérose en plaques. Les médecins m'ont dit 'votre maladie n'est pas compatible avec le bras de fer', j'ai donc tout arrêté. Et c'est seulement en 2008 après un séjour en soins intensifs suite à une hémorragie interne que je me suis dit 'tu n'as plus rien à perdre il faut que tu reprennes'. Dix ans après, j'ai été champion du monde handisport en Pologne". 

Le sport pour combattre la maladie c'est le credo de Grégory Colon. Pas plus tard que le mois dernier (juillet 2021, ndlr) à Nice, il est revenu de la Côte d'Azur avec un nouveau titre de champion de France handisport et une place sur le podium chez les vétérans valides. 
Un mental d'acier pour s'astreindre à des entraînements quotidiens de plusieurs heures. 

Les combats de bras de fer ne durent souvent que quelques secondes.
Les combats de bras de fer ne durent souvent que quelques secondes. © Grégory Colon

Objectif JO 2028

Le bras de fer, c'est une longue préparation mais des combats express. Car la particularité de cette discipline, c'est que les joutes musclées ne durent jamais bien longtemps.
"Les combats les plus rapides au bras de fer, ça ne prend même pas une seconde, le plus long que j'ai fait a duré 45 secondes mais en général c'est réglé en 5 à 10 secondes. Dès la prise en mains, on sent déjà si on ça va bien se passer ou s'il va falloir forcer".

Beaucoup plus longue est la recherche de sponsors et de subventions, car Grégory va créer son club à Jarny. Un club qui, à terme, pourrait servir de tremplin pour les Jeux Olympiques. Et oui, c'est très sérieux, le bras de fer pourrait faire son entrée à l'olympiade de Los Angeles en 2028. Et Grégory Colon compte bien être de la partie, car comme il aime à le répéter "le bras de fer, c'est ma passion". 
 

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