Les soignants de la polyclinique de Gentilly, en grève, dénoncent des conditions de travail “catastrophiques” : “plus personne ne veut rester ici”

Ce mardi 20 février 2024, la polyclinique de Gentilly, à Nancy, était en grève. Environ 70 personnes se sont rassemblées pour protester contre les conditions de travail et réclamer une meilleure organisation de travail. Ils dénoncent une perte de qualité.

L’hôpital privé de Gentilly, à Nancy (Meurthe-et-Moselle) est en manque de moyens et les soignants sont à bout. C’est le message que veulent faire entendre les personnels en attente de solutions. Après une discussion peu fructueuse, lundi 19 février 2024, entre les représentants de l’intersyndicale et la direction, le personnel a décidé de se mettre en grève ce mardi 20 février. Ce mardi matin, ils étaient environ 70 à être ainsi venus pour dénoncer des conditions de travail "de plus en plus catastrophiques" et même "une perte de qualité de soin" à la polyclinique de Gentilly.

"On est en train de perdre les conditions de prise en charge des patients", explique Rémy Debart, syndiqué au syndicat SUD, l’air inquiet et fatigué. Ce professionnel de la santé déplore une mauvaise organisation du travail : "Une fois, une infirmière s’est retrouvée seule pour 25 patients". Un ratio qui fait craindre aux soignants une détérioration du soin. Mais face au manque de moyens, l’établissement peine à recruter. "Plus personne ne veut rester ici, on est en sous-effectif, on a des personnes qui sont en souffrance. On ne reconnaît plus notre travail".

On est quatre titulaires au lieu de dix

Une soignante de la polyclinique de Gentilly

Manon Torterat, Marie Duquesnoy et Célia Talagrand, toutes les trois infirmières, espèrent voir la situation s'arranger rapidement. "Dans notre service, on est quatre titulaires au lieu de dix tellement on manque de personnel", témoigne l’une d’entre elles. Pour expliquer les départs de personnel et les difficultés de recrutement, Rémy Débart aborde aussi l’importance des rémunérations. "Elles n’ont pas été majorées comme c’est le cas dans le public", souligne-t-il.

C’est un problème de longue date. Déjà en février 2023, face au manque de personnel, l’établissement avait été obligé de fermer définitivement son service d’urgence, après un enchaînement de fermetures temporaires. Cette fois, le personnel en grève attend des solutions et de nouvelles propositions concrètes de la direction. Leur demande est claire : "On veut de vrais ratios patients-soignants pour notre sécurité et celle de nos patients".