Messieurs, confiez votre poitrine à un peintre pour lutter contre le cancer du sein!

Une initiative solidaire sur les réseaux sociaux. En ce mois d’octobre 2020, l’artiste peintre FabEnt, basé à Vandœuvre-lès-Nancy, renouvelle pour la quatrième année son appel aux photos de poitrines d’hommes. Il les transforme en tableaux vendus au profit d'associations.

Les courageux modèles peuvent bomber le torse de fierté.
Les courageux modèles peuvent bomber le torse de fierté. © Fabrice Entemeyer
Le cancer du sein, on en parle souvent parce qu’on a eu un proche touché.
C’est comme ça que le peintre Fabrice Entemeyer a débuté son projet « Ex-voto MesSeins ».
"Je me suis rendu compte que les femmes n’étaient souvent pas écoutées. Elles affrontent le cancer de façon silencieuse ou même le cachent", explique-t-il.
 

Pour les hommes, c’est au mieux " la maladie de leur femme"

Fabrice Entemeyer



Alors comment briser ce tabou quand on est artiste au temps des réseaux sociaux sans que cela soit morbide ?

En faisant appel de façon ludique à la bonne volonté de ces messieurs. Pour la quatrième année consécutive, chaque mois d’octobre, il recherche des modèles.
Je vois déjà des hommes qui transpirent. Pas de panique ! C’est anonyme. Vous lui envoyez un ou deux clichés de votre poitrine sans votre visage, votre prénom ou un pseudo, et choisissez une couleur. Il se chargera d’en faire un tableau.
Le rose est permis bien sûr. D'ailleurs, il y a encore un siècle, c’était le rose et non le bleu qui était la couleur des hommes en peinture. Dérivé du rouge, il symbolisait la puissance.

Des nus virtuels


"Sur les réseaux sociaux, les poitrines sont souvent censurées. Peindre des poitrines d’hommes, c’était une façon de contourner cette interdiction".
En matière d’égalité femmes-hommes, les logiciels de reconnaissance de facebook, qui repèrent les nus, ont encore du chemin à faire…

Ses volontaires, il les trouve souvent par bouche-à-oreille. Certains se présentent spontanément car ils se sentent concernés par le sujet.

"Parfois je ne connais ces gens que par leurs seins".

Fabrice Entemeyer

Pour Didier, 50 ans, une des "muses", la démarche a été instinctive et plus forte que la pudeur.
"C'est ma façon à moi d'agir et d'avoir l'impression de faire quelque chose face au cancer dont plusieurs proches ont été atteints", explique-t-il. Il a même acheté le tableau, qui est maintenant accroché dans son salon. "Pas question que quelqu'un d'autre l'ait".
 
Une partie des 93 tableaux est accrochée au restaurant le Bernanos de Bar-le-Duc.
Une partie des 93 tableaux est accrochée au restaurant le Bernanos de Bar-le-Duc. © Fabrice Entemeyer



Tableaux porte-bonheur

Ces tableaux, tous ronds, il les appelle des ex-voto. Traditionnellement, ce sont des objets qu’on place dans les églises pour formuler un vœu. Pour lui, qui a travaillé pendant ses études en arts plastiques sur le détournement des images pieuses dans l’art, c’est une façon de faire un don pour porter bonheur à ces femmes. Des tableaux amulettes en quelque sorte.

Sur chaque toile, une couture en fil qui interpelle, symbole de blessure mais aussi de réparation et de lien.
 

Ils sont ensuite vendus, aux modèles qui les réclament, ou au grand public. L’an dernier, il a apporté 1.300 euros à l’association Rose and roll de Metz. Plus 1000 euros de dons spontanés de clients, à côté des ventes.
Ses toiles sont accrochées en ce moment à Bar-le-Duc, sur le plafond du restaurant Bernanos dans la ville haute. En attendant d’autres expositions à venir.
Fabrice n’a pas vraiment de seins. C’est un homme…ça arrive…mais il a du cœur!

Pour consulter son blog et se porter volontaire, cliquez ici


 
Retards de diagnostics à cause du covid
Cette année, le message est encore plus essentiel: allez vous faire dépister.
A l'Institut de cancérologie de Lorraine, on voit arriver ces dernières semaines des femmes jeunes avec des cancers avancés car elles n'ont pas osé aller faire des mammographies pendant l'épidémie. Par peur du virus ou de rajouter un motif d'inquiétude à l'angoisse ambiante.
Le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer chez la femme en France mais, dans 9 cas sur 10 s’il est détecté tôt, il se soigne.
L’Institut de cancérologie lance cette année une campagne de prévention décalée, sous forme d’interviews vidéo avec des personnalités lorraines du monde de la culture ou des sports.

Pour regarder les clips « portraits de seins », cliquez ici.
 
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