Nancy: pourquoi Benoit Pedretti ne resterait-il pas sur le banc de l'ASNL ?

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Écrit par Yoann Rodier
Benoit Pedretti a remporté autant de points en deux matchs que son prédécesseur en dix journées.
Benoit Pedretti a remporté autant de points en deux matchs que son prédécesseur en dix journées. © Inès Pons-Teixeira

Nommé entraîneur par intérim après la mise pied de l'Allemand Daniel Stendel, Benoît Pedretti a offert à l'AS Nancy Lorraine sa première victoire cette saison en Ligue 2. Même s'il n'est pas diplômé et que le club encourt des amendes, la tentation de le maintenir sur le banc est réelle.

Une délivrance pour tout un club. Après 11 journées sans la moindre victoire, l’AS Nancy Lorraine a enfin remporté un match de Ligue 2 cette saison. Sur leur pelouse, les Nancéiens ont trouvé les ressources pour renverser Guingamp (2-1) ce samedi 16 octobre, alors qu’ils étaient menés au score.

Mieux encore, l’attaquant Andrew Jung a inscrit le but de la victoire (87ème), alors que les Rouges et Blancs évoluaient en infériorité numérique, suite à l’expulsion de Giovanni Haag à la 74ème minute de jeu.

Un intérim qui dure

Cette révolte, cette détermination, cette force de caractère n’avaient jamais été vraiment entrevues depuis le début d’une saison cauchemardesque, qui voit Nancy enlisé à la dernière place du classement. Cette mobilisation des joueurs pour tenter de sauver le club coïncide avec l’arrivée sur le banc de Benoît Pedretti.

L’ancien international français (22 sélections), jusque-là à la tête de l’équipe réserve, a été chargé d'encadrer le groupe professionnel suite au limogeage de l’Allemand Daniel Stendel, le 24 septembre.

Benoit Pedretti est sensé assuré l’interim jusqu'à ce que le président délégué du club, Gauthier Ganaye, nomme un nouvel entraîneur français et expérimenté. Mais pour le moment, la perle rare ne semble pas avoir été trouvé. 

Surtout le fameux électrochoc, célèbre dans le football après un changement d'entraîneur, semble avoir eu lieu. En deux matchs sous les ordres de Pedretti, Nancy a pris autant de points (quatre) qu'en dix journées avec Daniel Stendel. Le jeune retraité des terrains, qui fêtera ses 41 ans en novembre,  est parvenu à remobiliser tout un groupe. 

"Il était joueur il n'y a pas longtemps et il sait comment s'y prendre, résume Abdelhamid El Kaoutari, un des défenseurs centraux de l'ASNL. Il nous a amené un grand souffle et de la positivité. La communication est plus facile avec lui." 

Il faut dire que son prédécesseur ne parlait pas français (c'est un de ses adjoints qui lui servait d'interprète). Ses méthodes (horaires d'entraînement, organisation de la semaine) et ses choix n'étaient que moyennement appréciés. 

L'effet Pedretti

Pedretti a su relancer des joueurs placardisés depuis des semaines (Dorian Bertrand, Abdelhamid El Kaoutari). Son discours ferme et volontariste a également eu un bon écho dans le vestiaire.

"Il faut défendre les couleurs et les valeurs du club : le travail, le respect, l’humilité, déclarait l’ancien milieu de l’ASNL (2015-2018) lors de sa première conférence de presse. Je serai intransigeant sur ces choses-là. L’équipe est au-dessus de tout, et personne ne se mettra au-dessus de l’équipe tant que je serai là!"

Amende de 12.500 euros par match

Après un bon match nul sur la pelouse du Paris FC (1-1), Benoît Pedretti a donc réussi à guider ses hommes vers leur premier succès de la saison. Dans l'entourage du club, on ne cache pas que les joueurs voulaient absolument remporter cette rencontre face à Guingamp pour leur entraîneur. L'ASNL est toujours lanterne rouge de Ligue 2, mais elle ne compte aujourd'hui que quatre points de retard sur le premier non-relégable. Les espoirs de maintien sont bels et bien ravivés.

"Il ne faut pas s'enflammer. On est toujours derniers et on reste les pieds sur terre, a déclaré Pedretti à l'issue du match contre Guingamp. Il faut continuer à travailler. On a du potentiel, mais il faut rester vigilant."

Malgré cette nouvelle dynamique et ses bons résultats, Pedretti ne devraient logiquement pas rester très longtemps sur le banc nancéien. Il ne dispose pas encore du Brevet d'entraîneur professionnel de football (BEPF). Un diplôme obligatoire pour diriger une équipe professionnelle. Le club a obtenu une dérogation d'un mois auprès de la Ligue, mais passée cette échéance (c'est-à-dire le 24 octobre), Nancy devra payer une amende de 12.500 euros pour chaque match disputé sans entraîneur dûment diplômé sur son banc. 

Sur le banc à Ajaccio

L'addition pourrait vite être salée, mais les nouveaux dirigeants nancéiens ne semblent pas plus pressés que cela. La prise en charge des salaires d'un nouveau coach et de son staff représenterait également pas mal d'argent. Pour ne pas casser "l'effet Pedretti", la tentation pourrait être grande de le laisser sur le banc tant qu'il obtient des résultats positifs, qui permettent à l'ASNL de se redresser au classement. 

La prochaine trêve internationale (du 8 au 16 novembre) pourrait apparaître comme un nouveau point d'étape avant de prendre une décision. D'ici là, Nancy va affronter des équipes de haut de classement (AC Ajaccio,  FC Sochaux), avec sans doute Benoit Pedretti à la barre. Ce lundi matin en tout cas, l'ancien milieu de terrain s'est lancé dans la préparation du déplacement en Corse samedi prochain. Avec toujours la même détermination et la même envie de sauver le club. 

 

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