Nancy : dans les services de réanimation, les patients touchés par le coronavirus sont sous haute surveillance

Les cas graves de Covid-19 sont pris en charge dans les services de réanimation. / © IP3 PRESS/MAXPPP Luc Nobout
Les cas graves de Covid-19 sont pris en charge dans les services de réanimation. / © IP3 PRESS/MAXPPP Luc Nobout

Le but de la réanimation est de rétablir l'ensemble des fonctions vitales des patients. En ce mois de mars, les cas les plus graves du coronavirus sont pris en charge dans les services de réanimation comme au CHU de Nancy. Mais dans quels cas est-on hospitalisé en réanimation?
 

Par Yves Quemener

Le coronavirus menace d'abord les personnes les plus fragiles. Les personnes âgées. Et maintenant, comme on a pu le constater mercredi 11 mars 2020, c'est aussi devenu le défi des médecins-réanimateurs. C'est la rapidité avec laquelle le virus se propage qui est particulièrement inquiétante.
"Je pense que la question essentielle pour les semaines qui viennent, c'est le pourcentage et le nombre de formes graves, c'est-à-dire de formes qui nécessitent une prise en charge dans des structures hospitalières spécialisées de type réanimation parce que c'est ça qui va faire qu'on sera capable ou pas de prendre en charge ce type de patients", a précisé le professeur Delfraissy, spécialiste des maladies infectieuses.
Dans les CHU, comme à Nancy, "les capacités de réanimation sont par définition limitées, et il y a un enjeu d'accès aux lits de ces services", explique un médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de Nancy. 
 

Protéger le personnel médical

Un passage dans un service de réanimation reste très traumatisant pour un malade.
Le Covid-19 peut causer une atteinte grave du poumon. Le sang du patient se trouve à la fois moins bien oxygéné et moins bien purifié de son contenu en dioxyde de carbone. "Une assistance devient alors nécessaire, sous masque ou par une intubation", explique le médecin réanimateur du CHU de Nancy. 
"Aide respiratoire, scope, ces équipements sont indispensables pour la surveillance des patients en réanimation. Les patients ont besoin d'une assistance et donc d'un respirateur qui va remplacer le fonctionnement des poumons le temps de la guérison", explique le Professeur Jean-Michel Constantin, médecin à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et secrétaire général  de la société française d'anesthésie et de réanimationjoint par téléphone par France 3 Lorraine.  
"Une hospitalisation dans un service de réanimation dure normalement en moyenne entre cinq et huit jours".
Mais depuis le Covid-19 les médecins sont confrontés à une forme d'embouteillage. La raison principale est surtout l'afflux des patients, infectés par le virus.

Il faut éviter à tout prix que le personnel médical tombe malade
- Professeur Jean-Michel Constantin, hôpital de la Pitié-Salpêtrière

"C'est notre crainte. Car lorsque l'on met beaucoup d'oxygène à un patient, le virus risque de se propager sous forme de gouttelettes en suspension autour de lui".
Un service de réanimation coûte très cher. En matériel. En personnel. "Une infirmière pour trois malades", ajoute le Professeur Jean-Michel Constantin.

Des patients plus jeunes

Mercredi 11 mars, le ministère de la Santé a affirmé que la France disposait de 5.000 lits équipés pour les patients dans un état grave. Mais des personnes de plus en plus jeunes commencent à être admises dans les services de soins intensifs. En Italie, des patients de moins de 50 ans sont admis dans les services de réanimation.
Les services de réanimation affichent habituellement un taux d'occupation moyen de 80 à 90%. Pour dégager des places, les hôpitaux pourraient déprogrammer des opérations non urgentes ou faire appel au privé.
Nous sommes quand même partis pour que cela dure longtemps. Au moins trois ou quatre mois. 
Ce qui risque d'être épuisant pour le personnel hospitalier, les infirmières, les médecins.
Le coronavirus continue à se propager : le nombre de cas dépasse les 110.000 dans le monde, avec plus de 4000 morts.
 

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