Off mode : un festival pour lutter contre la fast fashion, "une autre mode est possible"

Samedi 1er juin, Off mode revient pour sa deuxième édition au sein de la MJC Lillebonne à Nancy. Un festival qui dénonce la fast fashion et milite pour une mode plus respectueuse de l’environnement. Au programme : ateliers de transformations et conseils pratiques pour devenir un consommateur plus responsable.

Une passion, la mode, et des convictions, celles de respecter la planète et les droits humains : c’est ce qui a guidé trois filles, Amandine, Marion et Lucie, qui organisent ce samedi 1ᵉʳ juin 2024, la deuxième édition de Off mode dans les locaux de la MJC Lillebonne à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Un festival qui dénonce les pratiques agressives de la fast fashion (industrie de la mode qui produit à bas coût et renouvelle rapidement les collections) et ses conséquences sur l’environnement, tout en proposant des alternatives plus responsables.

"On avait envie de montrer qu’on peut consommer différemment, qu’une autre mode est possible", explique Lucie Roitel qui attend environ 1 200 visiteurs au cours de la journée. Cette année, cinq friperies et dix créateurs locaux exposeront leurs créations. La preuve que s’habiller de façon responsable et locale, même dans une ville de taille moyenne, est possible.

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"C’était aussi un besoin pour nous, en tant que créatrices, de montrer notre travail au grand public, et surtout de leur donner des conseils pratiques". Lucie Roitel est en effet une créatrice de mode, spécialisée dans la broderie mais elle anime aussi de nombreux ateliers de couture et de customisation, pour donner une seconde vie aux vêtements. Lors du festival Off mode, elle animera un atelier de customisation à base de vieilles chemises.

De nombreux ateliers sont ainsi prévus au cours de l’après-midi pour apprendre les rudiments de la machine à coudre, afin de réparer ou transformer ses anciens vêtements en pièces plus actuelles. Une manière efficace et ludique de lutter contre le gaspillage et la surconsommation, mais qui nécessite de donner des clefs, explique Lucie Roitel : "Je me mets à la place des consommateurs. C’est comme pour l’alimentation : si on ne leur donne pas des solutions pour changer nos habitudes de consommation, ils ne vont pas forcément aller les chercher."

Plus qu’un festival pour les amateurs de mode et de couture, Off mode vise à dénoncer les travers de la fast fashion, tout en remettant en cause nos habitudes de consommation. Des tables rondes et conférences seront notamment animées par la journaliste Catherine Dauriac, autrice du livre Fashion Fake or Not, paru en avril 2022, est présidente de l’aile française du mouvement Fashion Revolution, né au lendemain de l’effondrement de l’usine Rana Plaza, au Bangladesh, le 24 avril 2013 qui avait fait plus de 1 100 morts.

Engagée pour une mode plus responsable, Catherine Dauriac nous pousse à remettre en cause nos modes de consommations avec des conseils pratiques :  ai-je vraiment besoin de ce nouveau vêtement ? N’ai-je pas déjà l’équivalent ou quelque chose d’approchant ? Est-ce que je peux attendre une semaine ou deux ? Le but : éviter les achats impulsifs alors que nous ne portons en moyenne qu’un tiers de notre garde-robe.

Selon Catherine Dauriac mieux vaut adopter un vestiaire réduit, intemporel et de qualité, pour mixer les pièces et prolonger leur durée de vie durant de nombreuses années.

Les chiffres de la fast fashion :

  • 4 milliards de tonnes de CO2 : Ce sont les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie textile (vêtements et chaussures) au cours d’une année, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Si les tendances actuelles de consommation se poursuivent, à l’horizon 2050, le secteur comptabilisera plus d’un quart des émissions globales des gaz à effet de serre. 
  • 100 milliards : C’est le nombre de vêtements vendus chaque année dans le monde selon l’Ademe. Une production qui a doublé entre 2000 et 2014. Rien qu’en France, environ 3,3 milliards de vêtements ont été mis sur le marché en 2022, soit l'équivalent de plus de 48 vêtements par habitant.
  • 240.000 tonnes : C’est la quantité de microparticules plastiques relâchés dans la nature chaque année, soit l’équivalent de 24 milliards de bouteilles en plastique. Les vêtements en matière synthétique relâchent des microfibres plastiques à chaque lavage.
  • 70 douches d’eau : C’est la quantité d’eau utilisée dans la fabrication d’un t-shirt en coton. Le textile est le troisième secteur qui consomme le plus d’eau à l’échelle mondiale, après la culture de blé et de riz.
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