Une pétition de défiance de jeunes femmes de Nancy envers la police nationale

© France 3 Lorraine - Cassandra Bigeard
© France 3 Lorraine - Cassandra Bigeard

Il y a d'abord un sentiment d'insécurité de jeunes femmes à Nancy. Il y a ensuite des agressions avérées. Il y a enfin un accueil policier qui fait débat. Une pétition en ligne circule depuis le 22 novembre et recueille plus de 23.000 signatures au 5 décembre. Un syndicat policier répond.

Par Sophie Gueffier avec Jean-Christophe Dupuis-Rémond

Nouvelle Mise à jour : le 5 décembre 2017

Le communiqué de presse de la DDSP (La Direction départementale de la Sécurité Publique 54)

La Direction départementale de la Sécurité Publique 54 avait finalement envoyé un communiqué de presse, dans lequel elle prenait acte de la pétition. 
Elle a ainsi fait savoir, qu'un individu incarcéré, sera jugé pour des faits d'exhibitionnisme début décembre.

Elle incite également les femmes victimes de" frottements" à appeler le 17 pour une intervention immédiate des services de police.
Et elle rappelle enfin qu'une adresse mail existe pour obtenir un rendez-vous auprès d'une cellule spécialisée pour la prise en charge des femmes victimes de violences. 
 


Mise à jour : vendredi 24 novembre 2017

Un syndicat policier s'insurge

La direction de la police Nationale en Meurthe-et-Moselle, que nous avons joint pour une réaction jeudi en début d'après-midi, n'a toujours pas répondu à notre sollicitation ce vendredi 24 novembre; 

En revanche, le syndicat SGP Police FO 54 nous a transmis le communiqué publié sur sa page Facebook en réaction à la pétition de ces jeunes femmes qui a atteint désormais plus de 19.000 signatures.

Pour le syndicat, qui écrit "comprendre et entendre la souffrance des victimes" de harcèlements et de leur "impact psychologique",

il ne faut pas jeter l'opprobre sur l'ensemble de (la) profession de policier,

ni "se tromper de cible".

Et si en effet, les policiers les plus jeunes manquent parfois "de formation et de sensibilisation (...) en la matière", le manque de personnels explique également, selon le syndicat, la difficulté pour les forces de l'ordre à assurer correctement toutes leurs missions sur leur "vaste secteur" à Nancy.

Le syndicat invite les pétitionnaires à

un dialogue constructif avec tous les acteurs (pour) apporter des solutions concrètes aux victimes,

pour "faire évoluer la réponse pénale" sur les faits dénoncés par les jeunes femmes. Car aujourd'hui, nombre d'entre-eux, par exemple le harcèlement de rue, "ne sont pas punis par la Loi".


Notre article d'origine :

Nous nous sentons seules et abandonnées par les personnes qui devraient nous protéger


Ainsi nous accroche la pétition en ligne lancée ce mercredi 22 novembre par Charline Viaud. 

La jeune femme a recueilli de nombreux témoignages d'étudiantes, notamment, qui ont le sentiment de la "double peine".
Non seulement, elles ont été victimes d'agressions ou de tentatives d'agressions, mais leurs témoignages n'ont pas été accueillis, selon leurs attentes, par les policiers de Nancy. 

Ce ressenti est dans l'air du temps. Il est commun aux femmes, mais aussi aux homosexuels, aux minorités, etc. 

Leur sentiment ?
Face à ce cynisme du sexe fort, il faut s'armer de courage, de ténacité et de patience pour simplement se faire entendre. 

Quand on nous parle de bienveillance

Ce qu'elles reprochent aux policiers, c'est la mise en doute de leur parole.

Ce sont les questions orientées: "Vous portiez quoi comme vêtements?".
Ce sont les remarques condescendantes. "On ne va quand même pas envoyer une patrouille à chaque fois qu'on vous touche le bras".

La rédactrice de la pétition s'indigne et sait déjà ce qu'on va lui rétorquer. Manque d'effectifs, manque de formation pour les policiers. Et ajouter à cela le cumul d'heures supplémentaires dans les cadre de la période d'état d'urgence. De quoi fatiguer les nerfs de ces hommes qui sont en première ligne pour écouter toutes les misères du monde. 

Et pourtant, le terme à la mode en ce moment c'est la bienveillance. On nous rebat les oreilles de ce concept qui serait la solution à tous nos problèmes. Mais voilà, il y a un hic, la bienveillance ce n'est pas un concept, c'est un état d'esprit. Tout le monde ne l'a pas, et il est difficile à "enseigner". 

Ecouter et protéger

La police a su faire les efforts nécessaires en matière de protection de l'enfance. Elle sait écouter dans la bienveillance leurs témoignages. Charge à la justice ensuite de faire la part des choses, entre perception, et intention, entre exagérations, mensonges ou réalités.

Ce que dit cette pétition, c'est qu'il revient à la police désormais d'enclencher les mêmes ressorts d'écoute pour toutes les catégories de population. Sans tomber dans un angélisme niais et mal venu.

 "Protéger, garantir et servir", c'est l'objectif louable du Ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Dont un des neuf chapitres de cette feuille de route est consacré à l'insécurité au quotidien, celle-là même qui inquiéte les jeunes femmes de Nancy.

Plus facile à dire qu'à appliquer ?

Si vous voulez lire la pétition dans son intégralité cliquer ici : 



 




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