REPLAY - Municipales 2020 à Laxou : ce qu'il faut retenir du débat du second tour

Publié le
Écrit par Mayeul Aldebert
Les deux candidats restants ont débattu pendant 40 minutes avec le journaliste Arnauld Salvini.
Les deux candidats restants ont débattu pendant 40 minutes avec le journaliste Arnauld Salvini. © Mayeul Aldebert - France Télévision

Replay. Vendredi 19 juin, les deux candidats qui s’affrontent au second tour des élections municipales à Laxou (Meurthe-et-Moselle) étaient sur le plateau de France 3 Lorraine pour débattre pendant quarante minutes. Voilà ce qu’il faut en retenir.

 

Laxou, 15.000 habitants, est la troisième ville de l'agglomération nancéienne. Si nous l'avons choisie - ce vendredi 19 juin à 18h - pour l'un des neuf débats organisés sur l'antenne de France 3 Lorraine pour ce second tour, c'est qu'elle illustre un cas de figure assez fréquent : l'histoire du fauteuil pour deux. Le conflit entre l'élu et son "suppléant".

Débat second tour municipales 2020 Laxou

Laurent Garcia, maire depuis 2008 et brillamment réélu en 2014, avait laissé son fauteuil en 2017 à son adjointe Laurence Wieser pour un siège de député. Sous la menace de voir sa circonscription disparaître avec la réforme institutionnelle du gouvernement qui prévoit la réduction du nombre de parlementaires, Laurent Garcia a décidé de revenir à la mairie. Il est arrivé en tête avec 41% contre les 33,8% de son ancienne adjointe Laurence Wieser. Le troisième prétendant, Pierre Baumann, étiqueté DVG s’est rallié à Laurence Wieser alors que les deux candidats s’étaient jurés de ne pas s'engager dans le moindre rapprochement. Le débat a donc commencé sur cette fusion inédite qui pourrait, en tout cas sur le papier, faire basculer l’élection.

Le revirement de l’alliance entre Pierre Baumann et Laurence Wieser

Laurence Wieser s’est défendue tout d'abord de tout revirement en parlant de "socle commun d’idée" même si, un temps donné, elle avait exclu toute alliance avec la liste DVG. Aujourd'hui, Laurence Wieser préfère "rassembler toutes les sensibilités avec des gens encartés dans différents partis politiques". Laurent Garcia ne s’est pas privé de dénoncer un "rapprochement contre nature" et de reprocher à son ancienne alliée d’avoir "trahi sa parole politique, et d’avoir rejoint un candidat socialiste qui ne s’était pas privé de l’attaquer pendant la campagne du premier tour". L’ancien maire a ensuite souligné son éloignement des partis avec sa phrase fétiche : "qu’il soit de droite ou de gauche, il faut réparer le trou qu’il y a sur la chaussée."

 Pourquoi s’affronter entre anciens alliés politiques ?

"Je n’ai pas d’ennemis en politique, que des adversaires" a botté en touche Laurent Garcia. Laurence Wieser a affirmé qu’ils ne partageaient plus les mêmes valeurs depuis qu’elle avait récupéré "une équipe disloquée en 2017" reprochant à l’ancien maire d’avoir abandonné les électeurs. Arrive alors la question épineuse du retour de Laurent Garcia à la mairie de Laxou. L’ancien maire élu en 2014 avait quitté la mairie en 2017 ne pouvant cumuler le mandat de maire et celui de député. Pourquoi ce retour prématuré demande Arnauld Salvini de France 3 Lorraine ? "On a les moyens au niveau parisien de faire avancer des dossiers de sa circonscription [dont la ville de Laxou fait partie]. Avec le nouveau découpage de la réforme institutionnelle, le métier de parlementaire va éloigner le député national de sa circonscription" a répondu Laurent Garcia.

Deux candidats écolo

L’écologie a été le premier thème de campagne abordé dans le débat. Laurence Wieser est-elle la candidate de l’écologie demande le journaliste à la maire sortante ? Elle s’en défend tout en arguant "son passé de militante associatif" et "sa politique environnementale déployée ces dernières années".  Elle se justifie en rappelant que l’écologie doit être une évidence plus qu’une partie d’un programme politique en soulignant le devoir "d’exemplarité des collectivités".

Laurent Garcia de son côté affirme vouloir "accompagner les comportements qui changent doucement". Par exemple en créant des jardins partagés, en végétalisant la ville, en favorisant les circuits courts avec les cantines ou encore par l’enfouissement des réseaux.

Restructurer la police municipale

Autre thème de campagne : celui de la vie de la cité et en particulier de la sécurité. "Il n’y a pas de problème de sécurité à Laxou" affirme sans sourciller Laurence Wieser. "Je n’aime pas stigmatiser ces quartiers et y concentrer les difficultés" s’explique-t-elle. Elle propose notamment d’augmenter les effectifs de la police.

L’actuel député quant à lui voudrait installer un point de police municipale sur le quartier du Champ-le-Bœuf. Il reconnait que "les statistiques montre bien qu’il y a plus d’insécurité dans certain quartier". Ce point de police municipale servira "à être plus proche des habitants, en recueillant les plaintes, en étant en contact avec les citoyens".

Démocratie locale

Un autre thème cher aux deux candidats est sans doute celui de la participation des Laxoviens à la vie démocratique locale. Laurent Garcia entend "consulter d’avantage les habitants, jusqu’au référendum" et encourager les propositions des habitants pour la vie de la commune.

Laurence Wieser quant à elle veut mettre en place un budget concerté avec une cinquantaine de projets qui seront soumis au vote des habitants.

La question de la fusion des communes dans la métropole du grand Nancy a été abordée en fin de débat. Laurence Wieser s’est dit totalement opposée à une grande commune en rappelant que "la métropole, ce n’est pas des communes qui vont piocher leur intérêt mais une communauté de destin qui sert à avoir du poids au niveau de la région". Laurent Garcia, à l’inverse, s’est dit ouvert sur la question : "je n’ai pas de dogme, ça se discute en fonction du service rendu à Laxou".

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.